La ferme aquacole de Hao poursuit sa route

    jeudi 11 février 2016

    Le projet aquacole de Hao se fait discret, mais semble ne pas être abandonné. Les premiers plans que La Dépêche s’est procuré montrent une véritable petite ville qui devrait s’installer sur l’atoll de Hao.  Cinq ans nous séparent encore du premier poisson sous vide qui sortira de l’usine sur place.

    Le Mahana Beach et ses 200 milliards de francs d’investissement sont régulièrement mis sur le devant de la scène, au point de faire passer un autre programme d’envergure, celui de la ferme aquacole de Hao, derrière les projecteurs. Résultat, tout le monde doute aujourd’hui de la faisabilité du projet. Après tout, ce ne serait pas la première fois qu’un projet majeur serait annoncé pour ne jamais pointer le bout de son nez. Le port de Faratea, la route traversière ou encore Xisha noni tiennent le haut du pavé des promesses jamais tenues.
    Pourtant, le projet continue d’avancer. Après six mois de travaux d’esquisses, les permis de construire ont été déposés en novembre dernier et les maîtres d’œuvre attendent impatiemment la deuxième quinzaine du mois de mars, date estimée de la concrétisation du permis.

    Tahiti Nui Ocean Foods avance

    Tahiti Nui Ocean Foods est donc toujours dans les starting-blocks, bravant les complexités administratives et le mutisme du principal financeur, Tian Rui (lire ci-dessous).
    Sur les plans que La Dépêche s’est procuré, le projet semble titanesque, pour un atoll de Hao qui porte encore les stigmates du passage du Centre d’expérimentation du Pacifique.
    Cinquante-six mille six cents mètres carrés de bassins extérieurs sont prévus pour accueillir les juvéniles avant qu’ils se soient reversés dans d’autres bassins, dans le lagon. Ces bassins jouxteront une écloserie de 12 000 m2. L’usine de transformation du poisson est, elle aussi, assez imposante (lire ci-dessous). Des bâtiments pour loger environ 400 personnes sur le site sont prévus, ainsi que des cantines ou encore des hangars de stockage. Dépôt d’hydrocarbures (1,2 million de litres), centrale électrique (dix groupes de 800 kVA), osmoseur, station d’épuration ou encore laboratoires devront tenir sur les 34 hectares alloués au projet. Une ferme solaire devrait apporter la “touche verte” au programme.
    “Tout le monde doute de la sortie de ce projet”, expliquait hier une des parties prenantes. “Mais on continue. On fait notre boulot, l’administration fait son boulot… Tahiti Nui Ocean Foods avance.”
    Les chiffres de 500 emplois pendant la construction et de 500 emplois pour l’exploitation sont donc toujours d’actualité.

    Trois phases encore

    Avant de voir la première barquette de poisson surgelé arriver dans les congélateurs chinois, il va encore se passer quelques années. Si le permis de construire est délivré, il faudra à peu près six mois pour le terrassement, environ deux ans pour mettre la base de vie en place et lancer les premières constructions et au moins deux années supplémentaires pour lancer le projet (début de l’écloserie, livraisons, etc.) Le chantier pourrait coûter à terme environ 35 milliards de francs.
    Depuis l’annonce de ce projet, les doutes sanitaires sur la santé du lagon et de l’écosystème planent. Sans tout à fait dévoiler les conditions d’exploitation et en l’absence de connaissance de la législation française en la matière, les Chinois avancent sur ces sujets à tâtons. Un système d’évacuation des eaux usées à seulement 60 mètres de profondeur au large est pour l’heure envisagé. Une étude est demandée à l’institut Louis Malardé pour tenter de connaître les degrés de pollution des eaux rejetées. Ces rejets nécessiteront de voir la barrière de corail percée et bétonnée par endroits pour faire passer les drains d’évacuation.
    Des sujets sur lesquels le gouvernement aura aussi à donner son avis, son aval, et peut-être aussi des explications.

    Bertrand Prévost

    Comment l’usine va-t-elle fonctionner ?

    Le mythe du poisson pêché le matin, mis en barquette surgelée à midi et convoyé le soir a vécu.
    C’est ainsi que l’usine de transformation qui s’établira sur place est conçue : le poisson sera découpé une première fois, tête et queue. Sur la chaîne, il lui sera ensuite retiré la nageoire caudale et il sera vidé avant qu’une troisième opération ne sépare les filets. Une dernière opération écaillera le poisson et enlèvera la peau pour envoyer le filet sous vide en surgélation.

     

    Tian Rui, un investisseur muet

    Depuis le mois de novembre dernier, il semble que le principal actionnaire de Tahiti Nui Ocean Foods, Tian Rui, dirigé par Wang Chen, soit aux abonnés absents. Plus un coup de téléphone, plus un e-mail et des règlements de factures qui ne tombent pas. “On verra après le Nouvel An chinois”, tentent de se rassurer les hommes qui, localement, travaillent sur le projet.
    La crise boursière que traverse la République populaire de Chine, mais aussi la chasse à la corruption dans le pays ne sont peut-être pas pour rien à l’absence de signal donné par l’investisseur depuis quelques mois. “Un silence qui inquiéterait aussi au niveau du gouvernement”, nous expliquaient certaines sources récemment.

     

    Un tonnage qui donne le tournis

    Les coûts peuvent donner mal au crâne, mais aussi les quantités qui seront à déployer sur place. Le mérou serait produit à hauteur de 25 000 tonnes par an. La loche à hauteur de 20 000 tonnes par an et le napoléon pour 5 000 tonnes par an. Ces 50 000 tonnes ne sont que la partie visible de l’iceberg puisque selon nos sources, elles représentent les filets de poisson. Et il faut annuellement 92 000 tonnes de poisson pour les obtenir.
    Toujours en ce qui concerne le poids, Tahiti Nui Ocean Foods aurait besoin de faire venir environ 18 000 tonnes de denrées tous les mois (nourriture pour les employés, matériel…). Problème, les quatre bateaux locaux qui croisent dans les Tuamotu ne pourraient prendre que 2 000 tonnes par mois, sauf à risquer de rompre la desserte avec les autres îles et de délaisser quelques atolls.
    Enfin, un poisson, ça mange beaucoup. Dix-huit tonnes par mois seraient prévues pour les nourrir.      

    Joëlle 2016-02-12 14:17:00
    Trop c'est trop !
    Respectons la nature ! Respectons nous !
    Ce n'est qu'une petite poignée qui en auront le bénéfice.
    Et ils vont tout détruire, nous laisser la pollution, déchets de notre bel environnement.
    C'est nous et nos descendants qui en pâtiront et devront payer.
    Stop !
    Laissez nous vivre en harmonie avec la nature.
    pedro 2016-02-12 12:33:00
    18 000 tonnes par mois soit 216 000 T de nourriture pour des poissons , pour en tiré 92 000 T par an , il y a pas un probleme la ??
    Faut se reveiller la !! pas vraiment l'image écologique qu'on veut donner de la polynésie , sans parler du rejet des eaux usées dans l'océan ... les station d'épuration sa existe ...
    Encore l'ecosystème qui va payer la facture , pour remplir les poches de chinois qui n'habiterons pas ici.
    les fermes aquacole sont le resultat pour les payer ayant fait n'importe quoi de leur océan.
    Quand comprendra t'on que l'argent ne se mange pas ....
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