La magie de Noël n’opère pas sur le chômage encore à un niveau record

    mercredi 24 décembre 2014

    Pas de cadeau à la veille de Noël pour le gouvernement : avec 3,49 millions de demandeurs d’emploi sans activité enregistrés fin novembre par Pôle emploi en métropole, il est encore à la peine pour inverser une courbe en hausse quasi continue depuis trois ans et demi.
    Le mois dernier, 27 400 demandeurs d’emploi supplémentaires (+0,8%) se sont inscrits sur les listes de l’opérateur public, a annoncé mercredi le ministère du Travail. Sur un an, la hausse atteint 5,8%.
    En incluant l’outre-mer, 3,75 millions de chômeurs sans aucune activité étaient inscrits, soit une hausse de 0,7% en un mois et de 5,4% en un an. Avec ceux ayant exercé une petite activité, le nombre s’élève à 5,48 millions (+0,4%) en métropole et outre-mer. 
    Toutes les classes d’âge sont affectées par la progression du chômage mais les seniors restent les plus touchés (+1% sur un mois, +11,1% en un an). Chez les jeunes, le chômage augmente également de 0,5% sur un mois mais moins fortement qu’à la fin octobre, ce qui, pour le ministre du Travail François Rebsamen, découle de « l’effet positif des emplois d’avenir ». 
    Les entrées à Pôle emploi à la suite de fins de contrats à durée déterminée (CDD) sont à un niveau élevé (24% des motifs d’entrée à Pôle emploi), tandis que « les chiffres sont bas » en ce qui concerne les reprises d’emploi (18,7% des motifs de sortie de Pôle emploi), note Philippe Waechter, directeur de la recherche économique de Natixis AM interrogé par l’AFP, y voyant un signe « très perturbant ». 
    Côté accompagnement des chômeurs, le ministre du Travail met en avant la nouvelle feuille de route de Pôle emploi visant notamment à renforcer celui des chômeurs de longue durée (alors que 2,2 millions de demandeurs d’emploi – dont ceux ayant exercé une petite activité – sont inscrits depuis plus d’un an). 
    M. Rebsamen évoque aussi les mesures qui doivent être mises en œuvre début 2015 pour favoriser le maintien ou l’insertion dans l’emploi comme « 445 000 contrats aidés » et la « mise en œuvre du compte personnel de formation », ainsi que « la dynamique du Pacte de responsabilité et de solidarité ».

    « Limiter la casse »
     
    Ces chiffres ne constituent pas une surprise pour l’exécutif. Le Premier ministre Manuel Valls avait souligné dès mardi qu’il n’attendait pas de « bonnes nouvelles ». 
    L’Institut national de la statistique (Insee) a également estimé, dans ses prévisions publiées le 18 décembre, que le chômage en France devrait poursuivre sa hausse d’ici à mi-2015, pour s’établir à 10,2% de la population active en métropole et à 10,6% avec l’outre-mer.
    L’Insee prévoit toutefois une éclaircie sous les effets conjugués, en 2015, du Pacte de responsabilité et de solidarité et du Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), dont l’impact est évalué à 80 000 emplois.
    Selon l’institut, le CICE « entraînerait un surcroît de 10 000 emplois par trimestre ».
    Parallèlement, « les premières mesures » du Pacte, consistant en des exonérations de cotisations et des baisses d’impôts, en vigueur à partir du 1er janvier, « soutiendraient l’emploi à hauteur de 10 000 » postes supplémentaires par trimestre.
    Mercredi, Manuel Valls  s’est dit « convaincu » que les dispositifs mis en œuvre « paieront » tandis que le ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, a promis « des impacts très concrets dès le début de l’année ».
    Selon Bruno Ducoudré, économiste à l’OFCE, il y aura « une hausse du chômage en 2015, qui sera quand même freinée par les emplois aidés et les politiques de baisses du coût du travail » comme le CICE. « Cela devrait permettre de limiter la casse. »
    Côté syndicats, la CGT et Force ouvrière demandent au gouvernement de changer de politique. « Ne croyons plus au Père Noël! », tonne la CGT.
    Ces chiffres sont « dramatiques pour notre pays », s’alarme le Medef, et démontrent « l’urgence à réformer », selon son président, Pierre Gattaz.
    Le secrétaire général de l’UMP, Laurent Wauquiez, affirme pour sa part dans un tweet que « ce quinquennat risque d’être le Waterloo de l’emploi », tandis que pour le Front national, 2014 est « une année noire en matière de chômage« .
    En deux ans et demi de mandat, le président François Hollande, qui a lié son éventuelle candidature en 2017 à l’état du chômage, n’a connu que trois mois de baisse de cet indicateur.  

    AFP

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