La majorité ou le mur

mercredi 19 août 2015

 L’adoption du budget 2016 pourrait faire pencher la balance vers une continuité de l’action politique d’Édouard Fritch ou vers l’instabilité. Il faudrait 29 voix pour que le vote soit acquis, le 15 décembre, à l’actuelle majorité. Le temps des tractations et des calculs est donc venu.

Tout comme le président de l’assemblée de la Polynésie française, Marcel Tuihani, dans nos colonnes la veille, Édouard Fritch ne songe pas un instant que le budget 2016 puisse tomber dans le jeu politique, et se transformer en une nouvelle bombe qui ferait les beaux jours de l’instabilité. Interrogé hier en marge de la remise de nouveaux fare au ministère du Logement, Édouard Fritch s’explique plus volontiers sur les démarches qu’il est en train d’entreprendre à l’assemblée de la Polynésie française. Les vacances sont terminées, mais il n’y a pas eu de trêve politique cette année. Le référé du président du Pays a répondu à la dislocation de la fédération de Pirae.
Dans la terre du Milieu, une poignée d’élus peuvent désormais faire pencher la balance vers une continuité de l’action ou vers l’instabilité. Pour l’heure, les élus orange attendent que la première copie budgétaire leur soit remise pour préparer, si cette copie ne leur sied pas, leurs amendements.
L’UPLD pourrait aussi rentrer dans la danse, et faire passer, avec l’appui du Tahoeraa si besoin, quelques doléances. Édouard Fritch, pour l’heure, ne pense pas encore à cette bataille budgétaire. Il prépare, en revanche, une majorité pour l’adopter. Cette majorité peine à voir le jour et le temps des calculs est venu. Deux ministres devraient descendre pour renforcer les rangs, mais cela ne suffit toujours pas. En l’absence de nouveaux transferts des orange vers le Tapura, la manœuvre s’annonce périlleuse.

“Aujourd’hui, j’ai beaucoup de soutien”
“Ils soutiendront le projet de budget”, affirme-t-il. “C’est l’expression de la volonté d’une certaine partie du groupe Tahoeraa, mais il faut que l’on regarde le contenu ensemble.”
Sous pression et en très mauvais terme avec le groupe le plus important à Tarahoi, dont il est pourtant issu, Édouard Fritch confie : “Aujourd’hui, il est important de s’assurer qu’il va y avoir une continuité malgré le durcissement des relations avec le président du Tahoeraa. Je ne veux pas non plus envoyer ce pays dans un mur le 15 décembre lors du vote du budget”.
Et de conclure dans cette question : “Il ne serait pas honnête de ma part de continuer à travailler si je ne suis pas certain de réussir. Autant m’arrêter tout de suite et laisser la place aux autres. Aujourd’hui, j’ai beaucoup de soutien, et il m’appartient de juger de l’opportunité d’agir tout de suite, ou d’attendre un petit peu dans les jours à venir.” Attention. Les mêmes propos ont été tenus par Gaston Tong Sang avant lui… pour le résultat que l’on connaît.

Bertrand Prévost

Lire aussi « Edouard Fritch en campagne… à Pirae » dans La Dépêche de Tahiti ou au feuilletage numérique

 

Édouard Fritch Président de la Polynésie française : “Je ne veux pas envoyer ce pays dans un mur le 15 décembre”

Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’approche du vote du budget ?
Il y a beaucoup d’interrogations sur ce vote puisqu’il faut 29 voix pour qu’il soit adopté. Je dois dire que j’ai beaucoup d’assurance du côté de mes collègues de l’assemblée, en tant de représentant Tahoeraa de l’époque. Cela aujourd’hui me rassure sur l’issue du vote en me disant que malgré les difficultés que nous rencontrons sur le plan relationnel avec le président du Tahoeraa, ils soutiendront le projet de budget. C’est l’expression de la volonté d’une certaine partie du groupe Tahoeraa, mais il faut que l’on regarde le contenu ensemble. On soutient lorsque les choses arrangent, lorsqu’on a l’impression que l’on remplit les obligations du programme du Tahoeraa et je le ferai dans ce sens. On verra bien lorsque le moment sera venu.

On parle de la descente de deux ministres pour conforter le vote du budget. Qu’en est-il exactement ?
J’essaie de voir. Tout cela dépend de l’ambiance autour de nous. Bien sûr que la réponse à cette question est liée à la première question. Si je veux assurer le vote de mon budget à l’assemblée, j’ai besoin de 29 voix pour. Aujourd’hui, pour avoir ces 29 voix, il faut que je rassemble dans cette majorité qui me soutient aujourd’hui 24 voix, plus 5 autres voix, pour garantir cette majorité à l’assemblée. Nous sommes donc dans des calculs et je rencontre les uns et les autres pour arriver à cette majorité. Aujourd’hui, il est important de s’assurer qu’il va y avoir une continuité malgré le durcissement des relations avec le président du Tahoeraa. Je ne veux pas non plus envoyer ce pays dans un mur, le 15 décembre, lors du vote du budget. Il ne serait pas honnête de ma part de continuer à travailler si je ne suis pas certain de réussir. Autant m’arrêter tout de suite et laisser la place aux autres. Aujourd’hui, j’ai beaucoup de soutien et il m’appartient de juger de l’opportunité d’agir tout de suite, ou d’attendre un petit peu dans les jours à venir.
 
Peut-on imaginer une alliance avec l’UPLD pour permettre de dégager une majorité lors du vote du budget ?
Non, il n’en est pas question. Si je faisais cela, je trahirai mon électorat. Autant aujourd’hui j’ai de bonnes relations avec le groupe UPLD, après avoir fait des ouvertures dans sa direction pour pouvoir travailler, autant il n’est pas question de ralliement. Je pense par ailleurs que ce n’est pas le souhait d’Oscar Temaru.

Pensez-vous que certains représentants Tahoeraa proches de Gaston Flosse soient tentés par ce rapprochement avec l’UPLD pour vous mettre en difficulté ?
Il y a quelque chose de terrible dans cette affaire. Les uns et les autres nous avons la même vision et la même perception de la politique. Notre envie de travailler avec ceux qui sont au Tahoeraa est incommensurable. Lorsqu’ils m’ont dit en septembre “Édouard, vas-y, nous te soutenons et nous te soutiendrons” cela reste gravé dans leur mémoire. Effectivement, une grande partie d’entre eux ne m’a pas suivi et s’est désolidarisée de moi, de mon gouvernement et de cette petite majorité qui me soutien aujourd’hui. Il y a une vraie volonté de travailler ensemble, on attend simplement que se produise le déclic qui permet de faire le choix de soutenir ouvertement le gouvernement en discutant franchement, clairement avec des paroles qui soient lisibles et audibles.

Vous pariez sur la sagesse et le bon sens pour revenir à une situation plus saine au sein du Tahoeraa ?
J’ai toujours beaucoup compté sur cela et sur la qualité des relations humaines qu’il y a dans ce pays, surtout quand on fait partie de la même paroisse.

Propos recueillis par Pascal Martin

 

TETUANUI Richard 2015-08-19 15:40:00
Les gars, mettez l'église au milieu du village... La population avant tout... Attendez la prochaine élections pour vous battre
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