La Menuiserie industrielle de Polynésie met la clé sous la porte

    vendredi 18 mars 2016

    “Je suis le liquidé.” “On est des orphelins.” À la Menuiserie industrielle de Polynésie (MIP), patron et employés broient du noir depuis le début de la semaine. Lundi, la société a été mise en liquidation par le tribunal mixte de commerce de Papeete. 
    Elle avait démarré en 1983, à l’ère du centre d’expérimentation du Pacifique (CEP). “C’était la période faste”, se souvient Bernard Philippon, le désormais ex-PDG. 
    De l’équipement des sites des essais, la MIP était passée aux hôtels. Pearl Beach, Hilton, Thalasso, Brando… “Mais les marchés, progressivement, se sont taris, explique le patron. La concurrence a tiré les prix vers le bas et, depuis dix ans, on perdait de l’argent…”
    Au milieu des années 2000, des négociations s’engagent entre la direction, qui souhaite “remettre sur la table certains acquis de la période CEP”, et les salariés. “On n’a pas réussi”, regrette Bernard Philippon. 
    La réduction des effectifs, passés de 50 à 23 personnes environ, n’a pas suffi. “On avait trop de charges, pas assez de commandes, et on a été plombé par des syndicalistes qui ne voulaient rien entendre”, s’agace Ginette Miyou, l’ex-épouse du PDG, qui détenait jusqu’à présent la moitié de la menuiserie.
    Mercredi, venus récupérer quelques affaires à Titioro, les salariés présentement sans emploi n’avaient de leur côté plus rien à exprimer, si ce n’est leur dépit. “Qu’est-ce qu’ils voulaient ? Qu’on travaille jusqu’à ne plus rien gagner ?” Lundi prochain, ils rencontreront le liquidateur. “De toute façon, on ferme, c’est la fin des haricots.”
    Un syndicaliste de la CSTP-FO, 31 ans d’ancienneté, raconte le délitement progressif de la confiance entre employés et direction de la MIP, jusqu’à la rupture du dialogue social. 
    En 2009, les premiers consentent au remplacement du 13e mois par une prime de Noël. “Mais l’année suivante, Philippon n’a rien payé, raconte le représentant. À partir de là, on a dit : “stop”.” 
    Les employés obtiennent gain de cause en août 2014 devant le tribunal de commerce. Trois mois plus tard, en novembre, le PDG réagit fermement : la boîte est mise en redressement. 
    “On ne peut pas donner ce qu’on n’a pas. J’ai toujours garanti que je paierai les salaires, mais il était hors de question de payer de ma poche ces surplus, explique Bernard Philippon. Ceux qui prennent les patrons pour des vaches à lait ont tout faux. J’avais prévenu que je ne paierais la prime de Noël que si l’affaire gagnait de l’argent.”

    “On va tous payer l’addition”

    “Ensuite, il a laissé pourrir la situation, regrette le syndicaliste. Pendant toute l’année 2015, Philippon aurait pu répondre à des appels d’offres. Mais il n’a plus rien investi. Toutes nos machines sont obsolètes. La pluie passe à travers la toiture…” De 2004 à 2014, l’ex-PDG aurait injecté 250 millions de francs dans l’entreprise. 400 millions, même, selon son associée Ginette Miyou, qui assure avoir “beaucoup pleuré” d’être ainsi pointée du doigt par les syndicats. “Mais quand on met tout le temps de l’argent dans un seau percé, expliquent-ils, au bout d’un moment on arrête d’arroser…”
    De nouvelles questions se bousculent désormais. Sur l’avenir personnel des salariés. 
    Le devenir des chantiers en cours, comme à Nukutepipi, aux Tuamotu. Et la poursuite de leurs autres affaires, pour les anciens propriétaires. “Quand on veut jouer au patron, on assume, reconnaît Bernard Philippon. Les ouvriers auraient pu faire plus d’efforts… Mais je n’ai peut-être pas su les manager. Et puis il y a la situation économique et la concurrence des patentés. Comment peut-on lutter ?”
    La “conjoncture” est la troisième grande variable de l’équation. “On investit, on réduit les charges, mais on ne s’en sort pas. Que font les décideurs ?”, s’interroge Ginette Miyou, qui mène encore à bout de bras le magasin Poly Meubles, à Papeete. Quels que soient les responsables, souligne Bernard Philippon, “le mal est fait… on va tous payer l’addition.” 

    M.G.

    KIKI06 Tutuoa 2016-03-23 09:07:00
    Quand on n'est pas capable de réflexion on évite de l'ouvrir dans une zone de débat, l'école finit de plus en plus tôt visiblement..
    Si ont ne connait pas les raison ont se tais .. les salaires n'ont pas été payé pendant 2 mois.. faut arrétê de d'ouvrir sa gueule"s"
    Tetuaveroa Tautu 2016-03-19 11:56:00
    1960, départ pour la Nouvelle Calédonie afin d'y trouver un emploi !
    1967, retour au pays devenu prospère, grâce et malheureusement au CEP/CEA !
    Gardé en souvenir ce qui s'était dit : ,
    Qu'ont-ils fait nos élus , si ce n'est claquer le fric à tout va en s'en mettant plein les poches, et il faut le dire , avec la complicité de tous ceux qui en ont profité !
    Ignoriez-vous que tout cela aurait une fin ? Soyons sérieux, et oui nous sommes à la fin des beaux jours et que le temps des vaches grasses est terminé !
    Malheureusement, dans tout ça , c'est le petit travailleur qui paiera les pots cassés , pour avoir suivi et écouté leur incompétent délégué syndical....
    Mathius 2016-03-19 10:05:00
    Ne jamais oublié que les syndicats en POLYNESIE ont toujours été les palfronniers d'un systeme socio economique mafieux pendant un demi siècle'.
    C'est la nature même du syndicalisme qu'il faut revoir pour arriver à créer des emplois fiables.
    dadi 2016-03-19 09:42:00
    c'est la dégringolade qui continue, jusqu'où ça va aller? les commerces et entreprises ferment les uns après les autres, ceux qui restent ouvert essayent de vendre, sans résultats, et pendant ce temps que font nos élus? quand aux syndicats ça c'est du cirque, des brasseurs d'air, ils devraient se reconvertir dans l'aération, à mais non il faut bosser!!
    MOOREA56 2016-03-18 22:44:00
    " on a été plombé par des syndicalistes qui ne voulaient rien entendre”, s’agace Ginette Miyou," Tout es dit dans cette phrase. . Demandez aux syndicalistes combien d'heures prenaient ils pour leur soit disant "heures de délégations ? " ainsi que le nombre d'heures de travail qu'ils effectuaient pour l'entreprise,la réponse sera trés surpprenanre. Bon courage à tous qui n'ont plus d'emploi.
    tuterai 58 2016-03-18 16:30:00
    A mon humble avis les employes devraient demander a leurs leaders syndicaux de leur trouver du travail,a moins que les employes reprennent l'entreprise a leurs comptes.C'est toujours facile de critiquer le ou les patrons (bien qui en ait des mauvais et filous)mais si les travailleurs pensent qu'ils peuvent faire mieux,qu'ils rachetent les parts des actionnaires au franc symbolique et on verra ce qu'ils sont capables de faire.
    teiki 2016-03-18 12:07:00
    Voilà un bel exemple de dérapage syndicaliste qui à contribuer à faire couler une entreprise sans tenir compte de la conjoncture, à pousser, pousser...toujours et encore les revendications...
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