La note qui a fait trembler le port est déjà lettre morte

mercredi 19 août 2015

Tous les conteneurs, soit environ 300 par mois, en provenance d’Asie, doivent être traités contre les insectes xylophages du cocotier.  Une “note aux importateurs”, préparée par le service du développement rural et datée du 13 août, souhaitait changer
de process mais semblait surtout inapplicable.  Elle a au final été retirée hier, en fin de journée.

Une (mauvaise) note qui tombe à l’eau. Les aventures que connaissent, depuis quelques jours, les acteurs du port – Port autonome de Papeete en tête mais aussi transitaires, déclarants en douanes et douane, transporteurs, importateurs et donc consommateurs –, a été qualifiée, à maintes reprises hier, d’ubuesque.
En effet, une “note aux importateurs” a été envoyée à ces derniers (mais pas au Port autonome), à la date du 13 août, par le service du développement rural (SDR), chargé, entre autres, du contrôle phytosanitaire des conteneurs en provenance des pays infectés par les insectes “tueurs de cocotiers” (xylophages, NDLR).
Ces conteneurs sont environ 300 chaque mois à venir d’Asie, gros importateur en Polynésie (le Port autonome de Papeete en a traité 34 707 en 2014, selon les chiffres de son site Internet), et le nouveau process voulu et imposé par le SDR tout récemment dans cette note 345 risque de provoquer un sacré bazar dans les jours qui viennent si une autre solution, plus logique, moins “aberrante, hallucinante, ubuesque” (des mots que nous avons entendu des nombreux interlocuteurs croisés hier), n’est pas trouvée.

“C’était mieux avant”
Avant cette “note aux importateurs”, la désinsectisation de ces conteneurs, obligatoire, se réalisait dans un espace dédié en zone sous douanes.
Cet ancien process, provisoire comme cette fameuse note 345, a tenu, bon an mal an, plusieurs années, et les sociétés d’acconiers, au nombre de trois, portaient assistance aux agents assermentés du SDR pour couper les scellés, ouvrir les portes des conteneurs parfois récalcitrantes, attendre que les agents du “phyto” déposent leur bombe insecticide, puis faisaient la démarche inverse.
Depuis un bout de temps, c’étaient même les acconiers qui déposaient les bombes en question, comme l’a confié Quito Braun-Ortega, le président de l’Unimap (Union des manutentionnaires portuaires).
Mais depuis janvier, les acconiers ne souhaitent plus faire ces manœuvres, notamment pour des raisons de sécurité et de responsabilité, suite à différents accidents, parfois mortels, sur les quais de Motu Uta.
Les acconiers ont laissé six mois au SDR pour trouver une solution mais, que nenni, rien ne bouge, le SDR ne se disant pas prêt.
Nouveau délai d’un mois, négocié en interne syndicalement par les trois sociétés en question, à savoir Cowan, Cotada et Sat Nui, mais toujours rien, fin juillet, alors qu’un porte-conteneurs est arrivé en provenance de cette région avec une centaine de
20 et 40 pieds.
Et en fin de semaine dernière est “tombée” cette fameuse note 345, qui stipule, entre autres, de transporter le conteneur sur le parking situé devant le département de la protection des végétaux, pour effectuer le dépôt des bombes, parking qui ne peut contenir que trois conteneurs et qui est, de plus, situé dans une rue à sens unique, ce qui aurait bloqué la circulation de ce pâté d’entreprises, où se trouve notamment l’ex-GIP.

“Frein au développement économique”
De surcroît, emmener ces conteneurs pour être traités nécessite une manutention supplémentaire, donc un coût (12 000 F pour un 20 pieds, 18 000 F pour un 40, selon le transitaire), obligatoirement supporté par l’importateur et donc, au final, par nous, consommateurs.
C’est d’ailleurs un importateur de Pirae, qui lui aussi trouvait cette mesure “grotesque”, qui a donné l’information hier matin.
“Le site n’est pas approprié”, “encore de nouvelles lourdeurs administratives”, “c’est un frein au développement économique”, “c’est un coût supplémentaire”, sont autant d’arguments en défaveur de cette note du SDR, entendus tout au long de la journée d’hier par les acteurs de la chaîne.
À peine une dizaine de conteneurs sur les 100 arrivés la semaine dernière ont été traités. “Ils ne l’ont peut-être même pas été”, a glissé un fin connaisseur du sujet.
Cent cinquante autres doivent arriver demain, toujours en provenance d’Asie, et devaient être traités de la sorte.
Devaient car depuis la mise en application de cette note 345, les acteurs ont tenu maintes réunions, comme, il semblerait, au sein du gouvernement, et c’est ainsi qu’hier, en fin d’après-midi, le SDR a fait machine arrière et souhaite revenir à l’ancien process, en zone sous-douane.
Mais les syndicats doivent encore accepter d’aider, à nouveau, de manière provisoire, les agents du SDR.
Réunis hier, en fin d’après-midi, ils auraient accepté de travailler à nouveau de la sorte jusqu’au début du mois de septembre, date laquelle le ministre de tutelle devrait mettre des effectifs supplémentaires au service phytosanitaire.

Christophe Cozette
 

Le président de "la Polynésie française", des françaises et des français René, Georges, HOFFER 2015-08-28 03:43:00
Ah, quand une mesure obligatoire ne peut pas être mise en application, elle est tout simplement annulée hohohohohohoho Vive l'administration administrative hiihihih rollstahiti@gmail.com
sdrm 2015-08-19 12:30:00
Ce serait peut-être bien de penser recruter des agents supplémentaires au SDR, non?
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