La perliculture tente de se réorganiser

    samedi 24 octobre 2015

    Le ministre Teva Rohfritsch a débattu de la “refonte du cadre réglementaire” du secteur de la perliculture avec les professionnels.
    Le secteur va mal. Les cours, qui plafonnent à 600 F le gramme en 2014, se sont effondrés. Pour le ministre, “le système ne tient plus”. Il faut réformer.

    Rien de nouveau sous le soleil du fenua : la perliculture va mal. C’est le constat qu’a répété, hier, le ministre de l’Économie bleue, Teva Rohfritsch, qui a débattu de la “refonte du cadre réglementaire” de ce secteur avec les professionnels. Les cours se sont effondrés entre 2007 et 2009 et plafonnaient toujours en 2014 à 600 francs le gramme, contre le double dix ans auparavant. Le nombre de fermes, lui, est passé de plus de 800 en 2008 à environ 550 l’année dernière, s’accompagnant d’une “professionnalisation des acteurs”, selon un diaporama projeté au début de la rencontre. Un mal pour un bien, peut-être, puisque c’est la hausse incontrôlée de la production (y compris de moins bonne qualité), totalement disproportionnée au regard de l’évolution de la demande internationale, qui avait entraîné une chute drastique des prix…
    Le moment est donc venu de fixer des règles pour réorganiser la filière. Le gouvernement espère fondre, avant la fin de l’année, les anciens textes dans une nouvelle loi du Pays. “Tous les acteurs considèrent qu’on a un problème de maîtrise de la production. Donc, l’idée, c’est de voir où l’on met des garde-fous, a expliqué le ministre sans dévoiler les pistes qu’il privilégiait. Je mets tout sur la table. L’idée, aujourd’hui, est de se mettre d’accord sur les objectifs, parce que tous ne sont pas unanimes sur la nature des contrôles à mettre en place, ni sur le niveau auquel ils interviendraient.”

    Déplacer le contrôle vers la production ?

    La Tahitian Pearl Association of French Polynesia (TPAFP), qui regroupe six syndicats de producteurs et négociants perlicoles du pays, réclame en priorité “le retrait du contrôle visuel à l’export, le retrait du contrôle obligatoire de la couche, l’instauration de quotas et d’un contrôle à la production, et l’allègement de l’export”. Si sa présidente Aline Baldassari-Bernard ne croit pas à l’adoption d’une loi d’ici à la fin de l’année, elle place de bons espoirs dans le projet qui sera déposé à l’assemblée : “Le ministre nous a fait quelques promesses, mais verbales”, confie-t-elle.
    Le Syndicat des négociants en perles de culture de Tahiti va dans le même sens : “Le contrôle à l’exportation est mal placé parce qu’il pose problème avec les clients, estime Sabine Lorillou. Il faut faciliter la commercialisation, de façon à faire rentrer plus facilement les devises en Polynésie. Par contre, il faudrait que la zone de fraude, qui se situe plutôt à la production, soit, elle, plus encadrée.”
    Le ministre de l’Économie bleue s’est dit “plutôt enclin” à ce que “le volet commercialisation soit entre les mains des perliculteurs” : “Les pouvoirs publics doivent se situer là où ils peuvent être utiles. On ne va pas faire le business à leur place.”
    Est-ce à dire que les contrôles seront bel et bien reportés dans les fermes ? “Tous les perliculteurs sont contre”, martèle Michel Yip, un professionnel qui riait jaune en arrivant à la réunion, comparée à “l’enterrement de la perliculture”… “Au début, il n’y avait pas de contrôles, et tout marchait très bien, assure-t-il. Aujourd’hui, les acheteurs ne viennent plus à cause des contraintes. Je pense donc qu’on pourrait supprimer tous les contrôles pendant un ou deux ans et faire le bilan à ce moment-là.”

    Marie Guitton

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    MOOREA56 2015-10-24 18:04:00
    Votre principal acheteur est le plus gros producteur, c'est donc lui qui décide des prix et non ,vous. Il ne va pas se faire Hara Kiri ,il n"est pas fou.
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