La première pierre à un festival de blues

    mercredi 20 mai 2015

     Fan de blues, Roland Oldham, musicien des Atomic Blues, organise un concert gratuit en hommage à B.B. King, samedi, à 19 h 30,
    place Vaiete. Les groupes Klaxoned Tahiti Blues et Rom MC & The MC’S se produiront aussi en la mémoire du guitariste de blues américain décédé le 14 mai. Cette initiative pourrait être le premier pas vers la création d’un festival de blues à Tahiti, d’ici la fin de l’année, avec des invités étrangers.

    Il avait, à la base, sorti sa guitare acoustique de son étui juste pour la pose photo. Puis, il a mis ses lunettes noires. “Voilà, comme ça, c’est mieux, non ? Ça fait plus blues…” Clic, clac… Mais il n’a pu s’en empêcher.
    Dans la salle d’un restaurant snack de Fare Ute, à Papeete, Roland Oldham a commencé à jouer. Du blues, du profond, du vrai. De celui qui prend les tripes, qui donne de la chair de poule sur les avant-bras. Ce petit concert improvisé s’est déroulé hier, peu avant midi, autour d’une table qui accueille les clients, histoire de se mettre en appétit, avant le concert gratuit (une aide logistique serait bienvenue), qui sera donné, samedi, place Vaiete, en hommage au guitariste de blues B.B. King, décédé jeudi 14 mai (lire par ailleurs).
    Alors pour saluer sa mémoire, trois groupes se produiront, dès 19 h 30, sous le kiosque à musique de Vaiete : Klaxoned Tahiti Blues, Atomic Blues et Rom MC & The MC’S. Et il se murmure que Michel Buillard, maire de Papeete, pourrait venir faire un bœuf avec son harmonica…
    “Il y a des amoureux du blues à Tahiti, explique Roland Oldham, organisateur de ce concert improvisé et chanteur et guitariste des Atomic Blues. Malheureusement, le blues n’est pas encore une musique très en vogue ici à Tahiti. Mais il y a des gens de mon âge qui s’y intéressent. En plus, B.B. King ce n’est pas n’importe qui, quand même. Comme on dit, c’est le king du blues, le roi du blues. Il était tout à fait normal qu’ici même, en Polynésie, on puisse rendre hommage à un artiste aussi grand.”
    Une animation gratuite qui devrait faire plaisir aux clients des roulottes, mais qui est ouverte à tout un chacun aussi.
    Au programme, du blues bien entendu, avec des reprises de BB King, mais aussi des chansons piochées dans les répertoires d’autres stars internationales : Éric Clapton, Stevie Ray Vaughan, Jimi Hendrix, etc. Mais, au-delà du bon moment qui se profile, pour Roland Oldham, ce concert sera aussi l’occasion de prendre la température pour un projet qu’il compte bien mettre sur pied : un festival de blues à Tahiti avec des groupes locaux et des invités internationaux.

    Bagnols-sur-Cèze, Marie-Galante

    “Pour nous, ce concert samedi est aussi intéressant, car je pense aussi organiser un festival de blues ici en Polynésie, d’ici la fin de l’année, précise Roland Oldham. J’essaie de rassembler les gens autour pour qu’il y ait des sponsors et que cette musique soit un peu plus connue ici. On ne sait pas encore où cela se fera. On verra. Maintenant, si la ville de Papeete est intéressée… En fait, on en discute avec quelques rares amis qui aiment le blues. Et on s’est dit : ‘Pourquoi ne pas organiser un festival ici ?’ Je pense qu’il faut lancer le truc et puis peut-être autour de ça d’autres personnes vont s’y accrocher. Cela dépendra des moyens que l’on aura. Beaucoup de jeunes n’ont pas connu le blues et ils le découvrent en fin de compte. J’espère que l’idée va prendre. Pour moi, c’est aussi l’occasion de faire appel à tous les amoureux du blues, aux musiciens qui aiment cette musique-là et aux plus jeunes.”
    Des jeunes ou des moins jeunes qui pourraient se rassembler autour d’une formule qui connaît la réussite sous d’autres latitudes, et pas forcément là où on s’y attend le plus.
    En métropole, par exemple, la petite ville de Bagnols-sur-Cèze (Gard) s’est forgée une sacrée notoriété grâce à son Bagnols Blues Festival qui draine des milliers de personnes chaque année au mois d’août. Ou encore, dans un environnement plus proche du fenua, sur la toute petite île de Marie-Galante, au large de la Guadeloupe.
    Chaque année, au mois de mai, malgré une heure de ferry pour s’y rendre, une foule très nombreuse se déplace au pied d’un ancien fort, pour assister au festival Terre de Blues, dans un endroit magique. Tahiti et ses îles regorgent aussi d’endroits mystiques…

    Karim Mahdjouba

    Lire aussi « Trois questions à Roland Oldham dans La Dépêche de Tahiti ou au feuilletage numérique

    B. B. King et sa guitare Lucille

    B. B. King est une légende du blues, américain, mais surtout universel. Il est décédé le 14 mai, à Las Vegas, à l’âge de 90 ans, des suites du diabète qu’il combattait depuis une vingtaine d’années. B.B. King a rempli une carrière hors normes qui l’a menée à être considéré comme l’un des trois meilleurs guitaristes de blues au monde. Selon le site Wikipédia, B.B. King (pour Blues Boy), de son vrai nom Riley B. King, est né le 16 septembre 1925 à Itta Bena, dans le Mississippi, aux États-Unis. Il est considéré comme l’un des meilleurs musiciens de blues. Il est, avec Albert King et Freddie King, un des trois “kings” de la guitare blues. Mais B. B. King, c’est aussi une guitare, de marque Gibson, prénommée Lucille. Ce nom a une histoire originale lors d’un concert donné à 1949 au Dance Hall de Twist dans l’Arkansas, un incendie a été provoqué à cause d’une bagarre entre deux hommes, durant lequel deux femmes sont décédées. Les hommes en étaient venus aux mains pour une femme, prénommée Lucille…

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