La production de miel en France au plus bas depuis 20 ans

    jeudi 19 mars 2015

    La production de miel en France en 2014 a baissé d’un tiers par rapport à l’année précédente pour tomber à environ 10 000 tonnes, le niveau le plus bas depuis 20 ans, informe jeudi l’Union nationale des apiculteurs français (Unaf) qui pointe encore du doigt les insecticides.
    En 1995, plus de 32 000 tonnes avaient été récoltées. Depuis, la production annuelle ne cesse de baisser, les colonies enregistrant des mortalités très élevées causées par certains pesticides et parasites comme le frelon asiatique, ainsi que par la perte d’une partie de leur habitat provoquée par la monoculture intensive. 
    En 2014, des conditions météorologiques « catastrophiques pour les abeilles », selon l’Unaf, ont encore aggravé leur mortalité. Celle-ci a atteint 50 à 80% dans les grandes régions de production comme Provence-Alpes Côte d’Azur, Rhône-Alpes, Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon.
    La baisse de la production en 2014 a paradoxalement été accompagnée par un regain d’intérêt pour l’apiculture, qui se traduit par une hausse du nombre d’apiculteurs, plutôt amateurs, et de ruches, évaluées désormais entre 1,25 et 1,3 million.
    L’Unaf, la plus importante association de professionnels du secteur, estime que le plan de soutien à l’apiculture, lancé en 2013, « parait bien dérisoire et ne répond en aucune manière aux préoccupations urgentes des apiculteurs qui luttent pour leur survie ».
    L’organisation demande des « aides financières exceptionnelles ».
    Les apiculteurs réclament une interdiction plus large de certains insecticides mis en cause dans le dépérissement des colonies, ainsi que des mesures renforcées contre des parasites.
    Les insecticides néonicotinoïdes sont particulièrement visés. Quatre molécules de cette classe font l’objet d’une interdiction temporaire dans l’Union européenne depuis juillet 2013 pour l’enrobage des semences, le traitement de sol et en pulvérisation sur certaines cultures.
    « Cette décision est non négligeable mais elle n’est malheureusement pas suffisante », dit l’Unaf car « ni les céréales à paille semées en hiver, ni les betteraves, ni les traitements en forêt ne sont concernés par cette interdiction ». 
    « En France, environ un tiers des céréales à paille est traité avec les néonicotinoïdes, alors que ces mêmes cultures sont utilisées en rotation avec du tournesol, très attractif pour les abeilles », explique l’Unaf.
    Par ailleurs, « d’autres substances très dangereuses pour les abeilles restent sur le marché, telles le thiaclopride ou l’acétamipride, toutes deux de la famille des néonicotinoïdes », souligne-t-elle.
    La lutte contre le frelon asiatique est jugée insuffisante et les professionnels s’inquiètent de la présence sur le sol français d’un autre parasite, le Cynips du châtaignier, venu de Chine, de plus en plus répandu.

    AFP

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