La région désertique du nord du Chili sous les eaux, des milliers de sinistrés

    jeudi 26 mars 2015

    La région chilienne d’Atacama, qui compte le désert le plus aride de la planète, se trouvait jeudi sous les eaux avec des pluies exceptionnelles qui ont pris une tournure catastrophique, faisant au moins sept morts, une vingtaine de disparus et des milliers de sinistrés.
    Deux personnes sont décédées dans la ville d’Antofagasta, l’une d’elles par électrocution et l’autre à la suite de l’effondrement d’un réservoir d’eau.
    Deux autres ont été emportées par les eaux dans la région d’Atacama, avait indiqué dans la matinée le vice-ministre de l’Intérieur Mahmud Aleuy.
    En milieu de journée, il a annoncé que « trois autres cadavres ont été découverts », sans préciser dans l’immédiat les circonstances de ces décès.
    On compte 19 disparus, selon lui, et 680 personnes sont hébergées dans des logements de secours à Antofagasta, et 800 à Atacama.
    La présidente Michelle Bachelet, qui s’est rendue sur place dès mercredi soir, a relevé que « prévoir les pluies était très difficiles » dans cette région d’extrême sécheresse.
    Visitant dans la journée, la localité de Chañaral, dans une des zones les plus affectées, la présidente a souligné que « l’important maintenant est d’aider les personnes (…), nous faisons tout ce qui est humainement possible », selon les télévisions locales.
    Les autorités ont émis une « alerte sanitaire » pour les communes de Tierra Amarilla, Diego de Almagro et Alto del Carmen, les plus touchées par les inondations et où les rues ont été transformées en véritables torrents.
    Plusieurs sinistrés ont dû grimper sur les toits de leurs maisons, ou sur des arbres pour éviter d’être emportés par les eaux, qui ont monté soudainement, une situation comparée par certains témoins à un véritable tsunami.
    De nombreuses routes étant désormais impraticables, les autorités ont recommandé à la population de rejoindre les zones en hauteur, et une quinzaine d’hélicoptères sillonnaient la zone pour procéder à des évacuations.
    Par ailleurs, le couvre-feu a été instauré dans les localités de la région d’Atacama (800 km au nord de Santiago) et dans la ville voisine d’Antofagasta où les forces armées ont pris le contrôle en raison de « l’état d’exception » décrété mercredi par le gouvernement chilien.
    Quelque 2.400 policiers et militaires patrouillent désormais la zone.
     

    – Une manifestation du réchauffement climatique –

     
    Les classes ont été suspendues et les écoles ont été transformées en centres d’accueil, tandis que des milliers d’habitants se retrouvaient sans électricité ni eau potable.
    « Le moment le plus critique est passé », a indiqué pour sa part à l’AFP Julio Sarabia, responsable des services météorologiques du Chili.
    Les précipitations tombées ces derniers jours sont au moins dix fois supérieures à celles enregistrées normalement, dans cette région plutôt habituée à la sécheresse.
    Le météorologue Jaime Leyton estime quant à lui que cette « intensité inhabituelle » serait une manifestation du réchauffement climatique.
    « Une de ses principales caractéristiques est que nous allons avoir une fréquence accrue d’événements climatiques extrêmes et ils seront de plus en plus intenses », a-t-il expliqué à l’AFP.
    La région d’Atacama est connue pour le désert du même nom, considéré comme le plus aride au monde.
    Les dernières inondations dans cette zone datent de 1997.
    De par sa situation géographique, le désert d’Atacama est également un site exceptionnel pour l’observation du ciel en raison de la sécheresse extrême du lieu ainsi que de la très faible pollution lumineuse.
    Plusieurs observatoires astronomiques, parmi les plus importants du monde, y sont implantés.
    La compagnie minière publique chilienne Codelco, plus importante société productrice de cuivre au monde, a par ailleurs été affectée par les pluies et dû interrompre provisoirement ses activités d’extraction dans la zone.
    Dans un communiqué publié jeudi, Codelco – qui produit 11% du cuivre mondial soit 5,6 millions de tonnes annuelles – a indiqué que l’activité dans certains secteurs de la mine « resterait paralysée » car les conditions actuelles « ne donnent pas les garanties nécessaires à la sécurité du personnel ».
    Les aéroports de Calama et Antofagasta, qui connaissent un trafic élevé en raison de l’activité minière dans la région, enregistrent pour leur part d’importants retards des vols.

    AFP

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