La renégociation du traité des îles du détroit de Torrès, c’est possible

vendredi 24 juillet 2015

Peter O’Neill estime que le traité est injuste, car il exclut les villageois de la région de TransFly, sur le « continent » papou. Ils ne peuvent pas aller pêcher dans les eaux australiennes. L’expert en relations internationales Donald Rothwell affirme que le gouvernement australien a tout intérêt à se montrer souple, car le détroit de Torrès est un lieu de passage stratégique.
Le détroit des îles de Torrès sépare l’Australie de la Papouasie Nouvelle-Guinée. Une séparation théorique, car de part et d’autre de la frontière vivent ceux qu’on appelle « les indigènes du détroit de Torrès », qui ont des liens coutumiers très forts. 
Le traité du îles du détroit de Torrès qui a décidé du tracé de la frontière entre l’Australie et la Papouasie Nouvelle-Guinée. Les deux pays sont séparés par le Détroit des Îles de Torrès. Certaines de ces îles sont australiennes, les autres sont papoues.
Le traité, entré en vigueur en 1985, prend en compte les liens culturels et coutumiers entre les îliens australiens et les îliens papous du détroit. Il autorise donc les habitants de 13 villages papous à se rendre librement sur les îles australiennes, sans visa, pour des rassemblements coutumiers, chasser, cultiver, ou pêcher.
Mais selon Peter O’Neill, le traité n’est pas juste car il exclut les villageois de la région voisine de TransFly, sur l’île principale du pays. Résultat, écrit le Premier ministre papou dans un communiqué publié la semaine dernière: « Les villageois de la TransFly n’ont plus le droit d’aller pêcher ou chasser dans la partie australienne du détroit, et ils ont du mal à survivre. » 
La question sera sûrement prise en compte par Tony Abbott en août, car il doit passer une semaine sur une des îles australiennes du Détroit de Torrès. Donald Rothwell, professeur de droit international à l’Université nationale australienne: « Le Premier ministre sera d’autant plus attentif que ce détroit est crucial pour l’opération Frontières souveraines. Il a donc besoin d’entretenir une bonne relation bilatérale avec la Papousie Nouvelle-Guinée. »
Frontières souveraines, c’est le nom de l’opération menée par la marine australienne à la frontière avec l’Indonésie pour repousser les bateaux de migrants. Les bâtiments de la marine australienne doivent passer par le Détroit de Torrès, qui relie le Pacifique à l’océan Indien.
Donald Rothwell: « Je suis sûr que le gouvernement australien serait prêt à répondre aux demandes du gouvernement papou, et accepterait de modifier le traité. Il peut s’agir tout simplement d’autoriser les villageois de la TransFly à pêcher en territoire australien. Cela pourrait suffire. »
En revanche, il y a très peu de chances que le tracé de la frontière entre les deux pays soit modifié. Il y aurait de grands gisements de pétrole, de gaz et des minerais dans le fond du Détroit de Torrès, pas encore exploités.
 
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