La révocation du directeur de l’hôpital en suspens

    lundi 20 juillet 2015

    Le ministre de la Santé, Patrick Howell, a demandé la tenue d’un conseil d’administration extraordinaire (CA) au CHPF.
    Celui-ci se tiendra donc vendredi, avec comme unique ordre du jour, la révocation du directeur de Taaone. Les membres du CA doivent en effet donner leur avis sur le sujet. 
    Se pourrait-il que le gouvernement fasse machine arrière ? Que nenni, cette démarche est seulement obligatoire, mais avait été oubliée. Le ministre ne peut pas faire passer la révocation du directeur de l’hôpital en conseil des ministres, sans passer par la case  conseil d’administration. 
    Cependant, une autre question peut se poser : cette date a-t-elle été choisie au hasard ? Rien ne permet de prétendre le contraire, mais force est de constater que cela ne servira pas les intérêts de Christophe Bouriat. 
    Après avoir appris par les médias que le gouvernement voulait le remercier, après être resté une semaine sans nouvelles de son ministère de tutelle, après avoir reçu un courrier d’huissier le convoquant au ministère lundi dernier, après avoir passé un entretien de deux minutes pour être congédié sur la base d’un dossier vide, ce conseil d’administration extraordinaire se tiendra… sans lui ! 

    Hasard ou coïncidence ?

    Eh oui, le 24 juillet, date du CA extraordinaire, est aussi le jour de départ en congés de Christophe Bouriat qui, une fois encore, n’aura pas la possibilité de s’exprimer sur cette révocation hâtive, basée uniquement “sur sa gestion des grèves” aux dires de son avocat. 
    Une source proche du dossier confie, “c’est surtout sa gestion de Patrick Galenon et Cyril Legayic qui lui revient comme un boomerang dans la figure”. 
    Personne n’a en effet oublié la façon dont Christophe Bouriat, lors d’une réunion de négociation de fin de grève, a refusé de débuter les négociations en présence de Cyril Legayic. Le directeur s’était adressé au syndicaliste en ces termes : “M. Legayic, vous avez été condamné, vous avez perdu vos droits civiques et donc votre représentativité syndicale, je vous demande de quitter la salle. Les négociations ne commenceront pas avant cela”. 
    Pour s’assurer qu’il avait été bien compris, le directeur avait même réitéré ses propos : “M. Legayic, vous n’avez aucun droit à siéger ici, vous les avez perdus,  veuillez sortir, nous ne commencerons pas cette réunion tant que vous serez présent.”
    Cyril Legayic n’avait alors eu d’autres choix que se soumettre. “Les syndicats ont la dent dure”, explique une source proche du dossier.

    Un verdict attendu

    Ceci étant, que les onze membres du conseil d’administration puissent faire valoir un avis favorable ou non sur la révocation du directeur pourrait peut-être faire évoluer les choses dans le bon sens. 
    En effet, au sein même de l’hôpital, médecins et cadres ont largement manifesté leur inquiétude et indignation sur la façon dont on cherchait à se séparer d’une personne compétente et nécessaire au CHPF. 
    De plus, à l’heure où l’argent manque, se séparer d’un haut fonctionnaire sur la base de motifs troubles, obligera le paiement des indemnités du directeur jusqu’en août 2016, date à laquelle son contrat se termine. Et verser l’équivalent d’au moins un an de salaire d’un directeur, tout en versant de nouvelles indemnités à son remplaçant, risque de coûter cher à la collectivité. 
    Cela dit, le gouvernement reste souverain sur la prise de décision. La majorité des membres du CA peuvent exprimer un avis défavorable sans que celui-ci ne soit pris en compte. 
    Interrogé samedi dernier sur le sujet, le président du Pays n’est toutefois pas aussi catégorique. “J’attends de voir ce que souhaite le conseil d’administration. Lors des dernières grèves, ça a été un peu compliqué. J’ai fait ce que je n’aime pas faire, parce que lorsque l’on nomme des ministres, c’est pour qu’ils aient la responsabilité de leur secteur. Or, j’ai moi-même dû recevoir les grévistes à la présidence parce que le directeur n’était pas là.” Une faute impardonnable ? “Non, tout peut être pardonné”, a assuré, plein d’altruisme, Édouard Fritch. 

    Jen.R

    Le président de "la Polynésie française", des françaises et des français René, Georges, HOFFER 2015-07-20 15:18:00
    "Le ministre ne peut pas faire passer la révocation du directeur de l’hôpital en conseil des ministres, sans passer par la case conseil d’administration. "
    héhé ; comme quoi le cons-eil des minist' n'est qu'un machin de plus, bien tenu en laisse hoohohohoho rollstahiti@gmail.com
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