“La révolution numérique” des services administratifs

    vendredi 16 octobre 2015

    La Semaine nationale de l’innovation publique se déroule en ce moment. À cette occasion, les administrations publiques ont présenté, hier, à la présidence, leurs innovations numériques. Des innovations qui répondent notamment aux besoins des îliens, qui rencontrent souvent des problèmes d’accès aux services publics.

    La Polynésie française participait, hier, à la Semaine nationale de l’innovation publique. Depuis une quinzaine d’années, les administrations du Pays tentent – lentement mais sûrement – de se moderniser en déployant des technologies numériques. “Les usagers des services publics sont déjà des internautes avertis, explique Teva Rohfritsch, le ministre de la Relance économique et de la Politique numérique. Ils veulent pouvoir consulter les informations utiles à leurs activités professionnelles ou personnelles en ligne, remplir leurs formalités administratives depuis leur salon…”
    La problématique de l’accès aux services administratifs se pose avec acuité pour les îliens. “Accéder en ligne à la CPS, aux cadastres ou au Sefi (service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelle, NDLR), est essentiel pour leur éviter de longs déplacements”, a compris la présidence, qui accueillait, hier, une série de présentations sur les interfaces publiques du Pays.
    Par ailleurs, pour répondre aux besoins des entrepreneurs, dont les projets se perdent trop souvent dans le labyrinthe procédural, et à l’heure de la réduction des effectifs administratifs, “la transformation vers le tout numérique apparaît comme une orientation stratégique sérieuse”, précise Teva Rohfritsch.

    “De nouvelles façons de communiquer”

    Le gouvernement souhaite donc engager “pas à pas” une grande réforme, “la révolution numérique”. Le travail préalable est encore colossal : répertorier les informations et les convertir pour le web, réglementer l’exploitation des données, reconnaître la valeur juridique de la signature électronique… Inscrite au projet de budget 2016, une infrastructure numérique “moderne” devrait bientôt voir le jour, “sur laquelle seront installées les applications de gestion du service public numérique”, promet le ministre. Pour l’heure, 44 services et établissements publics sont déjà présents en ligne. Il y a, par exemple, “l’incontournable” Lexpol, la bible numérique des textes réglementaires.
    Mais aussi Te fenu@, lancé en 2014 et qui s’est rapidement imposé comme “le site topographique de référence” : comptabilisant aujourd’hui 250 visiteurs par jour, il est alimenté par les services du cadastre, de l’urbanisme, de la santé, de la jeunesse et des sports, de l’environnement et des phares et balises. L’application Otia, dédiée aux notaires et aux géomètres pour la gestion du cadastre, a même reçu un prix en juillet à San Diego, lors du congrès international des Systèmes d’information géographique (SIG).
    “Ce sont de nouveaux outils, mais aussi de nouvelles façons de communiquer avec les citoyens”, se félicite aujourd’hui le chef de la Direction générale de l’économie numérique, qui y voit de possibles vecteurs de sensibilisation du public.
    Artisanat, agriculture, éducation, emploi, droit, culture… “Beaucoup d’informations sont déjà disponibles pour les usagers et les professionnels”, se réjouit-on aussi à la Direction de la modernisation et des réformes de l’administration, qui appelle à poursuivre l’effort. “Certains usagers sont tétanisés à l’idée de se rendre dans un bureau administratif, rappelle une attachée de direction. Il faut faire simple, il faut faire vite.” 

    Marie Guitton

    Bientôt des enquêtes de satisfaction

     Le service public polynésien a, lui aussi, sa page Facebook. Des enquêtes de satisfaction y seront bientôt lancées, afin de recueillir l’opinion des usagers sur les services dématérialisés. À vos claviers !

    72 % des demandeurs d’emploi utilisent le site du Sefi

    Lancé en 2000, le site web du service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelle (Sefi) ne cesse de voir sa fréquentation augmenter. En 2014, l’interface a été consultée plus de 750 000 fois, avec une moyenne de 27 000 visiteurs uniques chaque mois… Triste record, dû aussi bien au développement du numérique qu’à l’explosion du taux de chômage.
    “Aujourd’hui, un retour en arrière ne serait pas envisageable. Nous ne disposons pas des capacités d’accueil nécessaires, affirme un responsable. Nos 20 conseillers ne pourraient pas traiter les 100 000 candidatures qu’on reçoit chaque année…”
    72 % des demandeurs d’emploi du fenua réalisent leurs démarches directement sur le site du Sefi, et 82 % de leurs candidatures sont envoyées par le biais de leurs espaces personnels. 40 % des offres, elles, sont déposées en ligne par les employeurs.
    Les usagers peuvent aussi consulter l’agenda des formations, imprimer les formulaires de demande aux différentes aides à l’emploi, obtenir des informations sur les versements en cours ou contacter un conseiller.
    En 2016, ils pourront déposer un CV au format Word ou PDF dans leur espace, et suivre l’avancement de leurs demandes d’aide. “Ça représente des milliers de coups de téléphone en moins”, affirme le service de l’emploi.
    Pour communiquer “de façon un peu plus décontractée” avec les demandeurs, le Sefi a également ouvert une page Facebook en septembre 2014, qui a déjà récolté 6 977 “like”.
    “Mais on ne tire aucune satisfaction du nombre d’abonnés, promet le service. Franchement, on préférerait en avoir zéro…”

    PIERRE 2015-10-16 14:54:00
    très très bien. encore faut il avoir des connexions dignes de ce nom. la plupart du temps, avoir accès à internet releve de l'impossible.
    les îliens, avec une connexion satellitaire hyper limitee, ne jouissent pas de l'accès correct à la toile. merci
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete