La science progresse dans les systèmes d’alerte aux tsunamis

    samedi 20 décembre 2014

    Le tsunami de 2004 qui a fait près de 230 000 morts en Asie a accru la coopération internationale pour améliorer les technologies de détection de ces vagues dévastatrices, même si les scientifiques ne peuvent pas prédire les séismes sous l’océan qui en sont à l’origine.
    Il y a dix ans, les experts ne disposaient d’aucun système d’alerte au tsunami dans l’océan Indien, où ce phénomène ne s’était jamais produit de mémoire récente.
    Avant la catastrophe de 2004, le principal centre mondial de surveillance des raz-de-marée, « The Pacific Tsunami Warning Center », situé à Hawaii se concentrait sur des zones sismiques à haut risque dans l’océan Pacifique, dont surtout le Japon et l’Amérique du sud.
    « Nous n’étions pas alors préparés pour répondre rapidement à un phénomène de cet ampleur », a expliqué Mike Angove, responsable du programme sur les tsunamis à l’Agence nationale américaine Océanique et Atmosphérique (NOAA).
    Après le tsunami de 2004, les experts américains ont commencé à surveiller l’océan Indien tandis que l’Australie, l’Indonésie et l’Inde notamment, ont mis en place un nouveau système devenu opérationnel en 2013 baptisé « Indian Ocean Tsunami Warning System ».
    Quant aux États-Unis, ils ont quasiment doublé, de huit à quinze, le personnel de leurs Centres d’alerte aux tsunamis dans le Pacifique à Hawaii et en Alaska, qui fonctionne 24 heures sur 24, sept jours sur sept.
    De nouveaux efforts internationaux visent aussi à établir un centre d’alerte aux tsunamis en Méditerranée.
    « La communauté scientifique mondiale dédiée aux tsunamis a véritablement explosé depuis 2004 », a déclaré cette semaine Eddie Bernard, un expert retraité de la NOAA, lors de la conférence de l’American Geophysical Union, réunie à San Francisco.
    « Avant 2004, on comptait une centaine de scientifiques dans le monde qui travaillaient sur les tsunamis alors qu’aujourd’hui ils sont au moins un millier », selon lui.

    Réseau de bouées
     
    Les sismologues ne peuvent pas encore prédire quand un séisme de grande puissance va se produire sous l’océan et déclencher un raz-de-marée mais ils peuvent mieux anticiper les vagues qui se déplacent sur des milliers de kilomètres, donnant plus de temps aux populations côtières pour se réfugier sur des zones plus élevées, explique Mike Angove à l’AFP.
    « Nous avons fait des progrès incroyables pour identifier ces vagues ainsi que leur déplacement et élaborer des modèles de prévision utiles pour ces régions côtières (…) parfois jusqu’à une heure avant qu’elles ne frappent », explique-t-il.
    Ces vagues sont guettées et mesurées avec un réseau de bouées sur l’océan appelé « Deep-Ocean Assessment and Reporting of Tsunami » ou Dart.
    Chacune de ces bouées dispose d’une jauge mesurant la pression au fond de l’océan. Ces mesures sont ensuite transmises par satellite aux Centres américains d’alerte aux tsunamis à Hawaii et en Alaska, qui les répercutent par internet.
    On comptait six de ces bouées en 2004 et soixante en 2014, précisent les scientifiques, indiquant que neuf pays au total participent au système Dart, ce qui a amélioré la surveillance et la coopération internationale.
    En 2011, à la suite du séisme de très forte puissance au large du Japon qui a atteint une magnitude de neuf, trois bouées du réseau Dart ont été les premières à détecter un tsunami, deux étaient américaines et une russe, a précisé Eddie Bernard.
    Ainsi les scientifiques ont été en mesure de « modéliser de façon très exacte » la vague qui s’est formée au large du Japon et de fournir des mises en garde ciblées aux populations de certaines zones sur la côte ouest des États-Unis avant qu’elle n’arrive, explique Mike Angove, de la NOAA. 
    « Je pense qu’on peut dire que des vies ont été sauvées et des pertes matérielles évitées grâce à ce système », selon lui.
    « Si le même tsunami qu’en 2004 se produisait aujourd’hui dans l’océan Indien, nous pensons qu’il pourrait encore faire des dizaines de milliers de morts mais pas 240 000 », a ajouté Vasily Titov, directeur du centre de recherche sur les tsumanis de la NOAA à Seattle (Etat de Washington, nord-ouest).

    AFP

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