La SOP Manu s’attaque à la petite fourmi de feu

    jeudi 24 décembre 2015

    Mardi soir, à la mairie de Punaauia La Société d’Ornithologie de Polynésie (SOP) Manu a convié l’ensemble des bénévoles et des partenaires qui travaillent avec elle, pour faire un bilan à mi parcours de la saison de reproduction 2015 du ‘omama’o, aussi connu sous le nom de monarque de Tahiti. 
    Le ‘omama’o est une espèce endémique de Tahiti, qui fait parti des 30 oiseaux les plus menacés au monde. L’ennemi publique numéro 1 du monarque de Tahiti, est le rat noir, car il monte dans les nids et mange les œufs. Il y a également les oiseaux introduits, comme les merles, les Bulbuls et les éperviers qui perturbent sa reproduction, mangent les poussins et les adultes ; les plantes invasives comme le miconia, les chats, les chèvres qui transforment les vallées en paysage lunaire et la petite fourmi de feu, “la pire fourmi invasive au monde”.
    Depuis 18 ans, la SOP Manu tente de sauver le Monarque de Tahiti, très peu prolifique, en la protégeant des espèces exotiques envahissantes. 
    “On peut dire que l’espèce a pris un tournant et est en train d’être sauvé”, a exprimé avec émotion Caroline Blanvillain, chargée des oiseaux terrestres à la SOP Manu, lors de la réunion de mardi soir. 
    En effet, les résultats sont là, puisque si on comptait quatre couples de monarques et douze oiseaux vivant dans les zones protégées en 2003, on compte aujourd’hui 53 couples en ce début de saison de reproduction. 
    D’années en années, la SOP Manu a réussi à mobiliser de nombreux bénévoles qui agissent quotidiennement à ses côtés. En 2015, deux grosses campagnes pour piéger les oiseaux introduits ont été menées par l’association aidée des riverains de Punaauia et de Paea. Les 33 piégeurs d’oiseaux ont ainsi pu éliminer plus de 2500 merles et Bulbuls, sur les deux communes en une année. “Nous sommes heureux de vous annoncer qu’il n’y a plus de merles dans les vallées. Vos efforts de piégeage nous permettent de ne plus avoir de merles qui viennent manger les petits monarques au nid”, a informé Caroline Blanvillain. Cependant, la présence de Bulbuls et d’éperviers reste une menace. 
    Parallèlement à ces opérations, 215 personnes ont participé aux 18 campagnes d’arrachage du Miconia, qui étouffe les plantes locales dans les vallées à Monarque. 
    Enfin, l’association travaille également sur l’éradication de la petite fourmi de feu, “qui est une plaie tant pour l’homme que pour l’écosystème. Elles piquent très fort, peuvent causer des allergies, provoquent la cécité chez les chats et les chiens, s’infiltrent dans les maisons rentrent dans les systèmes électriques et créent des incendies”, a expliqué Caroline Blanvillain. 
    Début 2014, plus de 100 foyers à proximité des vallées à Monarque subissaient une cohabitation forcée avec la petite fourmi de feu et six maisons en étaient au stade de l’infiltration électrique sur les communes de Paea et Punaauia. 
    En octobre 2015, la SOP, avec l’utilisation d’un traitement hawaïen, préconisé par la direction régionale de l’environnement (Diren) a réussi à éradiquer dans sa quasi-totalité la colonie présente au PK 18,2, mais il faudra attendre deux ans, pour que l’éradication soit confirmée. La colonie du Pk 17, trop étendue pour être éradiquée en une fois a été divisée en deux zones de traitements. La zone nord a déjà été traitée deux fois. “La SOP a appris aux gens à faire le traitement et ils le font eux même chez eux, c’est comme ça qu’on y arrive”, raconte Caroline Blanvillain. 
    La colonie découverte au lotissement Te Maru Ata, a déjà été traitée trois fois. Des épandages par drone pour traiter sa falaise contaminée seront effectués si la SOP en reçoit les moyens. 
    La SOP Manu espère ainsi 
    apporter une méthodologie efficace aux autres communes qui désirent lutter contre ce fléau qui n’est selon elle plus une 
    fatalité. 

    E.P.

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