La vegan’attitude arrive au fenua

    vendredi 6 janvier 2017

    vegan attitude fenua

    Oui, il y a une demande, au fenua. Les gens commencent à s’intéresser à ce mode de consommation qui prône le “bien manger” pour une “bonne santé” avec des produits bio et de bonne qualité. (© Élénore Pelletier)


    La vegan’attitude ne date pas d’hier et s’est déjà implantée dans de nombreux pays. Au fenua, le phénomène en est à ses balbutiements… mais commence à trouver ses adeptes. Mais alors, qui sont ces premiers adeptes ? Et qu’en est-il justement de notre santé, lorsque l’on bannit viandes, poissons, œufs et produits laitiers de notre garde-manger ? Rencontre avec plusieurs acteurs de cette nouvelle tendance.

    La vegan’atitude ne date pas d’hier et s’est déjà implantée dans de nombreux Pays du monde entier. Cafés, restaurants, snaks “vegan” envahissent aujourd’hui les rues des grandes capitales. Au fenua, le phénomène en est à ses balbutiements… Mais commence à trouver ses adeptes.

    Être vegan, qu’est-ce que c’est ? Attention, il ne faut pas confondre les termes végan, végétalien et végétarien.
    Si le végétarien ne mange pas de viande, le végétalien, lui ne consomme aucun produit de provenance animale.
    Et le vegan, il va au-delà du végétarien. “Être vegan, ça veut aussi dire : ne pas aller au cirque, au zoo, dans des parcs d’attractions animaliers. C’est également ne pas s’habiller avec de la fourrure, du cuir, de la soie, ne pas utiliser de cosmétiques testés sur des animaux… C’est une démarche globale dans laquelle tu exclues de ton mode de vie et de consommation tout ce qui peut induire une souffrance animale”, explique Réale, la “pâpesse du vegan” au fenua.

    L’an passé à Papeete, le J’âm, le premier restaurant végan du fenua avait vu le jour grâce à quatre passionnés : Janjan, Manea, Claire et Emma. À la carte des plats végétaliens à base de produits bios.
    Au-delà d’un simple lieu de restauration, le J’âm, c’était aussi un lieu d’exposition, de concerts, où l’on pouvait venir débattre ou assister à des conférences autour du développement durable, du système de consommation et de la préservation de notre planète.

    Aujourd’hui, le lieu a fermé. En cause : un manque de trésorerie pour combler les mois de disette et des produits bio hors de prix ne permettant pas de dégager des marges suffisamment importantes pour faire tourner le restaurant.
    “L’idée, c’était de montrer que c’était possible d’ouvrir un restaurant vegan et qu’il y avait de la clientèle pour ce type d’endroit. Et je crois que le pari a été relevé. Parce qu’en un an et demi, le J’âm est devenu vraiment populaire.
    De plus en plus de gens passaient la porte, découvraient notre carte et revenaient. Il y a une vraie demande, il y a des gens intéressés par ce concept localement.

    On a peut-être pas eu les reins assez solides, parce qu’on était un peu vieux, mais je suis sûre qu’une équipe de jeunes parviendra à faire revivre le concept”, assure Janjan, l’un des fondateurs du J’âm.
    De son côté, il y a quatre mois, Christelle, des Tabliers verts, propose des plats vegans qu’elle livre sur les lieux de travail.
    Dès son lancement, la jeune femme a fait carton plein.
    Alors, oui, il y a une demande, au fenua. Les gens commencent à s’intéresser petit à petit à ce mode de consommation qui prône le “bien manger” pour une “bonne santé” avec des produits bio et de bonne qualité.
    Mais alors, qui sont ces premiers adeptes ? Et qu’en est-il justement de notre santé, lorsque l’on bannit viandes, poissons, œufs et produits laitiers de notre garde-manger ?
    Rencontre avec plusieurs acteurs de cette nouvelle tendance.

     

    É.P.

     

    Ce qu’en pensent les nutritionnistes ?

    tiphaine verneau nutritionniste

    La nutritionniste Tiphaine Verneau. (© DR)

    On a souvent tendance à penser que bannir la viande, le poisson et les produits laitiers de son alimentation peut entraîner des carences pour l’organisme, voire même comporter des risques pour la santé. Pour les détracteurs du végétalisme ou du végétarisme, ce sont des mythes propagés par l’industrie de la viande et des produits de consommations animales. Mais qu’en est-il réellement ?

    Il y a une différence entre les végétariens qui ne mangent pas de viande mais qui absorbent des produits laitiers, des œufs… ; et les végétaliens qui, eux, ne consomment aucun produit de provenance animale.
    D’après les nutritionnistes, devenir végétarien, n’aurait aucune incidence sur l’organisme du moment où un régime alimentaire varié et équilibré est respecté. Il serait même conseillé d’aller vers ce type d’alimentation.
    “À l’heure actuelle, l’individu mange beaucoup trop de protéine animale. Par exemple, pour la viande rouge, on ne devrait pas manger plus de trois fois l’équivalent de la paume de sa main, par semaine. On peut se passer de viande sans conséquence pour la santé. Le poisson, un peu moins, car on y trouve de la vitamine D, des omégas, essentiels pour l’organisme… Mais, on peut trouver ces apports dans d’autres aliments : huile d’olive, huile de colza…”, explique la nutritionniste Tiphaine Verneau.
    Devenir végétalien, est une autre histoire. Cela demande un suivi médical ou un minimum de connaissances pour éviter d’avoir des ennuis de santé.

    Le principal problème rencontré par les végétaliens, c’est la carence en vitamine B12, que l’on trouve exclusivement dans les produits d’origine animale (abbats, lait, fromage, œufs).
    Pour compenser ce manque, les nutritionnistes conseillent de prendre des compléments alimentaires.

    Il faut également être très rigoureux sur les associations d’aliments : notamment en combinant les légumes secs, comme les lentilles, les pois chiches, les haricots blancs ou rouges… , avec des céréales complètes, pour pouvoir fabriquer les bons acides aminés essentiels à l’organisme.
    “L’idéal avec ce type d’alimentation, c’est de faire pleins de mélanges. Pour que la variété en légumes, céréale, fruits, graines… Soit la plus riche possible”, précise Tiphaine Verneau.
    Quant au manque de protéine animale, il peut être compensé par la consommation d’oléagineux (noix, amandes, noisettes, graines de sésame, pavot…), d’algues (spiruline, feuilles de nori), ou de levure de bière.
    Quant au soja, il n’est pas forcément plébiscité par les spécialistes de la nutrition, car riche en phyto-œstrogène, il n’est pas très adapté aux enfants et aux hommes dont il peut perturber les hormones.

    Dans les deux cas, la base de tout, c’est de manger équilibré et intelligemment pour éviter toute carence.

     

    Une prise de conscience pour préserver sa santé, la planète et la condition

    Réale végétarienne

    Pour capter la fameuse vitamine B12 dont les végétaliens sont généralement carencés, elle compense avec des compléments alimentaires. (© DR)

    Réale, la gérante du centre sportif Red Zone, c’est un peu la papesse de la mouvance “Vegan” au fenua. En tout cas, ceux qui s’orientent vers ce mode de vie parlent d’elle comme d’un véritable “modèle” de la vegan’itude. Parce qu’être vegan, ce n’est pas juste adopter un comportement alimentaire, c’est aussi adopter une philosophie de vie (…)

    Pour elle, être végan, c’est la solution la plus facile à mettre en œuvre aujourd’hui pour agir en faveur de l’environnement, de sa santé et du bien-être animal.
    “On va finir par plus avoir le choix, et alors, on se mettra tous au vegan. Avec 70 % de la population en surpoids, 40 % d’obèses, l’extinction des ressources animales, la pollution des sols par les pesticides, la salmonelle dans les élevages de poule. Soit on continue comme ça et on va dans le mur, soit on se pose des questions et on essaie de se tourner vers une alimentation plus saine”, affirme Réale. 

    Retrouvez l’intégralité de cet interview dans votre édition papier du vendredi 6 janvier 2017 ou en version numérique.

     

    Être vegan pour améliorer ses performances sportives

    Cédric Wane

    Suite à une baisse de son taux de cholestérol, il y a un peu plus d’un an, Cédric Wane a dû réajuster son régime alimentaire en y intégrant des œufs. (© DR)

    Cédric Wane n’est pas devenu végétalien par hasard. Triathlète de haut niveau, ce sportif a choisi ce mode d’alimentation dans un but précis : améliorer ses performances sportives.
    “Il y a six ans, j’étais dans l’équipe de triathlon universitaire et je ne comprenais pas pourquoi certains de mes camarades progressaient plus vite que moi, alors qu’on avait commencé au même niveau et qu’on avait les mêmes entraînements. Je leur ai donc demandé quel était leur secret. C’est là que j’ai compris que leurs performances étaient liées aux carburants qu’ils mettaient dans leur machine. Ils avaient opté pour une alimentation équilibrée, bio et végétarienne, tandis que moi, je mangeais des pizzas, des quiches, du coca. J’avais une vision de l’alimentation complètement surannée et je me disais : tant qu’on dépense, on peut se permettre de manger n’importe quoi ! Mais, en réalité, c’est faux, surtout quand tu passes à un niveau pro”, témoigne Cédric Wane.
    Le jeune homme change alors son alimentation, pour devenir progressivement complètement végétalien. Sportivement, il “performe” et remporte de nombreux titres. (…)

    Retrouvez l’intégralité de cet interview dans votre édition papier du vendredi 6 janvier 2017 ou en version numérique.

     

    Le succès des petits plats vegan de Christelle

    Christelle vegan

    Christelle, à l’origine des Tabliers verts : “J’ai lancé ma page Facebook en amont pour y présenter mon activité.
    J’ai proposé mon premier menu et, tout de suite, ça a pris.” (© DR)

    Et si on mangeait vegan à l’heure du déjeuner ? Depuis quatre mois, les Tabliers verts proposent des green box, cuisinés à base de produits bios, directement livrés sur le lieu de travail et empaquetés dans de jolies boîtes recyclables et fibre de bambou. Alors, on s’y met ?
    D’entrée de jeu, le concept a rencontré un vif succès auprès de la population polynésienne. À croire que la tendance vegan a ses adeptes.

    La jeune femme ne s’est pas lancée par hasard dans cette aventure. En effet, avant la création des Tabliers verts, Christelle et sont mari avaient ouvert une roulotte, place Vaiete “La Burger machine”. “À l’origine, on proposait des burgers à base de viande. Trois semaines après l’ouverture, les clients nous ont demandé des burgers végétariens. Du coup, on a créé un steak à base de lentilles, oignon, carottes râpées. Au niveau de la texture, du goût et de la couleur, c’était assez bluffant, parce qu’on aurait dit un véritable steak de bœufs. Il y a même parfois des clients qui nous ramenaient leur burger, pensant qu’on s’était trompé”, se souvient Christelle.

    70 % de leur clientèle venait pour leurs burgers végétariens ou végétaliens. Lorsque leur petite dernière rentre à l’école, le couple décide d’arrêter la roulotte et de repenser leur activité pour qu’elle soit plus compatible avec le rythme de leurs enfants. C’est comme ça que naissent Les tabliers verts. (…)

    Retrouvez l’intégralité de cet interview dans votre édition papier du vendredi 6 janvier 2017 ou en version numérique.

    É.P.

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