“La victime est terrorisée”

    vendredi 27 février 2015

    Le procès des deux frères accusés du viol sordide d’une fillette de cinq ans, une nuit de mars 2013 à Papara, s’achève aujourd’hui.
    Les deux hommes, âgés de
    22 et 23 ans, encourent une peine de 20 ans de réclusion criminelle pour l’enlèvement, le viol et la séquestration de cette enfant qu’ils sont accusés d’avoir attiré hors du domicile de ses grands-parents, qui la gardait ce soir-là, pour abuser d’elle en pleine nuit dans les fourrés quelques mètres plus loin.
    L’un des deux hommes, confondus par son ADN retrouvé dans le sperme qui maculait la robe de la petite victime, a reconnu les faits. Il est aussi mis en cause pour une série d’autres viols d’enfants que l’enquête avait permis de révéler.
    Son frère aîné, en revanche, nie avoir abusé sexuellement de la fillette, aujourd’hui âgée de 7 ans, bien que le plus jeune l’ait clairement mis en cause.
    Sa culpabilité est au cœur des débats depuis l’ouverture du procès, mercredi devant la cour d’assises de la Polynésie française. Un procès qui se déroule à l’abri des regards, à huis clos, et dont l’issue sera connue dans la soirée.
    L’avocate de la famille de la petite victime, Me Wafa Ayed, a accepté de revenir dans les colonnes de La Dépêche sur l’ambiance pesante qui entoure cette affaire, un dossier d’agression sexuelle particulièrement glauque, qui avait marqué les esprits lors de la survenue des faits, il y a deux ans.
    R.P.

    Me Wafa Ayed, avocate de la partie civile : “Elle est toujours perturbée”

    Deux ans après l’agression, quelles séquelles garde votre petite cliente de cette agression ?
    Elle est toujours perturbée. Elle a complètement conscience de ce qu’elle a subi. Elle est angoissée et totalement incapable de parler de ce qu’elle a vécu. Elle est terrorisée. Elle n’a pas arrêté de pleurer après le simple fait d’avoir entraperçu les accusés. Elle a été incapable de dire un mot. Je lui ai demandé si elle avait envie de parler, mais elle ne le veut pas.

    Quelle attitude ont les deux frères depuis l’ouverture des débats mercredi ?
    On en a un qui reconnaît la plupart des faits et qui a plutôt l’air accablé. Son frère qui, lui, ne reconnaît rien, a plutôt une attitude désinvolte.

    Qu’est-ce que la famille attend de cette audience ?
    Concernant ma cliente, la famille attend déjà clairement de savoir combien il y a eu de personnes qui ont agressé leur enfant. A priori, ils sont deux, la petite l’a dit à certains, mais ne l’a pas dit à d’autres. La famille veut être sûre que, si les deux sont coupables, le second n’échappe pas à sa condamnation.

    Il y a un réel doute sur la culpabilité de celui des deux frères qui nie les faits ?
    Ce n’est pas qu’il y a un doute. Ma cliente n’a pas dit tout de suite, notamment, aux gendarmes qu’il y avait deux personnes. Mais elle l’a dit ensuite à d’autres personnes, au psychologue. Elle a réussi à le verbaliser avec certaines personnes et pas avec d’autres.

    Une chose est sûre : l’ADN des deux frères a été retrouvé sur les habits de la fillette ?
    Oui, sur la robe. Des traces ADN du plus jeune des deux ont été retrouvées et notamment du sperme. On a également retrouvé des traces ADN de l’aîné sur le derrière de la robe, mais pas de sperme. Il essaie de trouver un subterfuge pour expliquer la présence de son ADN sur cette robe.

    Lequel ?
    Il raconte qu’il l’aurait vue, à un moment donné dans l’après-midi, qu’elle serait tombée et qu’il aurait épousseté sa robe pour la nettoyer. Donc en d’autres circonstances. Il y a cette culpabilité qui est en questionnement latent, mais qui, à mon sens, ne devrait plus poser de problème car nous avons bien avancé.

     

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