La violence intrafamiliale encore trop “banalisée”

    mercredi 13 janvier 2016

    Les gendarmes référents pour les violences intrafamiliales de chaque brigade ont participé, hier, à leur réunion annuelle à la caserne Bruat de Papeete, en présence de divers intervenants comme ceux de l’association d’aide aux victimes (APAJ) ou encore de magistrats du parquet.
    L’occasion, pour les militaires, de faire le point sur l’année écoulée et de prendre leurs directives pour celle à venir.
    Car dans ce domaine, “il y a encore beaucoup d’actions à mener”, souligne l’adjudant-chef Steve Pourchasse, de la brigade de prévention de la délinquance juvénile. Dans l’amélioration de la prise en charge des victimes, d’une part, mais aussi en termes de prévention, la violence étant encore trop “banalisée dans les familles”. “Pour certains, un coup donné ce n’est pas si grave. (…) La violence, on peut la combattre par l’information et l’éducation. La difficulté consiste à toucher des personnes qui ont déjà une famille et qui n’ont pas forcément envie que l’on aille leur expliquer comment mieux fonctionner. Les choses prennent du temps”, ajoute celui-ci.
    En une décennie, un gros travail a néanmoins été effectué par les autorités, se félicite Cécile Moreau, directrice de l’association polyvalente d’actions judiciaires (APAJ) : “C’est un peu le jour et la nuit, notamment depuis l’arrivée de référents spécifiques dans les brigades. Le message passe mieux. Les gens ont moins de craintes de déposer plainte et la réaction du gendarme face aux victimes de violences conjugales s’est nettement améliorée. Les agents sont mieux formés”.

    Le “téléphone grave danger”

    Cette année, l’accent devrait encore être mis sur la prévention dans la droite ligne des assises de la famille que vient d’annoncer le président Fritch.
    Des mallettes pédagogiques sur le thème des violences intrafamiliales seront ainsi remises à des intervenants ciblés, des professionnels de différents secteurs s’exprimant régulièrement auprès des plus jeunes.
    En outre, les autorités réfléchissent à la mise en place, au fenua, du “téléphone grave danger”, un dispositif qui existe d’ores et déjà en métropole. Celui-ci permet au procureur de la République d’attribuer un téléphone portable à des
    victimes particulièrement menacées par leur conjoint ou ex-concubin.
    Ces dernières font alors l’objet d’un suivi personnalisé et disposent d’une ligne directe avec les secours en cas de danger imminent. “Nous travaillons sur ce sujet avec le haut-commissariat et la gendarmerie depuis quelques semaines. C’est un dossier qui sera suivi de près en 2016”, précise Cécile Moreau.
    L’APAJ s’attelle, à l’heure actuelle, à dresser le bilan statistique de l’année écoulée. Les chiffres de 2015 s’inscrivent dans “une certaine stabilité” comparativement à ceux de l’année précédente.

    J.-B.C.

    cqfd 2016-01-13 15:27:00
    Belle photo de schtroumpf !!
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