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L’accès public à la plage de Temae menacé ?

jeudi 15 juin 2017

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La plage de Temae pourra-t-elle toujours accueillir les courses de va’a, marathons ou rassemblements de matahiapo organisés pour la population ? (© archives LDT)


Une immense partie de la plage Temae de Moorea est en vente depuis six mois. Des usagers craignent que le nouvel acquéreur privé limite leur accès au sable blanc à l’avenir. Le Pays et la commune, eux, n’auront sans doute pas le budget pour la racheter.

Que va devenir l’immense plage de Temae, au nord-est de Moorea ? Depuis six mois, un ensemble de 54 hectares, comprenant notamment la cocoteraie et une bande de 480 mètres de sable blanc s’enfonçant dans le lagon entre le Sofitel et le terrain de football, est proposé à la vente par l’agence immobilière Sotheby’s International.

“À 5 minutes de l’aéroport et des ferrys, cette propriété constitue un site exceptionnel, idéal pour un programme immobilier ou touristique”, souligne l’annonce. Mais si un promoteur venait à y construire un complexe quelconque, l’accès du grand public à la plage serait-il garanti ?

La question taraude l’association des habitants de Temae Moorea, qui réunit 180 habitants du motu situé derrière l’aérodrome, et qui a publié, comme le révélait Polynésie 1ère avant-hier, une pétition intitulée “Sauvons la plage et la cocoteraie, et préservons ce site unique à l’usage du public”.

Vingt-quatre heures plus tard, un millier de signataires réclamaient déjà aux pouvoirs publics de “prendre des dispositions” en ce sens.

Mais en 2008, la commune de Moorea affirme avoir déjà fait une offre au propriétaire, le cheikh Enani de Dubaï : refusée. Depuis l’annonce de la vente en décembre dernier, le Pays aurait lui aussi tenté sa chance, selon l’agence Sotheby’s, mais à un prix jugé “insuffisant” par rapport aux quelque 4,27 milliards de francs réclamés par l’Émirati.

L’ensemble des terres qu’il avait acquises il y a 45 ans comprend six lots (lire ci-dessous), mais le cheikh souhaiterait tout vendre d’un coup.

“C’est beaucoup d’argent”, souffle donc Jean-Christophe Bouissou, le porte-parole du gouvernement. “Si on nous propose l’achat de la plage pour 1 milliard, c’est faisable. Mais sinon, pour 4 milliards, il y a peut-être d’autres priorités au niveau du Pays.”

Par conséquent, il semble peu probable, en cas de signature d’un compromis de vente sur la totalité des parcelles, que le Pays ou la commune exerce son droit de préemption.

 

Déjà des manifestations d’intérêt

 

S’il dit “comprendre l’utilité, pour la population, de préserver l’accès à la partie mer”, le porte-parole du gouvernement s’en remet au bon vouloir des investisseurs privés : “Je pense que le futur propriétaire verra d’un bon œil un projet qui permettrait une mixité entre les services hôteliers, la clientèle, mais aussi le public, la population.”

Plusieurs acquéreurs potentiels auraient déjà manifesté leur intérêt. L’un d’entre eux, un groupe hôtelier étranger, aurait même formulé une offre au prix demandé, mais conditionnée à l’obtention d’un permis de construire. Soit au moins 18 mois d’attente, que le cheick Enani n’a pas souhaité endurer.

Pour l’heure, personne ne sait donc à quelle sauce la jolie plage sera mangée. Pas sûre, même, qu’elle le soit, si, comme l’Émirati, qui avait envisagé d’y développer un projet touristique en 2009 mais n’avait finalement rien concrétisé, le nouveau propriétaire choisissait de la laisser totalement accessible au public. Dans le cas contraire, un accès minimum au sable blanc serait toujours possible via la parcelle, avec terrain de football et sanitaires, que possède le Pays en contrebas de la route cahoteuse, mais la possibilité de poser sa serviette tout au long de la plage serait bel et bien remise en cause (lire ci-dessous).

La priorité serait alors donnée au développement économique de la zone. “Parce qu’actuellement, il y a quoi ? Un chemin tape-cul et des moustiques ! Alors que si quelqu’un avait développé ce terrain, il y aurait du boulot. Ça serait dans l’intérêt de tout le monde. Les centaines d’habitants du motu, par exemple, auraient enfin une vraie route d’accès”, imagine Jacques Menahem, directeur de l’agence polynésienne de Sotheby’s.

“Il faut moderniser un peu, attirer plus de monde”, estime aussi le propriétaire d’une résidence secondaire à Temae.

Les signataires de la pétition, eux, ne sont pas opposés à toute évolution (lire ci-dessous), mais ils répètent leur exhortation à ce que “l’intérêt du plus grand nombre soit préservé.”

 

Marie Guitton

 

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