L’aéronautique confrontée à une pénurie de jeunes ouvriers qualifiés

mardi 16 juin 2015

Portée par le niveau record des carnets de commandes, l’industrie aéronautique recrute à tour de bras dans ses métiers de production, mais des centaines d’emplois restent non pourvus faute de candidats qualifiés.
Cette tension, dans une conjoncture florissante, a conduit le gouvernement à intervenir en faveur de l’aéronautique française : fin mai, les ministres de l’Économie, de l’Emploi et le secrétaire d’État chargé des Transports se sont fendus d’un communiqué commun « pour la promotion et l’attractivité des métiers » de ce secteur en plein essor.
Avec 8 000 recrutements prévus cette année, l’enjeu est d’accompagner la montée en cadence des chaînes d’assemblage, quand « pratiquement 2 000 postes » sont déjà non pourvus car « nous ne trouvons pas de jeunes gens qui soient prêts » sur le plan technique, expliquait en avril Marwan Lahoud, président du Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales (Gifas).
« Le besoin est plutôt sur des effectifs liés à la production », précise Thierry Baril, directeur général des ressources humaines d’Airbus Group, ajoutant que « les métiers en tension ne sont pas nouveaux ».
Chaudronniers, soudeurs, tourneurs-fraiseurs, rectifieurs… Autant de carrières « dévalorisées aux yeux des élèves et des familles », alors qu’elles n’ont « rien à voir avec l’image que l’on s’en fait », assure Jean-Luc Berard, DRH du groupe Safran.
Robotisation oblige, les usines accueillent « de plus en plus de gens qui sont dans des rôles de contrôle d’exécution », explique-t-il, sans oublier les salaires « très confortables » : 25 000 à 28 000 euros brut pour un ouvrier en début de carrière chez Safran, hors intéressement et participation.
Ce niveau de rémunération est lié à « une pénurie et une concurrence des différents acteurs qui vont être amenés à rechercher les mêmes profils », observe Vincent Mattei, responsable de l’emploi, de la mobilité et des relations avec les écoles de Thales en France.
Raison de plus pour enrôler les meilleurs éléments dès leur formation. Thales organisait ainsi début juin un « forum stagiaires » auquel 650 jeunes étaient conviés et « toutes les entités du groupe (étaient) là pour recruter », souligne-t-il.
« On forme les jeunes dont on a besoin », confirme M. Berard, chiffres à l’appui : le taux d’embauche des apprentis chez Safran avoisine 40%, sur un total d’environ 3 000 par an.
Une partie de ces lauréats s’orientera vers la production aéronautique du groupe, où 6 000 à 7 000 recrutements seront nécessaires au cours des dix prochaines années, dont un tiers de créations de postes, estime-t-il.

AFP

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