Habillage fond de site

L’Afghanistan demande des sanctions après la tuerie de Mazar-è-Chari

lundi 24 avril 2017

afghanistan

Des soldats de l’armée nationale afghane se font soigner dans un hôpital de Mazar-i-Sharif après l’attaque des talibans qui a fait au moins 130 morts. (Photo : Farshad Usyan/AFP)

Les familles endeuillées enterraient leurs fils, hier, après le carnage des talibans dans une base militaire du nord de l’Afghanistan qui a fait 130 morts au moins et face à ce nouveau désastre, le pays réclame que des têtes tombent.

Le bilan reste flou deux jours après la tuerie survenue vendredi dernier à l’heure de la prière : la presse afghane s’accorde sur plus de 130 morts et quelques dizaines de blessés sévèrement atteints, faute de données officielles du gouvernement qui a décrété une journée de deuil national.

La plupart des corps ont été renvoyés aux familles dans leur région d’origine. Mais certaines sont injoignables et les dépouilles sont ensevelies près de la base sous haute surveillance.

Les autorités s’en tiennent officiellement depuis 24 heures à “plus de cent tués et blessés”, bilan de plus de cinq heures de carnage contre des soldats fauchés à la mosquée ou au réfectoire, désarmés, par dix hommes en uniforme, arrivés à bord de camions militaires avec fusils mitrailleurs et vestes explosives.

“Le président (Ashraf Ghani) a ordonné une enquête minutieuse. Une équipe spécialisée a été formée à cet effet et partagera ses conclusions avec la nation”, a indiqué hier le porte-parole de la présidence, Shah Hussain Murtazawi.

“Le bilan sera communiqué à l’issue” de ces travaux. Selon lui “certains corps n’ont pu être identifiés en raison de la puissance des explosions”.

Deux kamikazes ont notamment déclenché leurs charges dans la mosquée pendant la prière. En attendant, le décompte des victimes – pour la plupart de jeunes recrues à l’entraînement arrivées des provinces du nord-est et d’Uruzgan (centre) – va jusqu’à 160, selon les médias citant des sources militaires à l’intérieur de la base du 209e Corps d’armée, à une quinzaine de km de Mazar-è-Charif.
Les talibans pour leur part revendiquent “500 tués”, mais sont coutumiers des bilans hypertrophiés.

L’incapacité des responsables et des services de renseignement à protéger leurs forces armées au sein même d’une base militaire suscite rancoeur et indignation.

 

“Négligence”

 

“Mon frère était marié depuis quatre mois et le voilà mort”, sanglote Qari Ahmadullah dont le frère était l’imam de la base. Sur les réseaux sociaux que la société civile afghane utilise pour se faire entendre, il s’agit surtout de demander des comptes : “Qui va démissionner après le désastre de Mazar ? Le ministre de la Défense, le vice-ministre ou quelque lampiste ?” demande ainsi sur Twitter “Badloon”, un analyste politique engagé dans les mouvements de jeunesse.

Beaucoup réclament la démission du ministre de la Défense Abdullah Habibi et celle du commandant du 209e Corps d’armée pour “négligence” : “nous n’avons pas besoin de deuil national”, “que fait le gouvernement pour empêcher ces atrocités à part condamner ?”.

“Nous avons toujours pensé être à l’abri parce que notre maison est près de la base”, raconte Faiz Mohammad, en marge des funérailles. “Mais nous sommes sous le choc, comment est-ce que ça peut se produire sur une cette base ?”

Pour Atiqullah Amarkhail, analyste, le désastre de Mazar-è-Charif est d’abord imputable au “fiasco total des services de renseignements qui se répète. Nous sommes face à une guérilla avec des combattants qui attaquent par petits groupes et causent d’énormes dégâts. On devrait apprendre à contrer leurs tactiques”.

AFP

 

 

0
0
0

Pavé PI

Edition abonnés
Le vote

À l'approche de Noël, êtes-vous attentifs à la qualité des jouets achetés ?

Loading ... Loading ...
www.my-meteo.fr
Météo Tahiti Papeete