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L‘agricultrice transportait de l’ice

vendredi 14 septembre 2018

Dans cette affaire, c’est un frère qui a convaincu sa sœur de faire la mule. (© Florent Collet)

Dans cette affaire, c’est un frère qui a convaincu sa sœur de faire la mule. (© Florent Collet)

Ils étaient 100, ils sont désormais 103 à avoir été mis en examen ou condamnés dans des affaires d’ice depuis le début de l’année. Et comme toujours c’est l’appât du gain qui a guidé les trois trentenaires jugés hier pour être partis aux États-Unis y chercher de l’ice.

Mademoiselle P., ouvrière agricole, fait chaque jour trois heures de marche pour aller au travail et en revenir. En juillet, son frère M.P. lui propose de partir tous frais payés pour aller faire la mule, A.T. paiera le voyage, l’hôtel, 1 000 $ de shopping et la drogue. En transportant la drogue, lui aura droit à quatre millions de francs, elle deux millions.

“C’est un an de salaire, je suis ouvrière agricole. Quand on m’a dit deux briques, je n’ai plus vu la ligne rouge”, indique-t-elle au juge qui s’interroge si cela ne la dérangeait pas d’aider à empoisonner la Polynésie française.

Interceptée à l’aéroport avec un boudin de 175 grammes d’ice dans le rectum, la jeune femme dit tout de suite au douanier qu’elle porte de l’ice sur elle et fera un long monologue pour expliquer le déroulement du voyage aux enquêteurs. “Ils savaient comment cela devait se passer mais cela n’est pas passé comme prévu.”

Le récit est en effet truffé d’anecdotes rocambolesques démontrant tout l’amateurisme de cette stupéfiante équipée. Les trois ne parlant pas anglais, c’est à l’aide d’un logiciel de traduction sur un téléphone qu’ils vont à la rencontre des dealers d’ice dans la rue. Flairant la bonne affaire, le dealer fournit en plusieurs fois la quantité mais bien en deçà de ce que A.T. avait prévu d’acheter.

La jeune femme raconte être restée trois jours dans la chambre d’hôtel sans pouvoir se changer ni manger un repas chaud. C’est finalement le fournisseur d’ice mexicain qui lui fournira un taco pour se nourrir et finira par sermonner A.T. pour qu’il achète des vêtements neufs à ses comparses pour éviter de se faire remarquer à la frontière.

Lorsque le dealer demande de combien d’argent dispose A.T., ce dernier l’étale sur le lit, et quand une femme de ménage entre la chambre, le Mexicain empoche tout, pour le garder en sécurité dit-il. L’équipe n’en reverra pas la couleur.

Le conditionnement lui non plus n’est pas l’œuvre d’experts qui achètent des ballons de baudruche et du scotch.

Un système pas assez solide et c’est finalement deux boudins d’ice enroulés dans un sac plastique que Mademoiselle P. tente de s’introduire non sans mal dans le vagin puis dans le rectum.

A.T. devait en prendre la moitié, il prétexte une diarrhée pour éviter le risque. À l’aéroport, l’un des boudins fait souffrir Mademoiselle P. qui le jette finalement aux toilettes au moment où la police les fait appeler à l’enregistrement.

Il réussiront à passer cet obstacle mais pas celui des douanes françaises. Au final Mademoiselle P. écope de trois ans de prison dont deux avec sursis, son frère trois ans et A.T. qui était en récidive quatre ans. Les trois ont été conduits en prison à l’issue de l’audience.

 

Compte rendu d’audience F.C.

 

 

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