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L’appel à projets pour le pôle privé unique se fait désirer

jeudi 22 décembre 2016

clinique cardella

Alors que Cardella continue d’avancer sur son projet de transfert de clinique à Punaauia, Paofai attend avec impatience l’appel
à projets promis par le gouvernement pour le futur pôle de santé privé unique. (© Élénore Pelletier)


 

Suite à l’adoption du schéma d’organisation sanitaire en février, le gouvernement avait annoncé qu’il lancerait un appel à projets pour la création d’un pôle de santé privée unique sur le territoire. Or, dix mois plus tard, aucun appel à projets n’a vu le jour. En attendant, Cardella continue d’avancer sur son projet de transfert de clinique à Punaauia, comme si de rien n’était. Les médecins de la clinique Paofai, quant à eux, attendent avec impatience l’appel à projets pour pouvoir se positionner.

 

 

Les médecins de la clinique Paofai en ont ras-le-bol. En cause, l’inertie du gouvernement au sujet de la mise en place du pôle de santé privé unique annoncé en début d’année.

Adopté en février, le schéma d’organisation sanitaire (SOS) 2016-2021 préconisait la mise en place de ce pôle regroupant les compétences des trois cliniques de Tahiti : Mamao, Cardella et Paofai en un même lieu. 

Le gouvernement polynésien avait donc annoncé qu’il lancerait un appel à projets pour la mise en place de cette structure de grande envergure. Or, dix mois plus tard, aucun n’a encore vu le jour.

En attendant, Cardella continue d’avancer sur son projet de transfert de clinique à Punaauia, comme si de rien n’était, puisqu’une déclaration d’intention de commencement de travaux a été déposée il y a quelques jours avec un démarrage prévu au 19 décembre. Le défrichement du terrain devrait commencer prochainement. 

En juin, le plan de prévention des risques (PPR) de Punaauia a été modifié rendant constructible le terrain situé à l’arrière de la mairie, site du futur pôle de santé. Et le permis de construire de la future clinique a été délivré le 22 juillet.

La demande d’autorisation de transfert pour Cardella a été faite en 2014. À l’origine, il s’agissait d’un transfert pur, mais la clinique en a profité pour augmenter sa capacité d’accueil et passer de 97 lits (sa capacité actuelle) à 129 lits. Valide trois ans seulement, l’autorisation de transfert arrive à expiration le 10 janvier prochain.  Mais d’après le gouvernement, “elle pourrait demander une prorogation”.

Les médecins de Paofai s’interrogent. “En 2015, lorsque le SOS a été adopté, on a pensé naïvement que l’autorisation de transfert de la clinique Cardella allait devenir caduque, car si on parle de pôle de santé unique, on ne peut pas dans le même temps laisser faire le transfert d’une clinique. Si les jeux sont faits d’avance et que le gouvernement a déjà décidé que le futur pôle de santé privé sera à Punaauia, pas de problème, mais on aimerait bien savoir. Qu’on nous le dise, qu’on nous informe”, déclare l’un des médecins de la clinique Paofai.

D’autant plus qu’aujourd’hui, le projet de transfert semble s’être transformé en un projet de plus grande ampleur, puisque d’après le ministre de la Santé Patrick Howell, la clinique Cardella aurait fait, il n’y a pas longtemps, “une demande d’augmentation de lits pour passer à 170 lits”.  

Une capacité d’accueil presque doublée comparé au nombre de lits actuel… et qui semble se rapprocher de ce que l’on peut attendre d’un pôle de santé privé unique.

 

L’appel à projets lancé en 2017

 

Les médecins de la clinique Paofai, quant à eux, attendent avec impatience l’appel à projets promis par le gouvernement, pour pouvoir se positionner.

“De notre côté, on continue d’avancer sur notre projet de clinique. On essaie de monter un partenariat avec la Caisse de prévoyance sociale, mais elle attend, et à juste titre, que le gouvernement fasse son appel à projets. On ne sait pas ce que le gouvernement veut. Un pôle de santé avec un service ambulatoire ? Doit-on pouvoir y faire de la dialyse ? Ou essentiellement de l’hospitalisation complète ? Avec une capacité d’accueil de 150 lits, de 200 lits, plus ? Il ne faut pas croire qu’il suffit de diviser les chambres en deux pour augmenter la capacité d’accueil. Il y a des systèmes de tuyauterie, de logistique, d’air et de gaz à prendre en compte. Construire 120 lits, ce n’est pas du tout comme construire 200 lits. Qu’est-ce que le gouvernement souhaite faire comme santé privée aujourd’hui ? On n’en sait rien”, indique l’un des médecins de la clinique Paofai. 

De son côté, le Pays assure que l’appel à projets sera lancé en 2017, mais semble attendre que les deux cliniques trouvent un consensus.
“On aimerait que les deux cliniques se mettent ensemble, mais pour le moment, ça ne semble pas évoluer dans ce sens-là. Donc on va d’abord essayer de les convaincre, avant de prendre des décisions définitives. Pour nous, plus vite ça se fera, mieux on se portera, car nous avons besoin d’un pôle hospitalier sur la côte ouest”, dit Patrick Howell.

Ce qui sous-entend que le site de Punaauia sera de toute façon retenu pour accueillir le futur pôle de santé privé (appel à projets ou non)…

 

 

Élénore Pelletier

 

 

Paofai partisane pour qu’il y ait deux cliniques à Tahiti

clinique Paofai

(© archives LDT)

 

Les bâtiments actuels qui hébergent les deux cliniques sont vétustes et la construction de nouvelles structures semble aujourd’hui indispensable. Cardella a son projet à Punaauia et Paofai, le sien, en centre-ville.

“On a tout ce qu’il faut maintenant pour travailler dans de bonnes conditions, mais dans un bâtiment vétuste. On ne peut pas continuer à investir des dizaines de millions de francs, à fonds perdus, sachant que dans deux à trois ans, on va nous dire : “C’est fermé,  allez ailleurs !”, si le Pays décide que le futur pôle de santé sera à Punaauia”, expliquent les médecins de Paofai. 

Pour eux, “il y a de la place pour deux structures à Tahiti”. Si le Pays souhaite établir un pôle unique de santé privé, c’est pour créer une synergie, investir dans du matériel en commun et éviter les doublons logistiques et organisationnels.

“Mais ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il va y avoir une réduction des effectifs et donc plus de chômage. Est-ce que, dans la situation actuelle, on peut se permettre de mettre les gens au chômage ? On a tout intérêt à conserver la masse salariale et pourquoi pas deux cliniques, car les économies qui seront faites avec ce pôle de santé seront relativement marginales. Le coût de la santé libérale en Polynésie française doit tourner aux alentours de 7 milliards de francs, sur le budget global de la PSG (protection sociale généralisée, NDLR). Ce ne sont pas les cliniques qui coûtent le plus cher. Ce n’est pas rien, mais l’impact est mineur comparé au coût des évasans, de l’hôpital…”, disent les médecins de Paofai.

Pour eux, pas de réelles économies sur l’achat du matériel non plus, puisqu’utilisé par un plus grand nombre de patients, le matériel s’usera plus vite et il faudra donc le remplacer plus rapidement. Une économie à court terme donc, mais pas forcément à long terme.

Les médecins de Paofai aimeraient pouvoir discuter et trouver un terrain d’entente avec la clinique Cardella, mais il semble que celle-ci ne soit pas ouverte aux discussions. La Dépêche n’a pas pu joindre Yves Gendron, le directeur de la structure, ni Hugues Fadié, actionnaire de Cardella, actuellement en congés.

 

 

Le plan de prévention des risques (PPR) de Punaauia devant le tribunal administratif

 

En août, une administrée de Punaauia a déposé une plainte auprès du tribunal administratif à l’encontre de la modification du plan de prévention des risques (PPR) de la commune adoptée le 20 mai en conseil des ministres.

Elle y dénonce des illégalités de forme et de fond, attaquant notamment le fait que les modifications du PPR ont été, selon elle, “mises en place dans le seul dessein de satisfaire les intérêts privés de certains propriétaires et constructeurs”, alors que “l’unique but assigné à un PPR est la prévention des risques naturels afin d’assurer la protection des personnes et des biens”.

Elle dénonce également la création de zones “rouge clair”, correspondant “non pas à des zones présentant une différence géomorphologique scientifiquement attestée, mais exclusivement aux terrains des propriétaires ayant sollicité un assouplissement à la règle d’inconstructibilité en zone rouge”. Pour elle, “une telle révision à la demande du PPR pour permettre la réalisation de projets immobiliers est irréfléchie eu égard à la nature et à l’intensité du risque encouru”.

Sur le site de la future clinique Cardella, deux risques majeurs avaient été relevés justifiant sa présence en zone rouge : celui du cours d’eau qui passait en plein milieu du terrain, avec le problème d’inondation potentielle causée par la crue centenaire, et le risque d’éboulement et de glissement de terrain. Le problème du cours d’eau a été résolu en partie puisque celui-ci a été dévié dans le cadre de l’aménagement du rond-point.

Quant au risque d’éboulement et de glissement de terrain, il est toujours existant. Mais la révision du PPR permet justement de contourner le problème puisque la nouvelle “zone rouge clair”  rend désormais constructibles des terrains jusqu’à ce jour inconstructibles, moyennant le respect de prescriptions strictes et des travaux de sécurisation plus ou moins importants.

 

 

 

 

 

 

 

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