Larcher en route vers la présidence du Sénat après avoir terrassé Raffarin

mardi 30 septembre 2014

Déjà président du Sénat de 2008 à 2011, Gérard Larcher devrait à nouveau retrouver mercredi cette prestigieuse fonction après avoir terrassé mardi Jean-Pierre Raffarin lors de la primaire organisée au sein de l’UMP.
Le sénateur des Yvelines, qui avait déjà battu M. Raffarin en 2008, a fait encore mieux en recueillant 80 voix contre 56 pour l’ancien Premier ministre, qui était officieusement soutenu par Nicolas Sarkozy, et 7 voix pour le président de la commission des Finances, Philippe Marini.
Fort des 143 voix UMP assurées, alors que la majorité absolue à la Haute Assemblée est de 175, l’élection de M. Larcher mercredi au plateau, le surnom de la présidence du Sénat, ne fait aucun doute.
Avec les centristes, les sénateurs de droite sont en effet 190. La gauche (PS, PCF, écologistes, radicaux de gauche, divers gauche) compte 156 élus et le Front national 2.
Le président du Sénat est considéré comme le deuxième personnage de la République, dans la mesure où il assure l’intérim du chef de l’État en cas de vacance ou d’empêchement.
Certes, M. Larcher devra affronter plusieurs candidats en séance plénière: Didier Guillaume, président du groupe socialiste, François Zocchetto, président du groupe UDI-UC, Jean-Vincent Placé, président des écologistes, et Éliane Assassi, seule femme candidate, présidente du groupe communiste.
Mais « nous allons nous retrouver au deuxième tour demain (mercredi) avec les centristes », a assuré M. Larcher.
Face au gouvernement et à l’Assemblée dirigée par une majorité de gauche, M. Larcher a promis un Sénat « d’opposition constructive, mais qui doit se mettre en capacité de résister si on ne l’écoute pas ». 
Il a souligné que le Sénat serait exigeant sur la « réforme territoriale qui sera le grand débat de l’automne ». 
M. Larcher, qui a présidé le Sénat avant d’être battu en 2011 par le président sortant Jean-Pierre Bel (PS), qui a lui décidé de quitter la vie politique, est parti en campagne très tôt, annonçant sa candidature dès février.
 

« Volonté d’indépendance des sénateurs »

 
L’ampleur de la victoire de ce proche de François Fillon a surpris à l’UMP, où on juge que M. Raffarin, qui s’est éclipsé après l’élection sans faire de déclarations, a été desservi par ses prises de position en faveur M. Sarkozy pour la présidence de l’UMP.
« Il y a des faux-amis qui ne lui ont pas rendu service en le faisant apparaître comme proche de Nicolas Sarkozy. La victoire de Larcher, c’est celle d’une candidature de terrain », a estimé Bruno Retailleau, candidat à la présidence du groupe UMP comme Gérard Longuet et Roger Karoutchi.
« Le Sénat, c’est le Sénat. On choisit un candidat pour le plateau, pas le président de la République », a résumé M. Marini. Le soutien de M. Sarkozy, « c’était de l’intox que faisaient circuler des personnes qui n’ont pas rendu service à Jean-Pierre Raffarin », a-t-il jugé.
Cela montre « une volonté d’indépendance des sénateurs et de ne pas choisir tout de suite un candidat pour la présidentielle », a admis le sénateur du Maine-et-Loire Christophe Béchu, soutien de M. Raffarin.
« Le Sénat est une institution autonome. Et président du Sénat, c’est un Sénat autonome que je m’attacherai » à défendre, a résumé M. Larcher.
« C’est un coup dur pour Sarkozy », a estimé le sénateur socialiste Jean-Pierre Caffet (PS).
En début d’après-midi mardi, les deux nouveaux sénateurs FN, Stéphane Ravier et David Rachline, ont volé la vedette pendant quelques minutes à l’UMP en faisant une entrée très médiatisée au palais du Luxembourg. « Notre objectif est d’installer un certain nombre de débats qui n’existaient pas ici sur l’insécurité, l’immigration ou le laxisme de la justice », a promis M. Rachline, qui, à 26 ans, sera le benjamin de la Haute Assemblée.
Mercredi, l’élection par ses pairs du président du Sénat aura lieu en séance publique par un vote à bulletin secret. Si la majorité absolue des suffrages exprimés est nécessaire aux premier et deuxième tours, la majorité relative suffit en cas de troisième tour.

AFP

 

Le président du Sénat, deuxième personnage de la République

Le président du Sénat est généralement considéré comme le deuxième personnage de la République, dans la mesure où il assure, en vertu de l’article 7 de la Constitution, l’intérim du président de la République en cas de vacance ou d’empêchement.
C’est ce qui est arrivé à deux reprises à Alain Poher, qui assura l’intérim à l’Élysée après la démission du général de Gaulle (1969) et à la mort de Georges Pompidou (1974).
Dans ce cas de figure, le président de la République par intérim dispose de toutes les prérogatives du chef de l’État sauf le recours au référendum et le droit de dissolution.
Au plan protocolaire, le président du Sénat – qui reçoit des chefs d’État ou de gouvernement en visite en France – est placé au troisième rang après le président de la République et le Premier ministre, mais avant le président de l’Assemblée nationale, comme le stipule le décret du 13 septembre 1989 relatif aux cérémonies publiques, préséances, honneurs civils et militaires.
Il dispose d’un important pouvoir de nominations. Comme son homologue de l’Assemblée nationale, le président du Sénat nomme trois des neuf membres du Conseil constitutionnel et un du Conseil supérieur de la magistrature (CSM).
Il désigne également des membres de divers organismes ou autorités importants.
En outre, le président de la Haute assemblée doit être obligatoirement consulté par le chef de l’État avant toute dissolution de l’Assemblée nationale ou s’il veut recourir aux pleins pouvoirs. Il peut saisir le Conseil constitutionnel si les textes votés ne lui paraissent pas conformes. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, il peut également saisir le Conseil d’État sur une proposition de loi (texte d’initiative parlementaire). Avant cette révision, le Conseil d’État ne donnait son avis que sur les projets de loi, présentés par le gouvernement.
Au Palais du Luxembourg, il préside la séance plénière et les séances les plus importantes (questions au gouvernement, vote des budgets) et peut peser sur la procédure législative (demande de vote sans débat, renvoi de textes en commission, etc.). Il préside le Bureau du Sénat et la Conférence des présidents (qui regroupe notamment les présidents de groupe et de commissions) chargée de l’organisation du travail législatif.

AFP

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