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L’Asie renforce ses liens face au rejet croissant de la mondialisation

lundi 21 novembre 2016

Les responsables des 21 économies de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) ont posé hier pour une photo de famille. (Photo : STR / Apec Peru 2016 / AFP)

Les responsables des 21 économies de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) ont posé hier pour une photo de famille. (Photo : STR / Apec Peru 2016 / AFP)

 

Les dirigeants de la zone Asie-Pacifique devaient réaffirmer hier à Lima leur ferme volonté d’intensifier leurs échanges commerciaux, à rebours de la croisade protectionniste annoncée par le futur président des États-Unis Donald Trump.
Les responsables des 21 économies de l’Organisation de coopération économique Asie-Pacifique (Apec) se sont réunis à huis clos dans la matinée avec la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, pour évoquer les défis de l’économie mondiale.

Ils ont ensuite posé pour une photo de famille, arborant sur l’épaule droite des étoles couleur tabac en laine de vigogne, un mammifère des Andes très prisé pour la finesse de son lainage.
L’Apec devait adopter une déclaration finale réaffirmant la volonté des pays des deux rives du Pacifique à poursuivre leur intégration économique en levant les barrières commerciales.

Les dirigeants de l’Apec devaient prendre l’engagement de “conserver (nos) marchés ouverts et de lutter contre toute forme de protectionnisme”, de ne pas dévaluer leurs monnaies respectives “à des fins compétitives” et d’œuvrer activement à la création à long terme d’une Zone de libre-échange Asie-Pacifique totalement intégrée, selon le projet de déclaration finale.

Les pays de la zone Asie Pacifique – ceux qui ont le plus bénéficié de la mondialisation – représentent 60 % du commerce planétaire et 40 % de sa population. Le retour au protectionnisme n’aurait selon eux pour effet que de réduire les échanges commerciaux et de “ralentir les progrès dans la récupération de l’économie internationale”.

 

“Moment charnière”

 

Inquiets de “l’opposition croissante à la mondialisation” aux États-Unis et en Europe et de “l’émergence de tendances protectionnistes”, ils devraient néanmoins insister sur la nécessité d’une “plus juste répartition des bénéfices” de la mondialisation entre “toutes les couches des sociétés”.

Ces positions vont à rebrousse-poil des engagements de campagne de Donald Trump, promettant un vigoureux tour de vis protectionniste censé protéger les emplois industriels contre la concurrence à bas coût de pays comme la Chine ou le Mexique.
Beau joueur, Barack Obama avait exhorté samedi dernier la communauté internationale à “laisser une chance” à son successeur, en relevant qu’“on ne gouverne pas toujours comme on a fait campagne”.

Lors de son dernier entretien bilatéral avec Barack Obama, le président chinois Xi Jinping a toutefois averti qu’après l’élection de Donald Trump, la relation entre Pékin et Washington affrontait “un moment charnière”. “J’espère que les deux parties vont travailler ensemble pour se concentrer sur la coopération, gérer nos différences et faire en sorte que la transition se passe en douceur et que la relation continuera de se développer.”
Xi Jinping a affiché à Lima l’ambition chinoise d’assumer le leadership unique des négociations de libre-échange dans la région Asie-Pacifique, pour combler le vide laissé par le probable futur abandon de l’accord de libre-échange TPP promu par Washington.

“Nous n’allons pas fermer la porte au monde extérieur mais l’ouvrir encore plus largement”, a-t-il lancé, plaidant pour une “Zone de libre-échange de l’Asie-Pacifique” comme “initiative stratégique vitale pour la prospérité à long terme de la région”.
Pendant sa campagne, Donald Trump avait attaqué avec virulence le Partenariat transpacifique (TPP) signé en 2015 entre 12 pays de la région. Mais cet accord, qui laissait la Chine sur la touche, nécessite pour entrer en vigueur l’approbation fort improbable du Congrès américain dominé par les Républicains.

La Chine s’est engouffrée dans la brèche pour relancer à Lima son initiative alternative de Partenariat économique intégral (RCEP), un projet d’accord de libre-échange entre l’Asean (Association des nations du sud-est asiatique), l’Australie, la Chine et l’Inde notamment… mais sans les États-Unis. 

 

AFP

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