L’association 193 veut un référendum sur le nucléaire

    mercredi 26 août 2015

    “Nous ne sommes pas naïfs, nous voudrions au moins que le débat ait lieu.” À l’approche du 50e anniversaire du premier tir nucléaire français aux Tuamotu, l’association 193, partenaire de Moruroa e tatou qui lutte depuis des décennies pour la reconnaissance des victimes des essais, aimerait que les élus de Tarahoi consultent les Polynésiens sur cette page importante de leur histoire.
    “Le référendum serait une manière de donner du poids à nos élus pour qu’enfin on nous entende”, a expliqué hier le père Auguste Uebe-Carlson, le président de l’association 193, au cours d’une conférence de presse.
    La question qui serait posée aux électeurs, “idéalement avant le 2 juillet 2016”, n’est pas encore définie, mais tous les représentants politiques de l’assemblée – de l’UPLD au Tahoeraa – ont d’ores et déjà été rencontrés. “Le statut d’autonomie permet l’organisation d’un référendum local au travers des compétences du Pays que sont l’environnement, la santé et l’éducation, a rappelé le père Auguste. C’est donc sur ces trois points que nous avons demandé à nos élus de réfléchir pour, à un moment donné, les ramener à une question simple à poser à toutes nos populations.”
    Ce n’est pas une mince affaire. Car hormis le coût considérable que représenterait une telle consultation populaire si elle venait à voir le jour, le statut de 2004 est très clair : un référendum local ne peut porter que sur un projet ou une proposition de loi du Pays, ou sur un projet ou une proposition de délibération “tendant à régler une affaire de sa compétence.” Comment, dès lors, solliciter l’avis du peuple sur une question sanitaire ou environnementale liée aux essais nucléaires, qui relèvent du pouvoir régalien de l’État ?

    Un sujet encore tabu ?

    “Plusieurs questions nous ont déjà été proposées par différents partis autonomistes !”, a assuré le père Auguste, optimiste. “On a été agréablement surpris de constater que cette idée de référendum était présente dans tous les esprits, sans qu’elle soit explicite”, a-t-il ajouté. “Lorsqu’on a débattu avec ces représentants, on en est tous arrivé à cette conclusion : nos populations ont été oubliées. On parle en leur nom, mais à aucun moment on ne leur demande leur avis.”
    L’association 193, consciente qu’un référendum ne serait pas exempt de récupération politique, espère “élever un peu le débat” en saisissant tous les Polynésiens du problème. “Ces essais nucléaires ont des conséquences graves sur la santé. La maladie ne concerne pas un parti plus qu’un autre”, a rappelé le père Auguste, qui souhaiterait désormais rencontrer le président Fritch, encouragé en cela par le fait que les membres du Tapura ont été “les plus nombreux à être venus à notre rencontre”. Quant à l’État, il n’a pour l’heure pas été sollicité. “C’est un référendum local, au niveau de la Polynésie française”, a répété le père Auguste, regrettant la sortie du haut-commissariat qui avait qualifié l’année dernière de “geste inamical” une résolution de Tarahoi portant sur les conséquences environnementales des essais nucléaires. “Nous aimons et nous sommes nés dans ce pays, nous allons y mourir, nos enfants vont y naître et y grandir… Pour nous, ce qui serait inamical, ce serait de ne pas en parler”, a-t-il statué.
    Réunissant 550 membres, l’association 193, créée il y a pile un an, en majorité par des prêtres, des diacres et des fidèles de l’Église catholique, peine à donner de la voix au combat de Moruroa e tatou : “Le premier frein, c’est que cette question du nucléaire est trop liée à l’idée de l’indépendance”, a regretté hier le père Auguste.
    Un autre obstacle serait la peur de l’État, au moment où “notre Pays trouve difficilement des chemins économiques”. Troisièmement : le silence de l’Église catholique. “On n’a pas le droit de parler en son nom, a-t-il souligné. Ce n’est pas anodin que l’on soit chez les protestants pour cette conférence de presse…”
    Quatrième frein : la culpabilité. “Beaucoup de nos familles ont travaillé, ont construit leur vie avec Moruroa. Elles n’osent pas se lever parce qu’elles ont participé directement aux essais nucléaires.” Un référendum pourrait donc tout autant faire chou blanc que servir d’exutoire. À condition qu’il ait lieu.

    Marie Guitton

    Mana 2015-08-27 07:13:00
    TOURNEZ LA PAAAAAAGE....PASSEZ A AUTRE CHOSE. Le temps perdu a pleurer ne changera pas votre futur...bougez vous le cul et arretez de demander aux autres de l aide...accomplissez quelque chose...pleurer tjrs pleurer....
    Oti 2015-08-27 06:32:00
    Cette association de catho veut surtout du pognon comme tous ceux qui se prétendent victime du nucléaire...
    La reconnaissance qu'ils attendent de la France n'est que le préambule à des demandes d'argent, c'est tout...
    MOOREA56 2015-08-26 19:27:00
    Faire une grosse bringue à MURU pour le 50 ème . Voilà qui regrouperait tout le monde. Je suggère le P.E.A de DENISE pour féter l'événement avec " LA MOSELLE " comme hôtel,se serait le bon temps.
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