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L’association qui fait danser les petites Anglaises

lundi 4 septembre 2017

ori london

Jeanne Thomasset suit un master en publicité et Hinatea Fontenot travaille pour les transports publics de la capitale anglaise. (© DR)

À Bordeaux, Paris ou Londres, le scénario se reproduit année après année. Pas toujours intéressés par la danse et plus généralement par la culture polynésienne lorsqu’ils vivent ici, les étudiants du fenua prennent souvent conscience de leur attachement aux aparima et autres otea une fois loin de leurs terres.

C’est le cas de Jeanne Thomasset, 27 ans, qui termine actuellement son master en publicité et relations publiques à Londres.

Née de parents métropolitains, elle est arrivée à 5 ans à Nuku Hiva et a ensuite grandi sur l’île Sacrée, où a toujours vécu Hinatea Fontenot.

Cette dernière, enfant des Raromatai, est désormais employée par la compagnie des transports en commun de la capitale anglaise.

Installée durablement à Londres, Jeanne Thomasset a le blues du pays et cherche à renouer avec le fenua au travers de la danse. “Quand on voyage à l’étranger pour une courte durée, un an ou deux, on cherche avant tout à vivre avec les locaux. Mais quand c’est pour du long terme, comme Hinatea et moi, avoir quelques heures par semaine avec des gens qui partagent sa culture, cela permet de garder ses racines. C’est quelque chose de commun aux expatriés, je pense”, explique-t-elle.

Mais au pays de la pop, les cours de ori Tahiti ne sont pas légion. Les réseaux sociaux lui permettent de faire une trouvaille illustrant à merveille la maxime “Le monde est petit.”

“Hinatea a monté un club de danse et moi j’en cherchais un sur Londres. Je l’ai trouvé sur Facebook. Elle était la seule à proposer cela. En communiquant, nous nous sommes rendu compte que nous étions de la même génération et ensemble au lycée des îles Sous-le-Vent, à Raiatea. Nous deux, c’est une histoire un peu drôle”, relate Jeanne. “C’est elle, la pro de danse, celle qui donne les cours”, confirme-t-elle. “Moi, compte tenu de mes études en communication, je m’occupe de l’organisation et de nous faire connaître.”

Un club de danse a donc été monté, il y a cinq mois, et le concept séduit déjà les Anglaises.

“Ce qui est plus compliqué ici, c’est de montrer la dimension culturelle de la danse. Ici, les gens ont les clichés de Hawaii, du soutien-gorge en noix de coco. Ils font un mix de tout. Nous leur rappelons que c’est par la danse qu’ils exprimaient leur culture. Il n’y avait pas d’écrits. Ils découvrent que c’est plus sérieux que ce qu’ils imaginaient”, précise-t-elle.

Dans une ville où le métissage est roi, les Londoniens sont curieux et friands de nouveauté.  “Ils sont clairement dans le partage de culture, et il n’y pas plus éloignée que la Polynésie. En termes de météo, c’est l’opposé aussi. Cela fait rêver les gens. C’est un voyage sans avoir à payer 2 000 £ (260 000 F, NDLR).”

Mais le duo ne compte pas s’arrêter là et met en place actuellement une association.

“Il y a ici des personnes qui viennent de Polynésie, des popa’a comme moi qui ont vécu toute leur vie là-bas, ou des Polynésiens. Et nous voudrions monter cette association pour pouvoir partager autre chose que la danse. Les garçons ne sont, par exemple, pas toujours portés sur la danse, donc nous aimerions nous ouvrir sur d’autres activités, comme des sorties entre nous, ou faire de la cuisine. Londres est très cosmopolite, si on veut y trouver du uru ou du taro, c’est possible”, souligne Jeanne.

Du taro, du ori Tahiti, Big Ben et la reine Elizabeth II sont désormais prêts à se mettre à l’heure de Tahiti. 

 

F.C.

 

• Plus d’info

Si vous êtes à Londres ou souhaitez obtenir plus d’informations sur le club de danse ou l’association, il existe deux pages Facebook :
Ori London
French Polynesia London Community

 

 

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