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L’association Huma mero reconnue d’intérêt général

mardi 27 décembre 2016

association huma mero

Handicap : et on fait quoi maintenant ? (© Archives LDT)


L’association Huma mero vient d’être reconnue d’intérêt général. Celle-ci œuvre pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées. Selon sa présidente, cette reconnaissance devrait faciliter les dons, notamment des entreprises.

Un beau cadeau. Après de longs mois d’attente, l’association Huma mero, fondée en 1984 et qui a pour but principal “l’insertion sociale et professionnelle de toute personne atteinte d’un handicap physique ou associé”, a été reconnue d’intérêt général (lire ci-contre) dans le Journal officiel de la Polynésie française de vendredi dernier.

Henriette Kamia, la présidente de l’association, surprise de cette seconde bonne nouvelle de Noël (lire interview), en a profité pour confier à La Dépêche de Tahiti ses impressions et les projets des associations de handicapés du fenua, à l’aube de 2017.

L’intérêt de devenir association d’intérêt général “est de permettre aux entreprises de s’exonérer sur chaque don financier qu’elles nous font”, précise Henriette Kamia.
“Notre budget (non communiqué, NDLR) nous permet de payer nos salariés et de financer nos structures, mais l’association apporte aussi des fonds propres. Nous sommes très bien subventionnés pour le fonctionnement mais souvent, l’association prend en charge les imprévus”, confie-t-elle.
Le fait de passer en “intérêt général” donne de la crédibilité à l’association, ce qui devrait faciliter les dons, notamment des entreprises. D’autant plus que ces dernières, de par la loi, ont obligation d’employer un certain quota de personnes handicapées.
Mais jouent-elles le jeu ? “C’est quand même dur pour certains”, avoue Henriette Kamia. “Cette obligation de 4 % de la masse salariale (soit un travailleur handicapé pour 25 employés valides, NDLR) consacrée aux travailleurs handicapés est valable pour tout le monde, mais les entreprises peuvent s’en exonérer si elles sous-traitent avec des entreprises adaptées. Malheureusement, il n’y en a qu’une (lire ci-dessous), il en faudrait bien plus.”

 

Trop peu de travailleurs handicapés

 

Aujourd’hui, 8 977 personnes sont reconnues handicapées en Polynésie française, dont 2 485 en tant que travailleurs handicapés en milieu ordinaire. Seules 286 personnes handicapées effectuent un stage ou un Contrat travailleur handicapé, aidé financièrement par le Sefi, 378 autres sont considérées comme cherchant activement un emploi (lire ci-dessous). Des chiffres qui appellent à un mieux.

“Nous mettons en place une commission pour l’insertion professionnelle avec le Medef, la CGPME (confédération générale des petites et moyennes entreprises, NDLR), les salariés et le Sefi (service de l’emploi, de la formation et de l’insertion professionnelles, NDLR), afin de bien connaître les besoins des entreprises pour, ensuite, monter des stages appropriés avec le Sefi, pour être plus facilement embauchés par ces entreprises”, explique Henriette Kamia. “Ce n’est pas en obligeant les entreprises qu’on fera avancer les choses, on préfère discuter et négocier ensemble.”
Espérons que la lumière de l’espoir viendra se pencher sur le berceau de Huma mero.

 

huma mero

(Photo : archives LDT)


Henriette Kamia – Présidente de l’association Huma mero
“Avoir un travail permet d’avoir un logement, c’est la première porte ouverte vers la liberté”

La reconnaissance de l’association Huma mero comme d’intérêt général vous remplit-elle de joie ?
Oui, tout à fait. Depuis le temps… Les associations Te niu o te huma et handisports dont je suis présidente l’étaient déjà, il était temps de le faire pour Huma mero. On existe depuis 1987/88, on a toujours fait ce qu’il fallait pour une association à but non lucratif, d’intérêt général de fait. Et aujourd’hui, pour nos conventions de subventions, on nous demande de l’être.

Est-ce une longue démarche ?
Oui, le dossier a été monté il y a un an environ et a été déposé en février-mars. C’est vous qui m’annoncez la bonne nouvelle. C’est un second beau cadeau de Noël. Vendredi dernier, nous avons eu la chance de recevoir un beau chèque de 836 000 F du Tahiti poker tour. Merci à tous.

Un travail est-il l’une des solutions pour surmonter son handicap ?
Je dis oui. Cela nous permet d’être autonomes, de pouvoir vivre comme tout le monde. Avoir un travail permet d’avoir un logement, c’est la première porte ouverte vers la liberté. J’ai toujours travaillé, je me suis toujours sentie autonome, je ne me sentais pas assistée, je ne devais rien à personne. Maintenant, je vis bien avec ma retraite, c’est mieux que de petites indemnités pour les handicapés.

Propos recueillis par C.C.

 

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Christophe Cozette

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