L’association Te Ora Hau veut faire du bruit contre les nuisances sonores

    mercredi 13 juillet 2016

    L’association Te ora hau, qui lutte contre les nuisances sonores, a décidé de renforcer son lobbying auprès des autorités pour obtenir “des textes plus durs et plus applicables”. (Photo : archives LDT)

    L’association Te ora hau, qui lutte contre les nuisances sonores, a décidé de renforcer son lobbying auprès des autorités pour obtenir “des textes plus durs et plus applicables”. (Photo : archives LDT)


    Le gouvernement serait sourd à ses appels

     

    L’association Te Ora Hau, qui lutte depuis 1999 contre les nuisances sonores, a décidé de hausser le ton.

    Certes, deux articles réprimant le bruit ont été insérés en février dans le Code de l’environnement, mais ils n’ajoutent pas grand-chose, dans le fond, aux dispositions déjà existantes du Code pénal (lire ci-dessous).

    Quant à l’idée de modifier le Code de la route pour interdire l’installation de grosses sonorisations dans les voitures, évoquée par le conseil de prévention de la délinquance au début de l’année, elle semble avoir été remisée au placard…

    “On a le sentiment, aujourd’hui, de taper contre des murs”, souffle donc Roland Garrigou, son nouveau président.

    “À la direction des transports terrestres, on passerait presque pour les emmerdeurs. On nous répond qu’on n’a pas le temps de nous voir, on nous demande de penser aux gens qui ont la passion de ce genre de musique…”

    Pour “essayer de casser ce fatalisme du bruit tous azimuts”, Te Ora Hau souhaite donc “changer de stratégie” : faire du lobbying poussif auprès des autorités du Pays qui voudront bien l’entendre.

    À défaut d’avoir l’oreille d’Édouard Fritch, l’association, qui a déjà été reçue par le Conseil économique, social et culturel (CESC), des représentants de l’assemblée, le procureur ou la gendarmerie, demandera bientôt une entrevue au nouveau haut-commissaire.

     

    “Judiciariser un maximum”

     

    Sa revendication : “Des textes plus clairs, plus durs, plus applicables”, explique Roland Garrigou, en prônant encore et toujours la “tolérance zéro” contre les voitures boum-boum.

    “Aujourd’hui, la loi dit qu’il faut les prendre en flagrant délit, mais les gendarmes sont visibles de loin…”, observe-t-il. “Donc quand la loi n’est pas bonne, il ne faut pas avoir peur de la changer. Notre position est très claire : il faut interdire l’installation de ce genre de matériel dans les voitures individuelles.”

    Plus largement, les moteurs trafiqués, les bars musicaux ou encore les bringues privées sont mis en cause.

    “On a tous été des bringueurs mais les gens ne comprennent pas qu’il ne faut pas imposer son concert à celui qui a décidé de ne pas y aller”, remarque Roland Garrigou. Il précise qu’il n’est pas contre le bruit en soi. Lui-même est manager de la troupe de danse Tahiti Ora.

    “Mais je loue un endroit fermé pour les répétitions, donc on ne gêne personne”, fait-il remarquer, en invitant ses confrères à faire de même.

    “C’est aussi la responsabilité du Pays”, ajoute-t-il. “On ne peut pas demander d’avoir les meilleurs danseurs au monde et ne rien faire pour aider les troupes à trouver des endroits fermés…”

     

    Résultat, “le 17 (la police ou la gendarmerie, NDLR) explose tous les week-ends”, assure-t-il, en demandant aux maires d’exercer “leurs responsabilités”. “Les policiers municipaux peuvent dresser des PV dans la journée”, rappelle le président de Te Ora Hau. “Il faut que tout le monde soit sur le pont !”

    À Moorea, une récente “descente à Tamae” aurait par exemple permis d’améliorer la situation. À Papeete, le chef des muto’i a récemment annoncé une augmentation des patrouilles en soirée. “Mais le problème, c’est l’application de la loi”, répète Roland Garrigou, en soulignant que le bruit diminue souvent d’un cran à l’approche des policiers.

    De janvier à mai, la police municipale de la capitale a tout de même constaté 56 tapages nocturnes et 32 tapages diurnes. L’association Te Ora Hau, qui peut se porter partie civile avec les victimes, compte judiciariser un maximum ce type d’affaires.

    M.G.

    “On a tous été des bringueurs, mais […] il ne faut pas imposer son concert à celui qui a décidé  de ne pas y aller”, remarque Roland Garrigou, le président de l’association Te Ora Hau. (Photo : archives LDT)

    “On a tous été des bringueurs, mais […] il ne faut pas imposer son concert à celui qui a décidé de ne pas y aller”, remarque Roland Garrigou, le président de l’association Te Ora Hau. (Photo : archives LDT)

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