L’atelier de Noël : la deuxième vie des jouets cassés

vendredi 19 décembre 2014

Des centaines de jouets soigneusement emballés. Des petites mains qui s’affairent. De la bonne humeur et beaucoup de solidarité. Bienvenue à l’atelier de Noël où les jouets cassés se voient offrir une deuxième vie sous les doigts devenus experts de bénévoles « accidentés de la vie ».
Initié par le Secours Populaire et une association spécialisée dans le recyclage, l’atelier « Renov’ Jouets » ne se trouve pas au milieu d’une forêt de beaux sapins verts en Laponie mais au bord d’une zone industrielle à Privas dans un hangar à la façade grisâtre.  
Chaque vendredi depuis septembre, une petite équipe s’y retrouve. Quatre femmes et un homme encadrés par des associatifs. Des bénéficiaires du RSA (revenu de solidarité active), éloignés de l’emploi depuis trop longtemps et qui vivent parfois des situations que l’on dit pudiquement « compliquées ».
« Ce sont des personnes qui n’ont pas travaillé depuis longtemps. Venir à l’atelier permet d’échanger avec d’autres, de rompre un isolement », note Nathalie Malet-Torres, de la ressourcerie Trimaran qui s’est associée au Secours Populaire pour monter ce projet d’atelier dont l’ambition – en limitant les déchets – se veut aussi environnementale.
« Les gens donnent des jouets pour des familles défavorisées. On se retrouve avec de très, très gros stocks de jouets dont certains sont en bon état. Mais pour d’autres, il faut les rénover, les restaurer, les nettoyer pour les mettre à disposition des enfants », explique Claude Esclaine, secrétaire général du Secours Populaire en Ardèche.
« Avec deux jouets détériorés, on en fait un neuf », ajoute-t-il. Emballés sous un fin film plastique, ils « sont toujours propres pour que l’achat ne soit pas dégradant ». Et si les bénévoles et associatifs s’étonnent parfois du nombre de jouets jetés par les particuliers, ces dons et la restauration qui les accompagne « permettent à des enfants qui n’auraient pas de Noël d’en avoir un, comme tous les enfants », relève M. Esclaine.

« Restaurer l’estime de soi »
 
A Privas, entre 2 000 et 2 500 jouets seront ainsi distribués à des enfants : 150 familles bénéficieront du Noël du Secours Populaire et une vente aux particuliers sera organisée en ville, samedi.
« Localement et nationalement, on constate qu’il y a une augmentation des sollicitations envers les associations. Ça traduit une situation sociale dégradée », déplore le patron du Secours populaire ardéchois.
A quelques jours des fêtes, l’ambiance chaleureuse mais studieuse parmi les petites mains du Père Noël compense un chauffage un peu capricieux. Entre pause cigarettes, petit café et réparation appliquée de poupées, peluches, petites voitures ou jeux de société…
« Ça occupe, ça fait sortir de chez soi », souffle Souela. Pour cette mère célibataire qui ne souhaite pas donner son âge, réparer des jouets est une activité « positive ». « Ça nous fait des contacts et apprendre des choses », ajoute-t-elle.  
Le visage penché sur des cartes, Béatrice, 43 ans, abonde : voilà quinze ans qu’elle s’occupe de ses trois enfants, qu’aujourd’hui elle élève seule, et vivre avec le RSA, « ce n’est pas simple ». L’atelier lui a redonné « confiance ».
« L’objectif est de reprendre pied et de reprendre goût à faire partie intégrante de la société. (…) D’avoir une activité utile. Se faire plaisir pour faire plaisir », avance Nathalie Malet-Torres. La rénovation de ces jouets « permet de restaurer l’estime de soi », complète Claude Esclaine. 
Le projet que le Secours Populaire et Trimaran veulent prolonger toute l’année semble porter ses premiers fruits. Deux personnes ont mis en place une recherche active d’emploi. 

AFP

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