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Laura Laune : “Même si je parle de trucs perso, je m’en fous”

jeudi 13 juin 2019

Laura Laune présente son spectacle Le diable est une gentille petite fille, vendredi et samedi. Deux soirées de spectacle qui sont à guichet fermé. (© DR)

Laura Laune présente son spectacle Le diable est une gentille petite fille, vendredi et samedi. Deux soirées de spectacle qui sont à guichet fermé. (© DR)


Du théâtre à l’humour en passant par la musique, Laura Laune ne s’arrête jamais. Elle est même venue jusqu’à Tahiti pour son spectacle Le diable est une gentille petite fille. Malheureusement pour vous, la billetterie est fermée puisque ses deux soirées de spectacle sont complètes depuis la semaine dernière. Mais bonne nouvelle, elle s’est confiée à La Dépêche. Alors à vos marques, prêts, lisez !

 

Quand avez-vous commencé à “faire de l’humour” ?

L’humour est venu tardivement, il y a seulement 4 ou 5 ans. J’ai toujours pensé que je n’étais pas faite pour ça, car dans la vie, je suis très réservée et timide. Je faisais du théâtre avec une troupe à coté de mes études. Quand j’ai commencé à monter sur scène pour faire du théâtre, j’arrivais à jouer des comédies qui faisaient rire les gens, mais cela me frustrait qu’ils rient pour quelque chose que je n’ai pas écrit. Ce n’était pas vraiment moi qui les faisais rire au bout du compte.

 

Pourquoi ne pas avoir étudié les arts de la scène ?

Mes parents m’ont tellement dissuadée de le faire, de façon bienveillante bien sûr, car ils avaient peur pour moi. Ils m’ont donc incitée à faire des études et du théâtre amateur en parallèle.

J’avais 18 ans donc je me suis dit pourquoi pas. Ça m’a intéressé mais pas autant que le théâtre. C’est vraiment une passion.

 

Vous avez donc choisi la scène humoristique ?

Oui j’ai commencé à écrire des petits sketchs, juste pour voir ce que ça donnerait. Mais mettre le pied dans le milieu c’est très dur lorsqu’on débute, alors j’ai décidé seule de monter sur scène. Au début on n’a pas besoin de beaucoup de moyens. C’est là que le goût pour l’humour m’est venu ; à force de voir que mes blagues faisaient rire. C’est devenu une passion pour moi, en plus du théâtre.

 

Comment votre carrière s’est-elle lancée ?

Au début je faisais beaucoup de concours jeunes talents et des festivals dans chaque région de France, auxquels on peut s’inscrire facilement lorsqu’on n’est pas connu. Par exemple Les Vendanges de l’humour, Dinard Comedy Festival, le Festival National des Humoristes à Tournon…

Ces festivals sont pleins de jeunes humoristes comme moi, qui débutent. C’est chouette car ça permet de se confronter à des professionnels présents à ces évènements. On peut se faire connaître comme ça.

Ensuite j’ai commencé à avoir des propositions de théâtres pour venir jouer. Petit à petit je me suis crée un petit réseau, et j’ai rencontré Jeremy (Ferrari, lui aussi humoriste, ndr.), mon producteur, dans un de ces festivals. Ça a vraiment été un tournant dans ma carrière.

Avoir une production ça change tout. On peut se produire à Paris, avoir des moyens pour faire toute la logistique, les transports, les affiches…

 

Paris était donc un but pour vous ?

En fait, comme tout s’y passe, on veut tous aller là-bas. Moi j’ai d’abord commencé en Belgique mais ça ne marchait pas trop. Les gens ne sortaient pas pour aller voir des humoristes inconnus. J’ai vraiment compris qu’il y avait énormément d’opportunités à Paris pour débuter. On y trouve aussi beaucoup de scènes ouvertes contrairement à Bruxelles, dans lesquelles on peut s’inscrire le jour même pour passer le soir. On était alors 15 humoristes programmés pour cinq minutes chacun.

Le public sait qu’il vient voir des débutants dans le milieu. Ça m’a permis d’acquérir une première expérience, d’être un peu connue. Bruxelles bouge mais pas autant…

 

Comment avez-vous écrit vos sketchs, vos blagues ?

J’écris beaucoup chez moi sur mon ordi, ce qui me permet de tout retenir directement. Je teste ensuite sur scène. C’est là que l’on voit si ça passe ou si ça casse, car les amis ce n’est pas la meilleure solution. Ils ne sont pas neutres. Puis parfois untel va rire et l’autre non. Alors que sur scène, on a un retour direct du public, en qui on peut avoir le plus confiance. C’est la seule chose qui marche pour moi : j’écris pleins de choses et je teste. Souvent on enlève les trois/ quarts de ce que l’on écrit, mais c’est le jeu, ça permet d’évoluer.

Aujourd’hui mes amis me disent qu’ils ne savaient pas que j’étais drôle. Même ma famille est surprise de voir que je fais cet humour là.

 

Vous ne vous êtes inspirée de personne ?

Comme je n’étais pas une fan d’humour quand j’étais jeune, je n’avais pas d’humoriste fétiche. Moi j’aimais surtout la musique. C’est seulement en commençant à jouer que je m’y suis intéressée.

 

Vous ne semblez pas avoir de limites ?

Pas du tout, aucunes limites. Même si je parle de trucs perso je m’en fous. Je sais bien que la personne va se reconnaitre, mais le public n’en sait rien. Puis il connait rarement le vrai du faux. Souvent, on me demande si je suis vraiment belge, si j’ai vraiment été prof. C’est chouette, ça permet d’entretenir une forme de mystère.

 

Mais ce n’est pas trop dur de répéter le même spectacle pour une tournée ?

Pas tant que ça, car le public est différent tous les soirs. En fonction des régions il ne va pas réagir de la même manière : une blague peut marcher à Lyon mais pas à Bordeaux.

Les salles changent aussi. Parfois je suis dans une salle avec 2 500 places, et le lendemain 300 places. Il y a un renouveau sans cesse, la routine n’a pas le temps de venir.

 

Vous avez un humour très noir et cash. Ça vous a déjà posé des problèmes ?

Oui, par exemple des salles m’ont déjà été refusées, surtout au début. Certains programmateurs m’expliquaient qu’ils adoraient mon humour mais qu’ils ne pouvaient pas me programmer, car le public ne comprendrait pas. C’est énervant et c’est prendre le public pour des cons. Mais aujourd’hui comme ça marche, on me programme plus, parce que le public me suit. Les programmateurs savent qu’il y aura du monde, ça les rassure.

 

Vous avez aussi reçu des critiques et insultes. Comment réagissez-vous?

Ça a d’abord été très dur. Comme je fais de l’humour noir, je suis beaucoup dans le second degré. Les gens ne me comprenaient pas toujours, ils me prenaient pour une raciste, ce qui m’a particulièrement blessé. Au contraire si je fais cet humour, c’est que je me sens touchée par cette cause. Il y a derrière une envie de dénoncer des choses. Puis petit à petit, j’ai compris qu’il ne fallait pas que je cherche à me justifier.

Dans ce métier tout le monde ne nous aime pas, ce qui est une bonne chose au final. On ne peut pas avoir l’approbation de tout le monde, car soit on aime, soit on déteste. Je me dis que c’est sans doute parce que je fais quelque chose d’original.

 

Ça ne vous a pas découragé?

On m’a souvent dit que mon humour n’était pas fédérateur, que je ne remplirais jamais les grandes salles. Je ne l’ai pas bien vécu. Mais finalement j’ai gagné l’émission un Incroyable Talent grâce aux votes du public. Ça montre que les gens aiment cet humour là, car c’est leur au quotidien. Souvent, ils me disent à la fin du spectacle que ça leur fait du bien de voir quelqu’un sur scène avec cet humour. Ça me pousse à continuer sans me reposer sur mes acquis.

 

Pourquoi venir faire un spectacle à Tahiti, aussi loin ?

J’ai reçu beaucoup de demandes via mes réseaux sociaux, que je gère moi même. Les gens me demandaient quand est ce que je venais sur l’île. J’étais surprise de voir que des personnes me connaissaient à Tahiti. On en a alors parlé avec ma production, et on s’est dit que ça pourrait être chouette, pour une première expérience sur les COM. C’était effectivement une bonne idée puisque les deux dates affichent complet.

 

Propos recueillis par Mona Delahais

 

 

 

 

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