L’Australie appelée à ouvrir ses portes aux Océaniens touchés par le cyclone Pam

    mercredi 1 avril 2015

    Aider les pays du Pacifique victimes de catastrophe naturelle en offrant la possibilité à davantage de saisonniers de venir travailler quelques mois en Australie : c’est l’idée avancée par des experts du secteur et des organisations agricoles. Le programme des saisonniers du Pacifique reste balbutiant en Australie, alors qu’il est très développé en Nouvelle-Zélande. Cette année, 3 250 places ont été ouvertes aux travailleurs océaniens. Un nombre qui pourrait être augmenté, estime la responsable de la formation au sein de la Fédération nationale des agriculteurs, Sarah McKinnon : « Pour les gens de ces pays, où l’économie a été réduite à néant, ce serait l’occasion de venir en Australie en attendant que les choses reviennent à la normale chez eux, de gagner de bonnes sommes d’argent qu’ils pourront ensuite investir au sein de leurs communautés. Je pense que ça pourrait faire une énorme différence. »
    Chercheuse à l’Université nationale australienne, Rochelle Bailey, estime, elle aussi, que l’Australie pourrait offrir plusieurs milliers de visas supplémentaires aux travailleurs océaniens, et en priorité à ceux qui souffrent des conséquences du passage du cyclone Pam : les Kiribati, Tuvalu, les Îles Salomon, et bien sûr, le Vanuatu. Seuls 170 Vanuatais travaillent en Australie en ce moment. Rochelle Bailey : « J’ai parlé à des recruteurs et à des collègues au Vanuatu, et on m’a dit que beaucoup de Vanuatais demandaient à venir en Australie et en Nouvelle-Zélande. Et ce sont des gens qui n’avaient jamais exprimé aucune envie de participer à ces programmes de travail saisonnier. Aujourd’hui, ils veulent venir ici et gagner de l’argent pour pouvoir ensuite reconstruire leurs villages. »
    Le nombre de visas accordés n’est toutefois pas le seul obstacle à la venue des travailleurs océaniens. Selon un récent rapport de la Banque mondiale, depuis l’ouverture du programme en Australie, seuls 65% des visas ont été utilisés. Car les travailleurs du Pacifique font face à une double concurrence : celle des backpackers, des jeunes routards, et celle des ouvriers agricoles payés au noir. Les Océaniens doivent être payés au tarif minimum en vigueur, soit 18 dollars de l’heure, alors qu’un travailleur payé au noir peut ne gagner que 5 à 6 dollars de l’heure.
    La Fédération nationale des agriculteurs estime malgré tout qu’il est rentable d’embaucher des travailleurs du Pacifique. Pour Sarah McKinnon, le problème, c’est surtout que les employeurs sont mal informés : « Je pense qu’il faut plus promouvoir le programme en Australie. Vous savez, du point de vue de la productivité, les bénéfices sont évidents pour tous ceux qui ont pris le temps d’investir dans ce programme de travail saisonnier. Par exemple, on a montré que pour une production identique sur une période de cinq ans, un employeur pouvait réduire de moitié le coût de sa main-d’œuvre, ce qui est énorme. »
    La Fédération souhaite aussi que le programme soit élargi à tous les métiers de l’agriculture. Aujourd’hui, les postes proposés sont majoritairement en rapport avec l’horticulture. Pour le moment, le gouvernement australien ne s’est pas prononcé sur la question.
     
    Radio Australia

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete