L’Australie renonce à une enquête parlementaire sur le minerai de fer

    vendredi 22 mai 2015

    Après une semaine de réflexions et de discussions, le gouvernement a tranché : il n’y aura pas d’enquête parlementaire sur la stratégie industrielle des grands producteurs de minerai de fer.
     
    « Après en avoir débattu avec les régulateurs et les entreprises de l’industrie minière, le gouvernement a décidé de ne pas lancer d’enquête pour le moment », a déclaré le ministre des Finances, Joe Hockey. « Ça aurait fait plus de mal que de bien », explique aujourd’hui le Premier ministre, Tony Abbott.
     
    Il y a une semaine, pourtant, le gouvernement estimait qu’il était nécessaire et important de se pencher sur la baisse des prix du minerai de fer. Les géants miniers Rio Tinto et BHP Billiton sont accusés d’inonder le marché et de provoquer la chute des prix de manière à éliminer les petits producteurs. Voici ce que déclarait Tony Abbott, vendredi dernier : « Je pense que nous avons besoin de savoir clairement ce qui se passe. »
     
    Pour ne pas froisser les géants miniers, Tony Abbott avait tout de suite précisé ne pas vouloir faire la chasse aux sorcières – « BHP et Rio sont nos premiers contribuables, je souhaite qu’ils continuent à prospérer, mais dans un jeu équitable », avait-il déclaré.
     
    Une précaution insuffisante. L’un des directeurs de BHP Billiton, Andrew Mackenzie, est vite monté au créneau : cette proposition est un « gaspillage ridicule de l’argent des contribuables », qui enverra un mauvais message aux partenaires commerciaux de l’Australie, a-t-il dénoncé.
     
    Selon le sénateur indépendant Nick Xenophon, les géants miniers ont mené une campagne intense de lobbying, qui a porté ses fruits :
    « Le fait que le Premier ministre et le ministre des Finances étaient initialement favorables à une enquête parlementaire et qu’ils reculent aujourd’hui, illustre encore une fois la puissance énorme et disproportionnée du lobby minier. Et ça pousse vraiment à se demander : qui dirige ce pays ? Dans quelle sorte de démocratie vivons-nous quand vous avez des entreprises qui peuvent censurer le Parlement, faire fermer une enquête qui était clairement dans l’intérêt national ? »

     
    L’autre grand déçu de la volte-face du gouvernement, c’est Andrew Forrest, qui est à la tête du troisième producteur australien de fer, Fortescue. S’il accuse ses concurrents de faire du lobbying à outrance, lui fait campagne pour qu’une enquête soit menée sur les prix du minerai de fer. Et malgré ce coup d’arrêt, il garde espoir et entend continuer à plaider sa cause : « Ce n’est plus un secret, maintenant. Les Australiens savent qu’ils peuvent poser des questions. Ils devraient poser ces questions, et attendre des réponses. Donc je pense que ça finira par sortir, et j’attends ce jour-là avec impatience. »
     
    La Chambre des mines et de l’énergie de l’Australie occidentale salue, elle, la décision du gouvernement. Remettre en cause le fonctionnement d’un marché aurait été mal vu par les partenaires commerciaux du pays, explique en substance son directeur. C’est aussi le point de vue du chef de file de l’opposition. Bill Shorten avait appelé le Premier ministre à abandonner l’idée de mettre son nez dans les affaires de l’industrie minière.
     
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