L’avenir du récif entre les mains des champions de bodyboard

    jeudi 28 avril 2016

    Une douzaine de champions de bodyboard a participé, hier, à une opération de bouturage de corail, dans le lagon de Teahupo’o.
     La collecte des morceaux de coraux et la constitution de la pépinière ont été effectuées selon les conseils des représentants
    de la Diren et du Criobe.  Les riders devraient être en mesure de constater l’évolution de leurs “bébés” dès l’an prochain.
    En attendant la reprise de la compétition internationale de bodyboard, les meilleurs riders mondiaux se sont une nouvelle fois jetés à l’eau, pour la bonne cause.

    Hier, ils étaient une douzaine à participer à une opération de bouturage de corail, sur l’initiative du Vairao Surf Club, avec le soutien de la direction de l’environnement (Diren) et du centre de recherches insulaires et observatoire de l’environnement (Criobe).

    En amont, le centre de recherches de Moorea avait organisé une formation théorique à destination des membres de l’association, concernant le rôle des écosystèmes coralliens, la biologie du corail et les différentes techniques de bouturage. L’option retenue pour la pépinière de Teahupo’o consistait à bâtir une structure semblable à celle d’un sommier, composée d’une base métallique surplombée d’une série de tuyaux en PVC percés, prêts à recevoir les coraux sélectionnés.

    Et c’était précisément la mission des riders, qui ont chaussé leurs palmes et troqué pour l’occasion leur planche contre un masque et un tuba, pour partir à la recherche de morceaux de coraux cassés, mais toujours vivants. La principale difficulté de cette chasse au trésor résidait dans la sélectivité des prélèvements, ciblant essentiellement trois espèces. Mais les champions de la glisse – et de l’apnée ! – se sont rapidement pris au jeu et ont rempli la glacière prévue en moins d’une heure.
    De retour sur terre, l’opération s’est poursuivie par l’étape de la découpe. Les meilleurs morceaux ont été collés un à un sur le support prévu, avant d’être rassemblés sur la structure, pouvant accueillir 120 coraux en devenir.

    Une démarche pérenne

    La pépinière a ensuite été mise à l’eau en suivant les indications d’Antoine Puisay, doctorant au Criobe. “Sur le secteur, la principale difficulté, c’est la rivière. L’eau douce ne va pas permettre aux coraux de se développer, c’est pour ça qu’il y a une passe juste en face. Le courant et la turbidité peuvent aussi être des paramètres assez limitants”, explique le spécialiste, tenant à réunir des conditions de développement optimales, afin que l’association puisse par la suite prendre le relais, de façon autonome.

    “C’est une action qu’on veut pérenniser, pour faire en sorte qu’elle se concrétise vraiment. On fera un suivi”, assure Bernadette Wasna, membre du Vairao Surf Club, évoquant l’idée d’en faire profiter les établissements scolaires dans le cadre de sorties pédagogiques. “Ce que je trouve vraiment intéressant dans cette démarche, c’est qu’elle vient de la population.

    C’est important à préciser, car c’est la meilleure façon pour faire en sorte qu’une action soit pérenne”, souligne Faimano Boulet Colomb d’Hauteserre, agent à la Diren.
    À noter que deux autres pépinières devraient également être implantées à proximité des spots de surf de Vairao et de Toahotu. Les riders sont d’ores et déjà invités à revenir en 2017 pour apprécier le résultat de leurs efforts, la croissance des coraux oscillant généralement entre un et dix centimètres par an.

    A.-C.B.

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