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L’axe indo-pacifique se construit avec le Caillou

jeudi 1 août 2019

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Longtemps isolé, parfois déconsidéré, le Pacifique Sud est désormais le théâtre de luttes d’influence et l’une des régions du monde où tous les yeux sont rivés. Parce que les ambitions de la Chine bouleversent les équilibres, la France prône une alliance Paris-Delhi-Canberra. Un axe indo-pacifique stratégique pour le pays tricolore. Et le Caillou dans tout ça ?

Prenez une carte du monde, une règle et un stylo et joignez d’un trait de plume Paris, New Delhi et Canberra. Au bout de la ligne, la Nouvelle-Calédonie. Avec Wallis-etFutuna et la Polynésie, le territoire calédonien, dont la zone économique exclusive est deux fois et demie plus grande que celle de la Métropole, est l’étendard du pays tricolore dans le Pacifique Sud, une région longtemps isolée et pourtant devenue aujourd’hui le théâtre d’influence des grandes puissances internationales. Avec le Brexit, la France pourrait même devenir le dernier représentant de l’Union européenne dans la région.

En portant haut et fort l’axe ParisDelhi-Canberra pour contenir l’hégémonie chinoise, le président Emmanuel Macron a la ferme volonté d’ancrer la place de la France dans la zone indo-pacifique (l’espace s’étend des côtes est-africaines à la façade occidentale des Amériques) où se concentrent 60 % de la population mondiale et un tiers du commerce international. “Cette alliance doit permettre d’éviter tout hégémonisme dans la zone, de développer les coopérations avec les pays qui partagent les mêmes valeurs fondées sur le respect du droit international et de contribuer à la stabilité de la zone” , analyse Valérie Niquet, maître de recherches et responsable du pôle Asie de la Fondation pour la recherche stratégique. En clair, éviter toute crise ou conflit qui pourrait porter atteinte aux intérêts français dans une zone qui rassemble plus de 1,6 million de ressortissants.

 

Contrer les routes de la soie

 

L’axe indo-pacifique a un objectif diplomatique assumé : “contenir l’expansionnisme” de la Chine, dont l’influence dans le Pacifique bouleverse les équilibres et est source d’inquiétude pour les puissances de la région. “Il n’est pas question de s’attaquer à la force de la Chine contre laquelle on ne pourra rien faire. En revanche, il faut faire en sorte qu’elle s’assoie autour de la table avec les autres pays pour une meilleure coordination régionale” , évoque un fin observateur du dossier.

Pour contrer le concept des “nouvelles routes de la soie” du président chinois Xi Jinping, la France accroît la coopération régionale, multipliant les partenariats économiques, militaro-industriels, culturels, voire même scientifiques avec l’Australie, le Japon et d’autres “alliés” du Pacifique. Les engagements sécuritaires sont à tous les niveaux : garantir le libre accès aux voies maritimes dans des zones où l’Empire du milieu ne cesse de s’étendre, lutter contre le terrorisme et la prolifération nucléaire en Corée du Nord, les trafics de drogue ou la pêche illicite et, enfin, oeuvrer contre le réchauffement climatique et tous les bouleversements qu’il engendre. “Nous voulons que ce soit une région dans laquelle les différends sont résolus pacifiquement, en accord avec le droit international, et sans que la force ni la coercition ne soient utilisées ; où l’intégration économique est ouverte et inclusive ; où les droits de survol et de liberté de navigation sont respectés ; et où les droits des petits États sont protégés” , déclare la ministre australienne des Affaires étrangères, Marise Payne. Si le concept d’axe indo-pacifique n’est pour l’heure qu’au stade du discours politique, les diplomates attendent désormais “une stratégie claire” . Un “plan d’action”  énoncé par le président Macron lors du sommet FranceOcéanie, en avril 2020 à Papeete ?

 

Optimiser nos ressources

 

Le gouvernement calédonien est en phase avec deux piliers de l’axe indopacifique : la “sécurité-climat” et le développement économique régional. Le Caillou, qui représente 80 % de la biodiversité européenne (si l’on inclut le territoire en Europe), est aux premières loges du changement climatique et de la mauvaise santé de nos océans. “On sait qu’aujourd’hui, les dérèglements climatiques et l’exploitation déraisonnée des ressources naturelles ont un impact sur la stabilité et la sécurité de la région et peuvent conduire à des déstabilisations politiques, comme on a pu le voir en Papouasie-Nouvelle-Guinée” , développe un diplomate. Le volet économique y est intimement lié.

Car en préservant son patrimoine naturel, le pays “reprend la main sur sa ressource économique. Si on arrive à lutter contre la surpêche et à mieux optimiser nos ressources, on réussira alors à en retirer un avantage économique plus important, et indispensable à notre développement endogène” , décrypte François Bockel, chef du service de la coopération régionale et des relations extérieures du gouvernement calédonien.

Un chiffre à retenir qui illustre tout l’enjeu de l’axe Paris-Delhi-Canberra : à l’horizon 2030, plus de la moitié des sous-marins et des bâtiments de guerre dans le monde patrouilleront dans cet espace indo-pacifique. Les défis sécuritaires y sont infinis pour la France et pour la Nouvelle-Calédonie.

 

Les Nouvelles calédoniennes

 

 

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