Le 21 avril, “date symbolique pour célébrer la mémoire des Polynésiens” dans la guerre

    mardi 19 avril 2016

    “En 1940, la France subit la débâcle. Le maréchal Pétain signe l’armistice. Le 18 juin, le général de Gaulle, encore méconnu, lance depuis Londres sur les ondes de la BBC la formule célèbre, percutante et prémonitoire : “La France a perdu une bataille, mais pas la guerre.” Le 2 septembre 1940, en dépit des informations contradictoires venant de métropole, les Établissements français d’Océanie choisissent de combattre dans les rangs de la France Libre. Le 27 septembre, le capitaine Broche, commandant la compagnie autonome d’infanterie coloniale de Tahiti, lance à la radio un appel à la résistance, demandant à tous les volontaires de se manifester.

    Bien que la compagnie soit au complet, un millier d’hommes se présentent spontanément à la caserne Bruat en quelques jours. Tous veulent partir se battre, les jeunes comme les anciens, parmi lesquels on retrouve une dizaine de vétérans de la Grande Guerre.
    Le 20 avril 1941, le croiseur auxiliaire néo-zélandais Monowai est signalé dans les passes de Tahiti. Les 300 volontaires vont enfin pouvoir embarquer. Le lendemain, 21 avril, Papeete est couverte de drapeaux tricolores. Dans la rade, tous les bateaux ont hissé le grand pavois. À la caserne Bruat, on passe en revue une dernière fois tous les détails. Le départ des futurs héros doit être magnifique et exemplaire.

    À 6 h 15, le corps expéditionnaire sort en armes de ses quartiers. Vêtus d’uniformes anglais, d’un short de drap et d’une chemise kaki, les volontaires descendent l’avenue Bruat portant une simple mallette contenant quelques effets personnels et des souvenirs du pays. (…) Sous la pluie, la foule entonne E Mauruuru A Vau. La marche lorraine aide les hommes à embarquer. Le Monowai s’éloigne du quai, salué par une salve de six coups de canon et les sirènes des bateaux en rade.”*

    Soixante-quinze ans après, jeudi soir, au quai d’honneur de Papeete, le Régiment d’infanterie marine du Pacifique – Polynésie (RIMaPP), soutenu par l’Amicale du Bataillon du Pacifique et du monde combattant de Polynésie, ainsi que la délégation de la fondation de la France Libre de la Polynésie française, organise une manifestation ouverte au public pour commémorer le départ des Tamari’i volontaires à bord du paquebot Monowai. “Le 21 avril est une date que nous célébrons chaque année, mais de façon discrète, en interne”, explique le colonel Hubert Beaudoin, aux commandes du RIMaPP.

    “Cette année, pour commémorer les 75 ans du départ du Monowai, ce paquebot néo-zélandais qui a emmené 300 Tamari’i volontaires à Nouméa, nous avons souhaité mettre en place une cérémonie ouverte au public, dans une démarche mémorielle. Ce n’est pas un travail d’historien, mais de mémoire. Le 21 avril est une date symbolique pour célébrer la mémoire de l’ensemble des Polynésiens qui ont participé à la guerre, marsouins, commandos, aviateurs, résistants… Quatre Polynésiens sont encore en vie aujourd’hui et l’un d’entre eux, Maxime Aubry, sera là.”

    Dans le détail, cette commémoration, qui débutera à 18 h 30 sur le quai d’honneur (face à Tahiti Tourisme), sera composée d’une rétrospective de l’épopée du Bataillon du Pacifique, de tableaux vivants pour reconstituer ce départ avec des réservistes du régiment dans le rôle des Tamari’i volontaires, les danseurs de la troupe Tamariki Poerani de Makau Foster pour la population civile et le patrouilleur Arago symbolisera le Monowai.

    V.H.
    * historique issu des archives de l’armée

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