Le budget 2016 de la CPS n’a pas été voté par la CSIP

    mardi 3 novembre 2015

    Le budget du régime général des salariés (RGS) s’est conclu jeudi dernier par un vote positif de la majorité des membres de son conseil d’administration (CA). 
    Les syndicats d’employeurs ont voté “pour”, tout comme un seul syndicat de salariés, A ti’a i mua. Otahi et O Oe to oe rima se sont abstenus. 
    La Confédération des syndicats indépendants de Polynésie (CSIP) et la CSTP/FO avaient voté “contre”.
    Pour Eugène Sommers, trésorier général de la CSIP, ce vote “contre” s’explique par les divergences concernant l’excédent de la branche maladie d’un montant de 600 millions de francs.
    “Nous avions proposé de transférer l’excédent de la branche maladie à la branche retraite pour éviter que le Pays ne diminue sa contribution au Fonds pour l’amortissement du déficit social (Fades). 
    Celui-ci s’élève à 800 millions de francs par an, en remboursement d’une dette cumulée à l’origine de 16 milliards de francs pour le régime de l’assurance-maladie du RGS remboursable sur vingt ans. 
    Nous n’avons pas été suivis et en contrepartie le conseil d’administration a voté une diminution des cotisations qui passent de 5,53 % à 5,43 %, les deux tiers étant à la charge de l’employeur et un tiers à la charge des salariés. Cette baisse devrait conduire au déficit de la branche maladie du RGS en 2016.”
    Selon Eugène Sommers, les discussions concernant la branche retraite du RGS ont été tendues. 
    “Les discussions ont été houleuses pour la simple et bonne raison que la direction de la CPS a proposé une augmentation de 2 % des cotisations, sur le même registre que les banques qui augmentent le taux de commission pour compenser les pertes. 
    Nous ne pouvions pas être d’accord avec ce principe. Par ailleurs, le RGS discute de son budget en même temps que le Pays discute du sien, ce qui n’est pas logique. 
    Il faudrait que le RGS adopte son budget après l’adoption du budget général pour connaître les orientations du Pays et pouvoir s’adapter aux contraintes et aux orientations économiques fixées par le gouvernement. 
    Il faut aussi souligner que le plafond de la retraite a été augmenté de 1 000 F pour passer de 255 000 F à 256 000 F ce qui va encore pénaliser les petits salaires”. 
    Eugène Sommers est déçu du comportement des syndicats d’employeurs. 
    “Je trouve l’attitude des syndicats d’employeurs regrettable. Ils ont accepté toutes les augmentations de cotisations et du plafond de la retraite. Demain, ils vont finalement nous annoncer qu’il n’y a pas d’embauches possibles compte tenu du poids des cotisations patronales”.

    La PSG 2 attendue avec impatience par la CSIP

    Pour la CSIP, les propositions de Luc Tapeta concernant la réforme de la protection sociale généralisée (PSG) sont attendues avec impatience. 
    “Nous attendons les propositions de Luc Tapeta pour agir au bon moment et déposer nos propositions. Si la loi concernant cette réforme est approuvée à l’assemblée, nous ferons opposition auprès du Conseil d’État. 
    Il est hors de question que ce soit les plus bas salaires qui soient encore pénalisés et que l’application de cette loi tombe comme un couperet. Il est fort probable que le climat social risque d’être chaud au premier trimestre 2016”.
    La contribution de solidarité territoriale (CST), censée financer le régime de solidarité (RST) est également source d’interrogations pour la CSIP. 
    “En théorie, c’est la CST qui finance le RST, mais depuis 2013 une partie des revenus de la CST est prélevée pour alimenter le Fonds pour l’emploi et la pauvreté (FEP). Aujourd’hui, nous ne savons pas quelle partie de la CST est prélevée pour alimenter le FEP, alors que je rappelle que la CST est payée par les salariés”. 

    Pascal Martin

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