Le bureau de la CSIP répond au Medef

    vendredi 10 juin 2016

    Le coup de gueule des patrons (voir notre édition du mardi 7 juin) contre le gouvernement visait indirectement la CPS, mais aussi Cyril Le Gayic, l’homme fort de la CSIP. Le Medef reprochait à l’exécutif polynésien de ne pas respecter le Code du travail en négociant avec Cyril Le Gayic, condamné pour recel de détournement de fonds publics. Hier, le bureau du deuxième syndicat polynésien a tenu à exprimer son point de vue, mais sans Cyril Le Gayic : “C’est la décision du bureau qu’il ne soit pas là”, ont expliqué les cadres, à l’image de Patrick Taaroa, le secrétaire confédéral.

    Votre syndicat n’a pas apprécié les propos du Medef à l’encontre de Cyril Le Gayic et le fait qu’il ne veuille pas de négociation avec une personne condamnée ?
    Je pense que nous n’avons pas les mêmes textes. Quand ils disent qu’ils ne veulent pas discuter avec un condamné, à ce moment qu’ils ne discutent pas avec notre collègue Pico de A Tia i Mua qui est dans le même cas que Cyril. M. Kressmann peut discuter avec Pico et pas M. Le Gayic ? Qu’il nous explique quel est le problème avec Cyril.

    Selon vous, quel est le problème avec Cyril Le Gayic ?
    Pour moi, c’est clair, ils ont simplement peur de Cyril Le Gayic, donc ils veulent l’évincer des négociations.

    Et au sein de la CSIP, cela ne vous pose pas de problème que Cyril Le Gayic qui représente votre syndicat lors des conflits ?
    Il y a aussi des lois. Quand quelqu’un est condamné, il n’a plus le droit de diriger une centrale syndicale. Je le confirme, je suis le secrétaire confédéral,
    Cyril est à côté au sein de la CSIP en tant que conseiller technique et directeur des services. Il participe aux négociations, mais il a aucun pouvoir pour diriger.
    Par contre, j’ai besoin de lui. Je suis actif, je travaille dans une entreprise, je ne suis pas disponible pour un conflit comme celui d’Air Tahiti, qui a duré trois semaines. Je perds mon emploi si j’y vais.
    Donc, je mandate Cyril, qui a été mandaté, au mois de novembre, par tous les syndicats affiliés à la CSIP pour dire que Cyril reste au sein de la CSIP mais pas avec un mandat de dirigeant.

    Est-ce cette déclaration du Medef risque d’envenimer les relations entre les patrons et la CSIP ?
    Je rappelle simplement à Monsieur Kressmann que si l’on veut la paix sociale, il vaut peut-être mieux que l’on discute ensemble. La condamnation de Cyril Le Gayic est provisoire, elle dure trois ans. Quand il va récupérer son poste de secrétaire confédéral, nous verrons si c’est comme cela que l’on veut régler les problèmes dans ce pays, en attaquant directement quelqu’un, en allant le salir sur les ondes. Quand le Medef discute avec notre ancien président Gaston Flosse ? Dans ce pays, si on ne peut plus discuter avec quelqu’un qui est condamné, il n’y a plus personne qui peut diriger le Pays, alors qu’il arrête de se focaliser sur Cyril. Qu’il arrête aussi de discuter avec celui qui dirige le Pays. S’il est logique dans sa réflexion, il ne devrait plus discuter avec les gens qui sont condamnés.

    F.C.

    Olivier Kressmann persiste

    “Je vais répéter ce qu’ils n’ont pas compris”, nous a répondu Olivier Kressmann hier. Interrogé sur le fait qu’il discute avec d’autres condamnés, comme lui reproche la CSIP : “Cyril a été privé de ses droits civiques, mais pas de ses droits sociaux. À ce titre, il peut participer à des réunions en tant que membre de la CSIP, nous n’avons rien à y redire. Mais ayant perdu ses droits civiques, conformément au code du travail polynésien, il ne peut plus exercer à ce jour de fonctions d’administration ou de direction d’un syndicat.”
    Pour le leader du Medef, Cyril Le Gayic ne peut donc pas être mandaté en tant que directeur général des services et conseiller technique de la CSIP : “Cette délégation est complètement irrecevable.”

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