Le centre de transfusion sanguine fait appel à votre générosité

    lundi 28 décembre 2015

    Avec une population augmentant et vieillissant, ainsi que la prise en charge des malades du cancer, les besoins en poche de sang sont de plus en plus nombreuses en Polynésie. À l’heure des fêtes où la collecte au sein des entreprises et administrations se fait plus difficile, le centre de transfusion sanguine lance un appel au don, à partir d’aujourd’hui, dans son espace au sein de l’hôpital de Taaone, à Pirae. Le docteur Julien Broult explique l’importance de faire don de “ce que nous avons de plus précieux : le sang”.

    Vous appelez régulièrement à faire don de son sang, ces derniers jours et semaines. Existe-t-il un besoin particulier en cette période ?
    L’activité transfusionnelle explose littéralement sur le territoire. Nous avons plus de 10 % par rapport à l’an dernier et ce n’est pas prêt de s’arrêter.
    Pourquoi ? Parce que la population augmente. En 1988, nous étions 160 000. Aujourd’hui, nous sommes près de 300 000.
    La population vieillit et, malheureusement, la population polynésienne est une population malade : obésité, cancer, cigarette, alcool, etc. Les prises en charge sont de meilleure qualité, résultat des courses : ces gens-là sont transfusés, c’est normal. Mais pour cela, il faut assurer.

    Mais est-ce que les dons ont augmenté de 10 % ?
    Maintenant, nous travaillons sur une population plus jeune et, avec les outils que nous avons mis en place, nous travaillons de manière plus efficace.
    Maintenant, quand nous partons en collecte, c’est une poche prélevée, une poche distribuée, ce qui n’était pas le cas autrefois. Nous n’avons pas vraiment de problème de recrutement, mais il est vrai que nous fonctionnons toujours à flux tendu. Nous ne pouvons pas non plus avoir 500 poches d’avance. Nous risquerions d’en jeter. Nous devons toujours avoir du stock, et pour cela, il faut que ça rentre.

    La situation est-elle plus difficile durant les fêtes ?
    Oui, les gens ont autre chose à faire. Ils viennent quand même, l’activité de l’hôpital reste soutenue.
    Mais nous ne pouvons pas aller dans les administrations et dans les lieux de collecte où nous allons régulièrement. Nous ne pouvons travailler qu’avec les gens qui viennent sur place. C’est pourquoi je lance un appel à tous les donneurs susceptibles de venir nous voir lundi (aujourd’hui, NDLR) pour que nous puissions refaire nos stocks. Là, nous vivons sur nos réserves qui ne peuvent durer que dix jours.
    À l’heure actuelle, c’est assez particulier parce que les besoins sont très ciblés. La cancérologie consomme beaucoup. Avant, les patients étaient évasanés. Cette année, il y a une très forte augmentation des produits sanguins dans ces services. Donc, évidemment, comme la population vieillit, cela ne va pas s’arrêter. Depuis quelque temps, le centre de transfusion sanguine est sous pression.

    Que dire à ceux qui craignent encore de donner leur sang, pour les convaincre de venir vous voir ?
    Ils ne risquent rien. L’intérêt est que l’on soit tous gagnant-gagnant. Le donneur est content, il a fait un geste d’amour, de solidarité, il a donné ce qu’il y a de plus précieux : le sang. Les quantités sont minimes.
    Donc, la seule précaution à prendre est de ne pas aller faire du sport juste après et de bien boire (de l’eau, NDLR) et se reposer. Il faut en parler aussi autour de soi. Un donneur satisfait est un donneur qui en parle et qui va convaincre autour de lui. Plus on sera nombreux dans cette affaire-là, mieux ça vaut.

    Comment cela se déroule-t-il ? Faut-il prendre rendez-vous ?
    Non, pour le premier don, il faut venir avec une carte d’identité. Il ne faut pas être à jeun et avoir plus 18 ans. Cela se passe en trois étapes. D’abord, l’administratif : on crée le dossier. Deuxième étape, l’examen médical : on pose quelques questions où il faut répondre franchement. C’est ensuite le prélèvement, qui dure un petit quart d’heure. Le donneur discute avec l’infirmière, dans un contexte sécuritaire maximal. S’il y a le moindre signe de petit malaise, nous intervenons tout de suite. Il n’y a pas le moindre risque.
    L’étape suivante, c’est la restauration où le donneur reste sous surveillance pendant un petit quart d’heure. Un donneur fidélisé est pour moi un gage de sécurité sur les stocks. Il faut savoir que les donneurs de sang sont la crème de la société, je l’ai remarqué. Ce sont des gens exceptionnels, qui trouvent toujours des solutions à tout, qui n’aiment pas la violence mais aiment donner, apporter, soulager. Il est possible de donner six fois par an pour les hommes et quatre fois pour les femmes. 

    Propos recueillis par Florent Collet

     

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