Le centre des métiers d’art en quête de reconnaissance

    mardi 26 janvier 2016

    Le centre des métiers d’art réclame depuis des années, pour ses élèves, un diplôme reconnu au niveau national. Le dossier vient d’être rouvert et deux inspecteurs métropolitains sont actuellement au fenua pour réfléchir à la création d’une filière complète. Deux diplômes sont envisagés à niveau bac et un troisième dans le supérieur. Une reconnaissance attendue par les élèves et les professeurs, mais qui n’est pas encore acquise…

    À quand un diplôme reconnu pour les élèves du centre des métiers d’art (CMA) ? Depuis samedi dernier, deux inspecteurs métropolitains sont au fenua pour étudier la question. Celle-ci n’est pas nouvelle, la première tentative remontant à 1994. 
    “On a toujours trouvé que le CMA (créé en 1980, NDLR) n’était pas une priorité, que d’autres secteurs étaient plus importants…”, regrette aujourd’hui le directeur de l’établissement, Viri Taimana.  
    Il y a deux ans encore, sa requête avait été balayée. Mais cette fois, “le dossier a été rouvert : il y a une volonté du rectorat et du vice-rectorat de mettre en place une certification”, promet Gérard Becker, inspecteur d’académie en design et métiers d’art.
    Avec son équipier Jean Borel, inspecteur de l’Éducation nationale en arts appliqués, il est chargé de réfléchir à la création d’un certificat d’aptitude professionnelle (CAP) et d’un brevet des métiers d’art (BMA) accessibles à partir de la fin de la 3e, puis d’un diplôme des métiers d’art (DMA) au niveau post-bac. 
    “Ce que nous souhaitons mettre en place, c’est d’abord un bon socle, une assise autour du CAP et du brevet, avant d’envisager la filière en termes de cursus qui se poursuit après le bac”, explique-t-il. Les premiers enseignements se concentreraient sur l’apprentissage des techniques, sans oublier pour autant les dimensions artistique et culturelle. Les meilleurs élèves pourraient alors accéder à une phase de conceptualisation à partir du supérieur. Une reconnaissance attendue par les élèves et les professeurs…
    Car aujourd’hui, à l’issue de leur formation polyvalente (sculpture, culture polynésienne, arts numériques, etc.), les étudiants du CMA n’obtiennent qu’une simple attestation de formation. “On est la seule école qui enseigne les arts et la reproduction du patrimoine, il faut un diplôme officiel !”, estime ainsi un professeur. “C’est important”, ajoute Stella, une élève en 2e année. “Ça permettrait par exemple aux futurs élèves qui le souhaitent de continuer leurs études en France.” 
    Ses camarades de 3e année le confirment : “On veut voyager tant qu’on est jeune !” Mais pour l’heure, sans validation de leurs compétences ni de leur savoir-faire, pas d’équivalence… “Alors que nous avons élevé l’enseignement au niveau bac +2 !”, rappelle le directeur. Pour lui, il suffirait “juste d’un texte” de l’assemblée de la Polynésie française pour le faire reconnaître.

    De nouvelles matières

    Les inspecteurs, eux, souhaitent prendre en compte l’existant, mais aussi “l’adapter aux exigences actuelles du marché”. “Tous les diplômes professionnels doivent répondre à un besoin”, disent-ils en chœur. Pour “créer des ouvertures”, de nouvelles matières pourraient donc faire leur entrée au CMA, ou être enseignées en dehors de son cadre exclusif. Des maths, de l’anglais, des sciences humaines par exemple. “Pour les arts appliqués, je pense que c’est utile et nécessaire qu’on ait un apport de toutes les matières, pas uniquement un savoir-faire”, affirme ainsi Gérard Becker. 
    Les espoirs du directeur d’offrir un diplôme dès l’année prochaine à ses élèves risquent donc bien d’être douchés… La plus grande difficulté sera de créer un CAP reconnu au niveau national, mais axé sur des besoins locaux, selon les inspecteurs, qui multiplieront les rendez-vous toute la semaine avec les professionnels du secteur. 
    “Le CMA, c’est précieux, c’est le seul endroit où l’on peut faire perdurer l’art local”, leur a déjà expliqué hier Christine Désert, cogérante de la galerie d’art Ganesha, au centre Vaima. “Un diplôme valoriserait les jeunes, les responsabiliserait et leur servirait de bagage à l’export…”
    À leur retour en France, les inspecteurs rédigeront un rapport. “Ensuite, la décision appartient à beaucoup de monde”, préviennent-ils. Le ministère, le rectorat, l’inspection générale… “Une question de volonté”, pour Viri Taimana. 

    Marie Guitton

    Viri Taimana, directeur du centre des métiers d’art : “C’est pour leur avenir”

    “Ce projet a été lancé il y a deux ans, dans la volonté obtenir un diplôme polynésien reconnu par l’Éducation nationale pour faciliter l’insertion sociale et économique de nos élèves. Ce que je souhaite, c’est d’abord un brevet des métiers d’art (BMA), puis avec ce niveau bac, de permettre à nos élèves d’entrer à l’université, ou d’aller faire des études d’art ou de design à l’étranger pour pouvoir rapporter toutes ces compétences en Polynésie. La semaine prochaine, on va recevoir des élèves du Simpson College, une université d’arts de l’Iowa. Nous allons attribuer des notes à leurs travaux, qui compteront dans leur cursus ! Donc si on peut faire ça avec les Américains, pourquoi pas avec nos propres élèves ? C’est pour leur avenir. Il faut absolument un diplôme, sinon on sera tenté d’aller chercher des personnes à l’extérieur pour réaliser des œuvres pour la Polynésie…”

    Punu 2016-01-26 13:11:00
    Dans les galeries d'art, le travail des artisans est véritablement mis en valeur contrairement à l'exposition annuelle du centre de métiers d'art. Franchement, un véritable éclairage n'aurait pas été un luxe, pour pouvoir voir les articles exposés, beaucoup de personnes ont utilisés leurs portables.
    Espérons que le directeur du centre des métiers d'art prendra en compte cette critique constructive........
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