Le Centre des métiers de la mer navigue dans le brouillard

    vendredi 29 mai 2015

    La chambre territoriale des comptes (CTC) a examiné la gestion de l’IFM-PC, devenu centre des métiers de la mer de Polynésie française, de 2010 à 2014. La CTC relève des missions mal définies, des résultats mitigés, voire mauvais, des ressources humaines inadaptées. Passer le Centre des métiers de la mer sous la tutelle du ministère de l’Éducation pourrait être une des solutions. De son côté, le Pays a commandé un audit.

    L’Institut de formation maritime-pêche et commerce (IFM-PC), créé en 1980, “établissement public territorial de formation à caractère administratif”, a pour mission la formation professionnelle et le perfectionnement  des officiers et marins du commerce, de la pêche et de tout marin professionnel.
    Réorganisé et rebaptisé Centre des métiers de la mer (CMMPF) en juin 2014, l’établissement a vu ses compétences élargies, notamment aux formations en matière de yachting ou de production, traitement et conservation des produits de la mer. L’idée étant que le centre accompagne plus activement le développement des grands projets économiques du Pays. Une vision ambitieuse.
    “Trop ambitieuse au regard des difficultés rencontrées jusque-là par l’IFMPC pour seulement structurer la formation maritime des secteurs pêche et commerce en Polynésie française”, juge la chambre territoriale des comptes (CTC). Elle note “qu’aucune formation aux nouveaux métiers auxquels doit désormais préparer le CMMPF n’est prévue, comme le montre le planning 2015 des formations”.
    Encore plus surprenant : aucune formation spécifique à la filière pêche n’a été dispensée depuis 2003.
    Trop ambitieuse aussi au plan des moyens humains, apparemment : outil de mise en œuvre de décisions de plusieurs ministères, “ses marges autonomes de décision sont limitées”.
    Ce qui n’empêche pas le Centre des métiers de la mer de disposer de 18 postes budgétaires, bien loin des recommandations de l’Inspection générale de l’administration qui préconisait 11 postes.
    La CTC accuse l’établissement, qui a vu en 2014 quatre départs naturels à la retraite, de n’avoir pas saisi l’occasion de se réformer, puisque quatre embauches ont été effectuées.

    > Une annexe du Sefi ?
    Financé à 96 % par le Pays, le budget de fonctionnement du CMMPF est de 214 millions de francs.
    En 2013, les recettes des formations n’ont représenté que 8,4 millions. Les charges de personnel représentent 54,1 % du  budget de fonctionnement (qui est de 159,7 millions).  
    La CTC enjoint le Pays à “adapter précisément les effectifs à l’activité réelle du CMMPF pour ne pas solliciter inutilement le budget de la Polynésie française”, et à rechercher d’autres modes de financement, notamment auprès du Fonds paritaire de gestion, la “cagnotte” constituée par les contributions patronales à la formation continue – cagnotte à laquelle, pour l’instant, les armateurs ne cotisent pas…
    La CTC s’interroge aussi sur la motivation réelle des stagiaires et demande au CMMPF de clarifier sa politique : est-il un établissement sélectif visant la meilleure insertion professionnelle possible ou est-il qu’une sorte d’annexe du Sefi qui verserait une indemnisation aux personnes en recherche d’emploi, sans même pouvoir leur proposer de stages ?
    Car la délivrance des brevets, note la CTC, se heurte essentiellement à la difficulté pour les stagiaires de réaliser les “temps à la mer” nécessaires.
    La flottille administrative n’accueille aucun stagiaire et il est difficile de trouver des armateurs chez qui effectuer ces stages ; pourtant, ces derniers indiquent ne pas arriver à recruter du personnel qualifié, qu’ils pourraient contribuer à former…
    La CTC recommande que les conventions entre stagiaires et CMMPF soient désormais tripartites, pour inclure les armateurs.

    > Des formations, pour quoi faire ?
    Malgré des missions élargies, le CMMPF n’a présenté aucun recensement des besoins en formation du territoire ; il ne dispose pas des locaux, des formateurs et de l’expérience nécessaire pour remplir ces nouvelles missions.
    “Aucune action de formation n’est d’ailleurs prévue en 2015 au titre des nouvelles compétences du CMMPF, ce qui démontre l’impréparation et le désarroi de l’établissement face à ses nouvelles missions”, écrit la CTC.
    Quant à ses missions historiques, la décision de proposer des formations supérieures en sections “Pont” et “Machine”, alors que seuls cinq bateaux immatriculés en Polynésie française sont concernés, relèvent du non-sens pour la CTC.
    “Cette absence de connaissance des besoins conduit à un surdimensionnement de la cellule de formation et à une sous-activité importante des formateurs”, qui ne justifient que d’une moyenne annuelle de 649 heures par an (les formateurs sont normalement tenus à 1 600 heures), soit un volume de travail “à peine équivalent  à un mi-temps”.
    En revanche, la chambre territoriale des comptes reconnaît  que “les formations dispensées au CMMPF sont de bonne qualité et les échecs constatés aux examens théoriques sont plus souvent liés à un niveau de recrutement insuffisant plutôt qu’à une formation déficiente”, même si les taux de réussite aux formations supérieures sont médiocres.
    À l’issue des rares formations dispensées, ce n’est pas mieux : aucun suivi des stagiaires n’est réalisé pour connaître leur devenir, ce qui permettrait pourtant de vérifier si les formations dispensées sont adaptées aux besoins du secteur.
    Le Cluster maritime a pourtant montré, dans une enquête réalisée l’année dernière, que les besoins dans les métiers de la mer concernent des niveaux bac et bac+2.
    “Or, les qualifications les plus hautes auxquelles conduit actuellement le CMMPF sont du niveau d’un baccalauréat professionnel.”

    > Pour une redéfinition globale des missions du CMMPF
    Ainsi, estime la CTC, c’est tout un schéma directeur des métiers et des filières maritimes qui doit être fait, entre le ministère de l’Éducation, le Centre de formation pour adultes (CFPA), et le CMMPF lui-même, et en associant les professionnels à la réflexion.
    “En outre, pour des motifs d’optimisation des charges de fonctionnement administratif, la question se pose de savoir si le CMMPF ne doit pas fusionner avec d’autres structures de formation (CFPA, Grepfoc…). Enfin, la question essentielle reste de connaître quelle instance assurera le pilotage de la coordination entre les diverses structures de la formation aux métiers maritimes et para-maritimes”, conclut la chambre territoriale des comptes.
    Une piste est évoquée, celle du “rattachement du CMMPF au ministère du Travail et de la formation professionnelle”.
    Dans sa réponse à la CTC, le président de la Polynésie française indique que ce ministère a commandé un “audit technique et organisationnel de la formation professionnelle maritime en Polynésie française” dont la livraison était prévue au 20 mars.

    Caroline Perdrix

    Vans 2015-05-29 09:51:00
    C une bonne école et il faudrait mettre en place d formations qualifiantes pour débouchée sur les bateaux croisières com le gauguin ou autre qui reste au fenua ou encore sur les pétroliers si sa peut aller jusque là sa ne peut être que bénéfique. Ne pas just visée ici mais a l'international également, vu le peu de bateau qu'il y a sa ne serai pas suffisant pour tous les stagiaires et peut être prévoir ossi côté financement je pense qu'il faudrait fer payer les armateurs qui envoi leur gars en formations et pour les autres qu'il payes eux mêmes leur formations mais bien sûre a coût réduit c a voir
        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete