Le cerveau de la Mexican Connection brandit des ciseaux à son procès

    mercredi 13 avril 2016

    Scène surréaliste, mardi, au tribunal correctionnel, où un détenu, jugé pour une tentative d’évasion, a soudainement sorti de sa poche une paire de ciseaux, sous les yeux des gendarmes qui l’encadraient. Adelino Dias Nogueira, qui avait écopé de dix ans de détention pour trafic d’ice, dans le cadre de la Mexican Connection, entendait ainsi dénoncer le quotidien à Nuutania, fait de promiscuité et de violences. Son plaidoyer n’a pas convaincu le tribunal, qui l’a condamné à une année de prison supplémentaire.
    Comment un détenu condamné à dix ans de prison pour trafic d’ice, et placé à l’isolement depuis une année à Nuutania, est-il parvenu à être en possession d’une paire de ciseaux au nez et à la barbe de la dizaine de gendarmes qui l’encadraient ?
    Hier matin, depuis le box des prévenus, Adelino Dias Nogueira, le cerveau de la Mexican Connection, a pourtant bel et bien brandi cette potentielle arme, qui était à peine dissimulée dans la poche de son short, placée à l’intérieur d’une banale enveloppe.
    Son geste a créé la stupeur, obligeant les gendarmes à lui saisir le poignet pour lui faire lâcher prise.
    L’ancien légionnaire, 53 ans aujourd’hui, n’a pas pour autant résisté. Il faut dire que l’intéressé a entamé une grève de la faim il y a trois mois. Il est d’ailleurs apparu les traits tirés et le teint livide.
    Le quinquagénaire comparaissait pour une tentative d’évasion remontant au 13 janvier 2015. Il avait confectionné les jours précédents une corde de neuf mètres à l’aide des draps de sa cellule, ainsi qu’un grappin au moyen d’une béquille.
    Au petit matin, il était parvenu de la sorte à escalader le premier mur d’enceinte sur lequel il s’était trouvé bloqué.
    Après de longues négociations avec les surveillants et les militaires de la gendarmerie, il avait finalement accepté de faire marche arrière.

    “Si quelqu’un veut vous tuer…”

    Cette tentative d’évasion n’en était pas une, a-t-il affirmé, hier, depuis son box. Ce qu’il souhaitait, c’était, en réalité, attirer l’attention.
    “J’avais décidé de monter sur le toit car l’administration a refusé de porter assistance à une personne en danger.”
    Et le natif du Portugal d’expliquer qu’à plusieurs reprises, son codétenu avait tenté de mettre fin à ses jours, l’obligeant à intervenir sans que cela ne suscite, selon lui, de réaction de la part de la direction de la maison d’arrêt.
    Mais aussi que sa propre sécurité était menacée.
    “Il (son codétenu, NDLR) a essayé de transformer des ciseaux en arme de guerre”, a-t-il lâché, moment qu’il a choisi pour sortir la paire qu’il dissimulait dans sa poche.
    Une fois l’incident clos, le prévenu s’est mué en procureur, dénonçant les conditions de détention de la maison d’arrêt de Faa’a.
    “Il est difficile de vivre à quatre dans une cellule. Si quelqu’un veut vous tuer, l’administration pénitentiaire ne fait rien.” “Tout le monde est au courant de ces mauvaises conditions”, a coupé la procureure.
    “Il  y avait d’autres moyens d’exprimer sa protestation.” “Venez dans une cellule où l’on essaye de vous tuer et vous en reparlerez”, a rétorqué, sans ciller, le trafiquant.  
    Si le tribunal s’est dit pleinement conscient de l’insalubrité et de la surpopulation de Nuutania, il n’a pas pour autant considéré l’action d’Adelino Dias Nogueira comme d’ordre symbolique.
    Pour tentative d’évasion, il l’a condamné à un an de prison ferme supplémentaire.   
    En décembre 2014, le quinquagénaire avait écopé de dix années de détention dans le cadre de la Mexican Connection, un trafic portant sur l’importation au fenua de près de 500 grammes de méthamphétamine.

    Compte rendu d’audience J.-B.C.

    Me Thibaud Millet, avocat d’Adelino Dias Nogueira : “Il a voulu alerter l’opinion publique”

    Vous attendiez-vous à ce que votre client brandisse une paire de ciseaux, ce matin (hier, NDLR) et qu’a-t-il voulu dire, selon vous ?
    Je ne m’y attendais pas. D’ailleurs, je ne m’attendais pas non plus à cette audience puisque je n’en avais pas été avisé. Pour ce qui est des ciseaux, j’ai pu en discuter après coup avec lui. Il m’a expliqué que c’était pour illustrer le fait qu’il était en danger lorsqu’il avait commis les faits pour lesquels il est poursuivi aujourd’hui. Ce n’était pas du tout dans une autre intention.

    Comment est-il parvenu à être en possession de cette arme potentielle, dans le box des prévenus, et à Nuutania ?
    Cela pose effectivement question d’autant que, depuis un an, il est à l’isolement.

    Il a dénoncé ses conditions de détention à la maison d’arrêt mais aussi la violence, ainsi que des tentatives de suicide….
    Je ne suis pas surpris par ce discours car il le tient depuis longtemps. C’est le premier détenu avec lequel j’ai engagé des recours pour dénoncer les conditions de détention à Nuutania (Me Millet  gère de nombreux dossiers de ce type, NDLR). Il est donc sensibilisé à cette question. Il est très révolté et on peut le comprendre. Il a voulu protester, alerter l’opinion publique. Il m’a fait remonter les menaces pesant sur sa vie en raison d’un codétenu suicidaire et dangereux.

    Il a toutefois été lourdement condamné pour trafic d’ice. Ceci explique peut-être cela ?
    C’est sûr que la peine est lourde. Mais pour ce qui est de la tentative d’évasion, il y a eu une instruction qui a montré qu’il n’avait aucun complice. Je ne vois pas, en outre, où il aurait pu s’enfuir. Nous sommes sur une île. Pour partir, il faut prendre l’avion. Il n’avait manifestement pas la volonté de s’évader.

    Propos recueillis par J.-B.C.

    PAVLOVA 2016-04-13 22:49:00
    Pour une fois qu'il y a deux directeurs parait-il de haut niveau en metropole et experimentes...que de problemes graves et donc.c'est grave tout de meme ! Et les syndicats habituels de brailleurs c'est bizarre ils ne disent rien...pourquoi parce que leurs propres agents ont "merde" eux aussi. Les syndicats arretez de brailler et commencez par travailler alors que vous etes bien payes.
    La-dessus je suis d'accord sincerement que les agents de la penitentiaire soient bien payes car c'est un metier difficile comme lesoliciers et les gendarmes, il faut le reconnaitre.
    rori hua 2016-04-13 15:54:00
    raerae hétéro a raison

    il faut que les gendarmes se retrousses les manches et ce mette au travail.
    raerae hétéro 2016-04-13 15:48:00
    brandir des ciseaux au procès !!

    il faut une fouille systématique de tous les anus qui sorte de Nuutania.
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