Le conglomérat chinois Fosun rachète Club Med

lundi 5 janvier 2015

Tournant un peu plus le dos à ses racines populaires, le futur Club Med entend intensifier, sous l’égide du chinois Fosun, son grand virage vers l’internationalisation et le haut de gamme, une stratégie encore peu concluante et qui se cherche un nouveau souffle.
Cette stratégie est portée par son PDG Henri Giscard d’Estaing, arrivé à la tête du groupe en 2002, et qui juge qu’elle est « la seule possible » pour assurer l’avenir du Club Méditerranée, qui fête ses 65 ans cette année.
Ses mots d’ordre : poursuivre la montée en gamme et viser les nouveaux marchés prometteurs du tourisme, Chine en tête, où une classe aisée avide de vacances a émergé.
Pourtant, les résultats ne sont pas au rendez-vous. En 2014, le groupe perd 12 millions d’euros, après des millésimes 2011 et 2012 légèrement dans le vert.
Désormais, il compte donner un nouvel élan à son ambition de faire notamment de la Chine son deuxième marché d’ici la fin 2015.
Le premier village ski y a ouvert en 2010. Le groupe en compte aujourd’hui trois et plusieurs sont en projet, ainsi qu’une marque, « By Club Med », des complexes touristiques spécialement développés pour ce pays et ciblant les riches urbains. 
Le conglomérat chinois, entré au capital du Club Med en 2010, entend devenir un des principaux acteurs d’un marché touristique chinois en plein boom.
Dans son offre d’achat, l’italien Andrea Bonomi, qui a finalement jeté l’éponge vendredi, et qui voulait aussi renforcer les villages-clubs de moyenne gamme.
Le Club Med, « marque mythique du tourisme » français comme l’écrit Jean-Jacques Manceau, dans « Club Med, réinventer le rêve » (Editions Perrin, 2010), va donc définitivement tourner la page du club de vacances populaire ou les « gentils organisateurs » tutoient non pas les clients mais les « gentils membres ».
Aux oubliettes aussi l’image ringardisée des villages vacances véhiculée par le film Les Bronzés en 1978.

Des « colliers-bar » au « luxe convivial »
 
A l’époque, le Club Med vit pourtant une période faste, ses villages parsèment la côte méditerranéenne, Tahiti, tout comme les montagnes européennes, défendent une idée démocratisée des vacances, portée par la famille Trigano (Gilbert, puis son fils Serge) qui tient le Trident de 1963 à 1997.
On est loin cependant des tentes des débuts et du statut associatif défendu par Gérard Blitz lorsqu’il lance le Club Méditerranée en 1950. 1965 avait déjà marqué une première « rupture », expliquait Jean-Jacques Manceau à l’AFP avec la construction du premier village en dur à Agadir ».
Mais le modèle reste le même : au Club, différentes classes sociales se côtoient et s’amusent ensemble, grâce notamment à la formule « tout compris » qui a fait son succès, et règlent leurs dépenses avec des boules portées en collier.
Cependant, à la fin des années 1990, les villages vieillissent, la concurrence est plus forte et les résultats économiques tirent la langue. La famille Trigano céde les rênes à Philippe Bourguignon, ancien d’Accor et d’Eurodisney, qui ferme des sites, en rénove d’autres et diversifie le groupe (salles de sport, tour-operator, vêtements).
Lorsque Henri Giscard d’Estaing prend la tête du Club Med en 2002, l’entreprise cherche de nouveau une stratégie pour relancer ses villages, dans une industrie où les pays émergents deviennent de plus en plus attractifs.
Le nouveau PDG défend une image de « luxe convivial ».
Pour Michel Braquet, délégué Unsa, deuxième syndicat du groupe, « l’esprit G.O., de partage et de convivialité, est menacé », les Chinois risquant de faire du Club Med « un tour operator, un hôtel comme un autre ».

AFP

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