Le cri d’alarme de Fare Here, décidé à poursuivre son activité

samedi 15 novembre 2014

“Maison d’accueil pour personnes âgées à Tahiti cherche financement désespérément !”. Francis et Hestel sont à l’origine du projet Fare Here.
Depuis plus de quatre ans maintenant, ils se substituent à l’absence de politique publique en matière d’accompagnement de nos aînés.
Une bonne trentaine de matahiapo sont passés par leur maison d’accueil depuis sa création. Des cas souvent difficiles, les pensionnaires souffrant de pathologies parfois lourdes, certains sont en fin de vie.
Et malgré une volonté à toute épreuve, des dossiers bien ficelés présentés aux banques mais en vain, le couple, que La Dépêche de Tahiti a déjà rencontré par deux fois, se retrouve une nouvelle fois en difficulté.
La maison qu’ils louent sur les hauteurs de la Mission va être vendue par son propriétaire à court terme et s’ils se seraient bien porté acquéreur, 85 millions de Fcfp, c’est beaucoup trop d’argent.
C’est la troisième fois que Francis et Hestel se retrouvent contraints à envisager le déménagement. Et la recherche d’un bien immobilier répondant aux exigences de confort et de sécurité qu’induit l’accueil de sept à huit personnes âgées n’est pas aisée.
“Nous avions trouvé notre bonheur ici à la Mission”, confesse Francis, à l’ombre du fare potee de cette spacieuse demeure où chaque pensionnaire a son espace de vie.
“Mais tant qu’on est en location, on ne pourra pas évoluer. Notre objectif est d’obtenir un prêt pour enfin se porter acquéreur d’un terrain constructible ou bâti adéquat.”
Seulement voilà. Les banques sont trop frileuses, selon ce militaire à la retraite, qui injecte déjà une bonne partie de sa solde pour faire vivre la structure.
“On a fait les comptes : on a déjà dépensé 18 millions de Fcfp en loyers. Cela fait quatre ans que l’on fonctionne et, malgré les aléas, on est toujours là ! Je ne comprends pas le refus des banques d’adhérer à notre projet.”
Francis et Hestel lorgnent déjà sur un terrain du côté de Punaauia, idéal à leurs yeux. La maison est adaptée et, dans ce secteur très passant, le couple projette d’élargir son offre de service en proposant l’accueil de pensionnaires en court séjour, pourquoi pas à la journée. Plus de places, c’est un meilleur accueil, plus de pensionnaires.
 
“On n’est pas une ONG, mais presque !” Mais là encore, Fare Here se heurte à ses banquiers : “Il y a eu la journée des personnes âgées, très médiatisée… Puis, plus rien, plus aucun article, ni déclaration des dirigeants du Pays quels qui soient, ni aucune action de personnes compétentes concernées”, déplore Francis. “Pendant ce temps, quelques maisons d’accueil pour personnes âgées se démènent 24h/24 pour proposer des services de qualité, mais il y a aussi d’autres maisons, malheureusement beaucoup moins “sérieuses” et avec des compétences à confirmer qui prolifèrent. On est bien arrivé à régler nos 300 000 Fcfp par mois de loyer depuis le début de notre activité, c’est la même somme qu’il nous faudrait pour rembourser un prêt bancaire de 55 millions de Fcfp sur 15 ans par exemple. On a eu des déboires, mais on a toujours assuré. C’est révoltant que personne ne bouge. On ne demande pas de l’argent pour construire un hangar ! C’est du social. On n’est pas une ONG mais presque, on parle de patients en fin de vie là !”
Francis et Hestel ont jusqu’au 24 janvier pour trouver une solution. Un hypothétique financement de dernière minute pour racheter la maison qu’ils occupent encore à la Mission…
Ou le prêt tant espéré pour devenir propriétaire ailleurs et développer leur activité. Mais, que leurs pensionnaires se rassurent, le couple, qui n’en est pas à une mauvaise passe près, n’a pas pour habitude de baisser les bras : “Notre dernière mamie, qui est décédée à l’âge de 87 ans, a passé 3 ans chez nous. Sa famille passait la voir une fois par semaine, le dimanche soir quand elle dormait, et aussi une collègue de travail de temps en temps. Mais, chez nous, elle n’a eu que du bonheur, nous l’avons considérée comme si c’était notre mamie. On fait cela pour tous les patients qui passent chez nous. Nous leur donnons notre temps, notre sueur, notre amour 24h/24 et tous les jours de l’année…”.
Et si les banques disent encore non… Pourquoi ne pas toucher la fibre sensible d’un généreux mécène ! “On tentera tout ce qu’on peut tenter”, promet Francis. “Depuis la création de notre site Internet et de notre page Facebook, on a parfois 1 500 visites par mois. C’est bien qu’il y a des gens intéressés.”
 
Raphaël Pierre

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