Le débat sur le collège vire à l’affrontement politique

    mardi 12 mai 2015

    La réforme du collège tourne à l’affrontement politique, le gouvernement accusant la droite d’instrumentaliser le débat et de cibler la ministre, l’UMP répondant que ses attaques sévères visent à sauver l’école républicaine. Alors que le combat contre cette réforme engagée par Najat Vallaud-Belkacem mobilise toujours les intellectuels -Alain Finkielkraut dénonçant encore mardi un processus « destructeur »-, le ton est monté entre les partis dans un pays marqué par des conflits scolaires.
    L’offensive avait commencé la semaine dernière, notamment avec une pétition lancée par l’UMP Bruno Le Maire, qui totalise plus de 230 parlementaires de la droite et du centre signataires. En meeting lundi, le président de l’UMP Nicolas Sarkozy a lâché ses coups: réforme « désastreuse, peut-être irréversible, pour notre République ». « J’accuse les socialistes d’oublier que la mémoire est la vertu première de la République », a martelé celui qui veut rebaptiser son parti « Les Républicains ».  
    Comme en réplique à Manuel Valls qui venait d’en appeler à « une très forte mobilisation » pour « cette belle réforme », l’ex-chef de l’Etat a lâché: « Dans le combat effréné pour la médiocrité, Christiane Taubira est en passe d’être dépassée par Najat Vallaud-Belkacem. » Cette dernière avait déjà été qualifiée de « pire ministre de l’Education » des « dernières décennies » par le FN Florian Philippot.
    De quoi déclencher l’orage au PS: « monument d’amnésie et de falsification », a tonné le chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux contre Nicolas Sarkozy. « C’est sous sa mandature que l’école française a dégringolé dans les classements internationaux » … Et le Premier ministre de répondre et de dénoncer « attaques personnelles » et « mots insupportables » lors de la séance des questions au gouvernement mardi. Il a réaffirmé devant les députés que son gouvernement irait « jusqu’au bout » et « ne reculerait pas » sur cette réforme.  Le gouvernement et le PS s’attachent à répondre point par point, niant par exemple tout abandon du latin, du grec et de l’allemand. Ils plaident au contraire pour une généralisation, mais celle-ci, aux yeux de la droite, masque mal leur dilution et dépérissement. C’est oublier « nos racines au moment où la nation s’interroge sur son identité », « une honte », a protesté M. Sarkozy.  
     
    ‘Faire bloc face aux attaques’
     
    Christian Paul, chef de file de l’aile gauche du parti socialiste (PS) et des « frondeurs » voit lui « une immense mauvaise foi » de la droite à l’égard de la ministre de l’Education. Par la voix de leur porte-parole, Hugues Fourage, les députés PS ont apporté leur « total soutien » à la réforme et « font bloc face aux attaques » dont fait l’objet Mme Vallaud-Belkacem. « Quel est le message à peine subliminal de @NicolasSarkozy quand il cible ensemble @ChTaubira et @najatvb? », a tweeté le député PS Olivier Faure.  « Quand on s’est acharné à saccager l’école en supprimant 80.000 postes d’enseignants, en supprimant la formation des enseignants (…) on n’a aucune leçon à donner », a tranché Najat Vallaud-Belkacem. »Ils courent après les mêmes chimères avec la même hargne », a tweeté la garde des Sceaux. « Nous, @najatvb, avec la même superbe, les regardons de haut ».
    Sans s’embarrasser de ces subtilités et sans rappeler les Rachida Dati ou Rama Yade devenues ministres, un autre député PS, Eduardo Rihan Cypel, a risqué: « ça embête beaucoup de gens qu’on ait des jeunes, des Noirs, des Arabes au gouvernement ». Le même, qui fut porte-parole du PS, a cependant critiqué la méthode de la jeune ministre, déplorant une réforme « très mal expliquée » et l’exhortant à rencontrer ceux qu’elle avait qualifiés de « pseudos intellectuels ».
    Les attaques sarkozystes ont cependant semblé ressouder un camp socialiste qui avait paru hésitant, même si les deux têtes de l’exécutif ont soutenu la ministre. Pour Isabelle Le Callennec, porte-parole de l’UMP, Najat Vallaud-Belkacem est « très protégée » alors qu’il y a « un enfermement dans les certitudes », qui « s’approche beaucoup » de « la police de la pensée ».
    L’ancien ministre UMP de l’Éducation Luc Chatel s’est lui attaché à recadrer le débat  -« je ne personnalise pas »- en réfutant un duel droite-gauche, citant des intellectuels critiques classés à gauche: Pierre Nora, Jacques Julliard…
    Mardi, le PCF a été sévère contre un gouvernement qu’il accuse de vouloir « en finir avec l’ambition d’une scolarité commune ».  
     
    AFP

    Taui 2015-05-12 15:14:00
    Encore une réforme sortie de nulle part ! Elle n''était pas au programme du candidat Hollande. Et ils veulent nous obliger à voter! Qu''ils s''obligent d''abord à respecter leur programme...
    lebororo 2015-05-12 13:41:00
    Moins de Polynésiens et moins de Français aussi...
    Le monde entier évolue pareil mais du bon côté ou pas?☺
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