Le discours de Valls à l’Assemblée quasi unanimement salué par la classe politique

mardi 13 janvier 2015

« Un grand discours républicain », « des propos puissants », « à la hauteur » : le discours de Manuel Valls mardi à l’Assemblée après les attentats a été presque unanimement salué par la classe politique, l’opposition lui adressant de nombreux compliments.
Après 45 minutes de discours devant la représentation nationale et son gouvernement, le Premier ministre a été -fait rarissime- ovationné par l’ensemble des députés debout.
Des applaudissements unanimes l’ont aussi salué à plusieurs reprises, quand il a appelé à lutter contre l’antisémitisme ou lorsqu’il a plaidé, en référence au polémiste Dieudonné, pour une justice « implacable à l’égard de ces prédicateurs de la haine ».
Parmi les nombreuses réactions, Yves Jégo, député et vice-président de l’UDI, a été l’un des plus laudateurs : « Jamais, dans l’histoire récente de l’hémicycle, nous n’avions entendu des propos aussi puissants, aussi adaptés à la situation (…) Le Premier ministre a eu le courage d’incarner les valeurs républicaines universelles. »
« Beau discours républicain », a tweeté le député UMP Eric Ciotti. « C’est ce qu’il fallait aujourd’hui », a encore salué son collègue Lionel Tardy.
L’ex-Premier ministre (UMP) François Fillon a lui aussi estimé que, « sur la gestion de la tragédie, le président et le Gouvernement (avaient été) à la hauteur ».
Christian Jacob, le chef de file des députés UMP, a jugé des « intentions très louables, et on se retrouve dedans », notamment sur « le sujet du retour des jihadistes, les moyens aux services de renseignements, à la police et à la gendarmerie, le sujet des prisons ».
M. Valls « a esquissé des propositions, qui pour certaines d’entre elles rejoignent celles de l’UMP formulées il y a plusieurs mois. Celles-ci auront notre soutien », a aussi affirmé le porte-parole de l’UMP Sébastien Huyghe.
A gauche, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, a jugé que « toute la séance fera date », l’ex-Premier ministre Jean-Marc Ayrault saluant « l’un de ces grands discours qui marquera l’histoire de l’Assemblée », tandis que le chef de file des députés PS Bruno Le Roux louait des propos qui s’inscrivent « dans les grands discours républicains ».
« Un moment rare »
Jérôme Guedj, ex-député frondeur, membre de l’aile gauche du PS y a vu un « discours admirable en tout point » et l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti un « profond et salutaire discours ».
François de Rugy, coprésident des députés écologistes, a applaudi « un discours à la hauteur de la gravité des attentats » avec des « propos justes sur les suites que nous devions donner sur la sécurité des Français, sans surenchère, sans gesticulation législative comme certains le souhaiteraient ».
Plus mesuré, Julien Bayou, porte parole d’EELV, a noté, dans un tweet, que M. Valls était « en faveur de la censure internet ». Or « (les frères) Kouachi, (Amédy) Coulibaly ou (Mohamed) Merah (les auteurs des attentats de la semaine dernière et de Toulouse en 2012, ndlr) ne l’utilisaient pas », a-t-il dit.
« C’est un moment rare, très rare, c’est ce qu’on s’est tous dit, droite et gauche confondues », a confié à l’AFP un proche du Premier ministre. « Ça n’a pas été le discours le plus compliqué à écrire, parce que Manuel Valls est tellement pénétré de cet équilibre, depuis longtemps. C’est son identité, au fond. C’est un combat très ancien, qui porte ses fruits, pour faire évoluer la gauche sur la sécurité, c’est un combat personnel historique sur le rapport à la France. »
« Il s’est passé quelque chose », a renchéri un autre proche, pour qui, « il y a des moments comme ça dans une vie politique où tout son discours s’incarne ».
Côté FN, Florian Philippot, vice-président, a estimé, que « comme un des responsables de la situation actuelle, avec ses camarades de l’UMPS, Valls ne mérit(ait) aucun applaudissement ». Nicolas Bay, secrétaire général du parti frontiste, a jugé que « Valls a(vait) fait son numéro. L’UMP applaudit. Rien de nouveau à l’horizon : maintien de Schengen, immigration massive, laxisme judiciaire ».
Le Premier ministre a enregistré une progression de sept points (41%) dans un sondage TNS Sofres/Figaro Magazine publié mardi, le premier entièrement réalisé après les attentats terroristes, et pour partie après la mobilisation populaire dans les rues dimanche dernier. Son ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, gagne 12 points et François Hollande 5. La gestion de la crise par les trois hommes est par ailleurs saluée par plus de 80% des Français dans un sondage Harris Interactive publié mardi soir.

AFP

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