Le Fare Hau Arii au bord du gouffre

    samedi 24 janvier 2015

    Hier matin, le Fare Hau Arii recevait un chèque de 100 000 Fcfp de la part de l’association Tahitian Running Team, qui souhaite ainsi le soutenir.  Un geste important pour l’établissement, qui s’occupe d’enfants atteints de maladies orphelines et qui, depuis 10 mois, se bat pour survivre. Mardi prochain, le comité de gestion du RSPF doit se réunir pour décider si oui ou non le fare continuera d’exister.

    Le Fare Hau Arii recevait hier matin un chèque de soutien de 100 000 Fcfp de l’association Tahitian Running Team. Le mois dernier, c’est l’association des artisans de Polynésie qui leur reversait 150 000 Fcfp, soit 15 % des recettes perçues lors de leur exposition-vente au sein du centre hospitalier de la Polynésie française.
    Une aubaine pour le Fare Hau Arii, qui accueille des enfants atteints de maladies orphelines et qui vit, depuis 10 mois maintenant, avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. En effet, depuis mars 2014, l’avenir du fare est en danger. À l’époque, la direction des affaires sociales (DAS) a une mission, optimiser les dépenses publiques. La DAS prévient alors le centre d’accueil que leurs objectifs ne sont pas atteints et que, par conséquent, la subvention accordée à la structure va être stoppée. Effectivement, le Fare Hau Arii a une capacité d’accueil de 12 enfants, or, il n’en reçoit que neuf.
    La direction des affaires sociales leur demande alors de revoir leur budget afin de coller davantage à la réalité de leur activité. L’association s’exécute, consciente alors que leur devenir est en jeu, et ce, malgré leurs cinq années d’activité. Le budget est réduit et ramené à la prise en charge des neuf enfants.

    Recherche de fonds
    En mai 2014, malgré cet effort et la mobilisation des parents qui souhaitent maintenir leurs enfants dans cette structure, qu’ils considèrent adaptée aux handicaps de leurs petits, la DAS propose la fermeture du centre et le placement des enfants dans les instituts médico-éducatifs.
    Après l’effroi de cette nouvelle, un consensus est malgré tout trouvé. Les enfants termineront leur année scolaire. La dotation est donc maintenue jusqu’en septembre dernier, pour assurer la rémunération des éducateurs spécialisés et le loyer du Fare Hau Arii.
    Loin de baisser les bras, l’association et les parents prennent leur bâton de pèlerin et partent à la recherche d’autres sources de fonds pour essayer de sauver le centre. Après de vaines promesses, rien n’aboutit et l’argent manque.
    Quand septembre arrive, le président Flosse est déchu de ses mandats et le gouvernement change de visage. Nouvelle équipe, nouvel espoir, la lutte reprend. Le Fare Hau Arii fait des efforts considérables. Il réduit son budget de près de 25 % et engage plusieurs démarches pour que soit examiné une nouvelle fois son dossier.
    L’association essaie de maintenir son activité mais est obligée, dès octobre, de lancer un appel aux dons alimentaires pour pouvoir assurer les repas des enfants. Un appel auquel la population répond largement, ce qui rend quelque peu espoir aux parents et éducateurs. Ceux-ci, très engagés auprès des petits, tiennent le coup. Malgré les difficultés à percevoir leur salaire, les éducateurs spécialisés restent fidèles à l’association qui tente, tant bien que mal, de trouver des fonds pour les rémunérer.

    Une lueur d’espoir

    En novembre 2014, contre toute attente, l’association rencontre Gilius Doom, chargé de mission à la présidence, à qui elle présente son dossier. Un mois plus tard, une nouvelle rencontre a lieu car l’association croule sous les impayés et son avenir est toujours en suspens. Lors de cette réunion naît un regain d’espoir. Gilius Doom confie alors que la seule chose dont il est sûr, c’est que la situation dans laquelle se trouve le fare ne peut plus durer et que le dossier sera traité dans la semaine, vu l’urgence.
    Mais les imprévus s’accumulent. Début janvier, enfin, le président du Pays, Édouard Fritch, et son conseiller spécial Thierry Nhun Fat, reçoivent le bureau de l’association. Pour la première fois en neuf mois, celle-ci se sent écoutée, entendue et accompagnée.
    Grâce à l’équipe du gouvernement, le dialogue est réengagé avec la direction des affaires sociales. Pour Christophe Psychogios, l’un des membres du bureau, la DAS s’est impliquée. “La semaine dernière, la directrice en personne s’est déplacée au fare lors de notre assemblée générale, ce n’est pas rien. Peu l’auraient fait. Je l’ai sentie impliquée. Si c’est le début d’un nouveau partenariat, ça commence bien.”
    Le sort du Fare Hau Arii se joue désormais mardi prochain. Le comité de gestion du RSPF se réunit ce jour-là pour décider si oui ou non le fare vivra.

    Jennifer Rofes

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