Le fenua adhère à un vaste réseau européen d’entreprises

    samedi 14 novembre 2015

    Afin de “mettre l’Europe à la portée de nos entreprises”, la Chambre de commerce, d’industrie, des services et des métiers de la Polynésie française (CCISM) vient d’adhérer au réseau Enterprise Europe Network (EEN). 
    “On est trop absent en Europe par rapport aux autres territoires ultra-marins ; il faut qu’on intègre davantage les réseaux européens”, rappelle le ministre de la Relance économique Teva Rohfritsch, se félicitant de l’initiative. 
    “On a souvent un rapport à l’Europe qui se limite au montage de dossiers pour le Fonds européen de développement, alors qu’en fait, l’Europe, c’est beaucoup d’autres choses, et notamment ces réseaux. Je crois que nos secteurs d’activité ont là l’occasion de voir dans quelle mesure ils pourraient se positionner sur la place européenne.”
    L’EEN a été créé en 2008 pour aider les petites et moyennes entreprises à s’internationaliser. “Ce réseau est mis en œuvre dans chaque région européenne par des consortiums d’acteurs locaux”, explique Hervé Parcineau, coordinateur de la branche française, en tournée dans le Pacifique. 
    “Être membre d’Enterprise Europe Network apporte une vraie plus-value, assure-t-il. Ce réseau est vivant, il rassemble plus de 1 000 organisations dans plus de 60 pays, constituant une chaîne de services mutuels à travers le monde entier. C’est un formidable carnet d’adresses grandeur nature.” 
    Outre les bons contacts, le réseau délivre aux entrepreneurs de l’information sur la fiscalité, l’accès aux financements et aux programmes de recherche, les politiques, le droit et les dispositifs communautaires…
    “Il faut être réaliste, prévient toutefois Hervé Parcineau. Quelle que soit la filière ou le produit, il n’y a pas de capacités de production en Polynésie française pour alimenter l’Europe, ni même l’un de ses pays. 
    Par contre, il y a des niches, comme la perle ou le monoi, et il faut identifier quels sont les clients pour ces niches. Parce que vous faites des produits de qualité et qu’il y a aussi une image de Tahiti qu’il faut valoriser.”

    La Nouvelle-Zélande, la Chine et les États-Unis intéressés

    En dehors du vieux continent, adhérer à ce réseau devrait aider la Polynésie française à prospecter les marchés du Pacifique. De nombreux pays tiers ont en effet souhaité adhérer au réseau européen, comme la Nouvelle-Zélande, l’Indonésie, Singapour, la Chine, les États-Unis… 
    “Ces pays veulent bénéficier de ce réseau européen pour démarcher des fournisseurs et des clients”, explique Stéphane Chin-Loy, le président de la CCISM, qui y voit en retour des opportunités pour la Polynésie française. “Par exemple, au niveau de la CCISM, nous allons développer en 2016 des actions en Nouvelle-Zélande qui vient d’intégrer ce réseau.”
    “On souhaite pouvoir mieux s’intégrer sur le plan régional, reconnaît le ministre de la Relance économique. La Polynésie française, malheureusement, n’est souvent pas connue comme un acteur économique majeur. Or, la caution de l’Europe nous permet d’entrer en Chine ou dans d’autres pays, donc je crois que c’est important.”
    Quant aux entreprises européennes du réseau EEN, si le marché polynésien ne les attire par forcément en soi, “c’est plutôt la situation de la Polynésie française dans le Pacifique qui va représenter un intérêt à leurs yeux”, explique Hervé Parcineau. Le fenua et la Nouvelle-Calédonie sont les deux seuls membres européens du réseau dans la région : “Ça peut être une porte d’entrée pour l’ensemble des entreprises européennes dans la zone Pacifique.” 

    Marie Guitton

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