Le Fifo à la rencontre des habitants de Raiatea et de Taha’a

    samedi 2 avril 2016

    Après Tahiti, le Fifo part se produire dans les archipels D’abord à Raiatea et à Taha’a. Récit de ces rencontres.

    Le Fifo hors les murs a pris son envol le 20 mars pour une première escale à Raiatea et à Taha’a. Wallès Kotra, le président de l’Afifo était du voyage. Hina Sylvain et moi-même nous l’accompagnions. Couronnés à notre arrivée par Didier Desvigne et deux autres membres de l’association “Lire sous le vent”, qui ont pris en charge notre programme de ces quatre jours, et par Pierre et Marie chez qui nous allons passer un séjour délicieux, nous sommes déjà dans les îles !
    Tout commence lundi, dès 8 heures au lycée de Uturoa où les projections vont bon train au réfectoire et dans de nombreuses salles de classe. Wallès fait une première présentation du Fifo affirmant haut et fort : “Le Fifo , c’est pour vous, les jeunes !” et de leur faire remarquer la petitesse des îles du Pacifique dans ce concert des grands continents, leur fragilité mais aussi leur force, leur refus de disparaître, la volonté pour ces insulaires de rester debout avec leur culture, leur identité. Et le Fifo est là avec ses documentaires, sa libre expression, “À vous, les jeunes de vous approprier le Fifo !” Discours fort qui en a fait réfléchir plus d’un. Wallès Kotra s’est aussi longuement entretenu avec le principal du lycée dont la détermination à offrir aux élèves toute ouverture sur le monde extérieur plaidait bien en notre faveur !
    À 10 heures, conduits par notre fidèle et souriant guide, Didier, nous étions au collège de Faaroa où déjà deux classes étaient en projection. Nous nous asseyons, Hina et moi, parmi les élèves et avec eux regardons “Une équipe de rêve” dont ils commentaient discrètement les buts manqués à l’entraînement !
    Après un déjeuner avec la principale et la documentaliste du collège au centre de formation pour adultes, ce fut le départ pour la Maison d’arrêt de Uturoa. Comme la route qui nous y menait est belle, découvrant ici et là, entre deux haies d’une somptueuse végétation, des baies si profondes.
    Inutile de vous préciser quel moment fort furent ces heures passées dans cet univers carcéral, d’une humanité si poignante ! Accueillis par le personnel, nous nous sommes glissés à l’intérieur de la petite salle où 15 détenus silencieux et attentifs assistaient à la projection. Ils regardaient “Le salaire des profondeurs”. Lorsqu’arriva la fin du documentaire, la lumière s’allume et nous découvrons un auditoire respectueux, réservé auquel les uns après les autres nous nous présentons. Et ça y est, le silence est rompu, les sourires et les paroles s’échangent. Nous apprenons même que parmi eux, il y en a un ou deux qui sont tentés par la plume de l’écriture. Nous sortons boire le verre de l’amitié dans cette petite cour bien étroite, Hina bavarde avec un détenu, moi avec un autre et Wallès s’entretient avec le personnel, si reconnaissant de notre venue. Il faut dire que durant trois jours les projections ne cesseront pas !
    En route pour une autre salle de classe, au collège catholique AMJ où Wallès prononce comme seul il sait le faire les mots qui conviennent, de confiance en cette jeunesse capable de faire sien le Fifo !
    Dix-neuf heures : première projection publique à la mairie de Uturoa, dans l’ancienne salle des mariages où tout a été installé. Le tavana Sylviane Terooatea nous accueille avec un discours de bienvenue auquel Wallès Kotra répond avec l’art et la gentillesse qu’on lui connaît. Le public est venu nombreux ; tavana reste avec nous toute la soirée : elle nous a d’ailleurs préparé un cocktail de fruits délicieux à l’entracte !  Merci !

    Moments riches en émotion

    Demain mardi, est un autre jour. à 6h45 nous sommes sur le quai, Hina et moi, attendant la navette des enseignants qui, en compagnie d’Anna Raapoto, la documentaliste du collège, doit nous emmener à Taha’a. Il fait beau, la mer est calme, cette petite promenade en mer va être bien agréable et elle l’a été, d’autant que quelques minutes à peine après avoir largué les amarres il a fallu rebrousser chemin; un passager avait été oublié ou était arrivé en retard, je ne sais ! Mais en Polynésie tout se rattrape et nous voilà nez au vent, heureuses de sentir la mer, de vibrer au rythme des vagues. Ce fut pour moi presque trop rapide : le collège nous attendait et “Hip-hop génération” opérait sa séduction d’autant plus que nous allions nous en rendre compte très vite le collège préparait sa fête. Aussi lorsque la sonnerie de la récréation a retenti même si la projection n’était pas tout à fait finie, impossible de retenir les élèves qui, en un rien de temps, se sont placés dans la cour pour répéter leur danse ! Une dernière projection eut lieu à 13 heures et pour nous, ensuite, ce fut un moment de rêve et de détente passé chez Alain et Christina (Vanilla tour) qui nous hébergeaient.
    Dix-sept heures : arrivée à la bibliothèque de Haamene où depuis la veille, les documentaires du Fifo étaient projetés en continu de 17 heures à 22 ou 23 heures. La veille il y avait eu près de 50 personnes. Ce soir-là, nous avons été moins nombreux mais les gens étaient venus pour des films bien précis, en particulier pour celui de Jacques Navarro “Aux armes Tahitiens”. Une Polynésienne s’était déplacée exprès pour y retrouver la trace de son grand-père. Grand moment d’émotion encore une fois Le Fifo, c’est cela, ce partage, ces rencontres qui dans les îles prennent une densité particulière.
    Il a fallu, mercredi, s’arracher à la tentation de profiter un peu plus du charme de l’accueil d’Alain, Christina et Noé et nous avons repris la mer d’un autre embarcadère. Navigation toujours aussi plaisante, toujours aussi brève et ce fut le retour à Uturoa où nous attendait le fidèle Didier. Dernière journée de projections dans les établissements, déjeuner amical avec les membres de l’Association qui ont été si performants, si présents tout au long de ces quatre jours ! Un grand merci à eux ! Et, le soir, la dernière projection publique fut un véritable succès !
    Jeudi matin, il a fallu dire au revoir à Pierre et à Marie dont l’hospitalité est à nulle autre pareille tant elle est chaleureusement polynésienne, quitter Didier, Karine, Valérie et les autres amis de l’association venus nous accompagner à l’aéroport et nous envoler, le cœur plein d’avoir vécu ensemble le Fifo 2016 et ce sans aucun incident technique !”

    Michèle De Chazeaux
    Crédit photo : Hina Sylvain

     

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