Le gardiennage de maisons, un mode de vie

    samedi 9 janvier 2016

     Alors que la plupart des gens sont propriétaires ou locataires, d’autres choisissent de vivre autrement, en optant pour
    le gardiennage de maisons. Loin du cliché du couple de retraités sur la paille, le profil type du gardien de maison correspond à un trentenaire, sans enfant, citoyen engagé et professionnellement actif.  Si le gardiennage de maisons permet de faire de grosses économies, c’est aussi un mode de vie qui a son lot de contraintes.
    Alors que la plupart des gens sont propriétaires ou locataires, d’autres (et ils sont peu nombreux) ont choisi de vivre autrement, en optant pour le gardiennage de maisons.
    Si certains retraités s’y sont mis, soit pour occuper leur temps libre, soit pour pallier à une petite retraite, on aurait tort de croire que le gardiennage est réservé à cette population.
    En effet, aujourd’hui, le profil type d’un gardien de maison à Tahiti correspond plutôt à un homme ou une femme, sans enfant, âgé de 30 à 40 ans, dynamique et professionnellement actif.
    Le gardiennage permet de faire d’importantes économies : “Entre 1,5 millions à 2 millions de francs par an”, estime Alex, qui pratique le gardiennage de maison au fenua, avec sa compagne depuis plus de trois ans. “En effet, pas de loyer à payer, pas de charge non plus, pas de connexion Internet… lorsqu’on connaît le prix du marché, le calcul est vite fait.
    Mais cette liberté n’est pas sans contrainte : il faut être prêt à se défaire de ses petites habitudes, vivre sans attache, être tout le temps sur le départ et vivre léger avec constamment une valise dans la voiture. Moi, c’est bien simple, j’ai trois sacs : un sac de fringues, un sac de chaussures et un sac de bouquins”, raconte Corinne Pouplard, la quarantaine, qui pratique le “gardiennage intégral” depuis un an et demi.
    Pour Fabien 36 ans, gardien sur Tahiti depuis 4 ans, c’est différent. “Moi, à chaque fois que je déménage, je remplis ma Twingo : je transporte beaucoup d’affaires, notamment mon gros ordinateur, avec son écran, car je suis infographiste, et aussi un petit aquarium de cinq litres, avec un poisson combattant…”, annonce-t-il, ce qui ne l’empêche pas d’accepter des missions de deux semaines voire moins.

    Un échange
    de bons procédés
    Certains ont tout de même un petit pied-à-terre, qui leur permet de poser leurs “bagages” et de se “retrouver” entre deux missions, comme Viviane, qui loue un petit studio à Papeete.
    Mais si le gardiennage permet de faire des économies, il est surtout un mode de vie ou les notions de “partage”, de “services rendus” et d’“échanges” reviennent très souvent lorsque l’on parle avec des gardiens avertis. “Je pars du principe que c’est un échange de bons procédés. Le gardiennage, c’est quelque chose d’informel. Dans tous les cas de figure, je n’ai jamais rien eu à payer et je n’ai jamais rien demandé en retour de mes services”, raconte l’un d’eux. La plupart font d’ailleurs partie d’associations qui prônent la solidarité, telles que Colibri ou participent à des événements consacrés aux modes de consommation alternatifs, tels que Alternatiba ou sont adhérents à des réseaux d’entraide et à des systèmes d’échanges locaux, comme PolySel. Finalement loin de l’image des retraités sur la paille, le gardien de maisons est surtout un citoyen engagé en marge de la société consumériste.
    “Dans le gardiennage, il y a aussi un côté relationnel : ça nous permet de rencontrer beaucoup de monde et de nous faire énormément d’amis. Car avant d’emménager dans une maison, on rencontre toujours les propriétaires, on dîne avec eux pour voir si on s’entend bien, si le feeling passe. D’ailleurs, ça nous est déjà arrivé de refuser du gardiennage”, raconte Alex. Un intérêt confirmé par la totalité des gardiens.
    Généralement, le gardiennage de maisons, comprend généralement aussi l’arrosage des plantes, l’entretien du jardin et de la piscine, et très souvent la garde des animaux domestiques. C’est d’ailleurs ce qui plaît beaucoup à Alex et Caro : “On aime beaucoup les animaux. C’est une passion que l’on a en commun avec ma chérie, mais comme on voyage beaucoup, on ne peut pas en avoir avec nous. Du coup, le gardiennage nous permet d’en avoir et de pouvoir nous en occuper sans que ce soit les nôtres.”
    Le gardiennage est un mode de vie qui tend à se développer en Polynésie française. Si certains “galèrent” à trouver des propriétaires qui leur fassent confiance, ceux qui sont dans la place croûlent sous les demandes.
    “Je suis réservée toute l’année jusqu’à l’hiver prochain”, raconte Corinne Poupelard. Le gardiennage est surtout une histoire de confiance, de bouche à oreille et de feeling…

    E.P.

    Pratique

    Comment contacter un gardien de maisons sur Internet :
    http://www.petites annonces.pf ou http://www.big-ce.pf (rentrer “gardiennage”, dans le moteur de recherche)
    sur Facebook, sur le groupe fermé : “Expatriés Polynésie « Bons plans » »
    Ou en contactant : Corinne Pouplard au 87.32.14.14, qui a constitué un petit réseau de gardiens de maisons de confiance, depuis quelques années.

     

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