Le GIE Poe o Tahiti Nui fait les yeux doux aux professionnels chinois

    samedi 7 novembre 2015

    La perle de Tahiti avait un goût de perle d’Orient, hier matin. En effet, outre le fait que de nombreux Asiatiques avaient fait le déplacement au fenua pour assister à la 6e vente aux enchères du GIE Poe o Tahiti Nui à l’ex-Maison de la perle, à l’entrée du parc Paofai, où se trouvaient hier matin, également, des acheteurs européens et locaux, c’est un groupe de près 25 personnes, toutes venues de Chine, qui s’est joint indirectement à tout ce petit monde.
    Alors que les potentiels acheteurs sont là pour faire la meilleure offre sur un ou plusieurs des 164 lots mis aux enchères jusqu’à demain (soit un total de 126 000 perles), ce second groupe est plutôt en voyage d’études. Et de séduction.
    “Ce séjour a été mis en place pour la première fois pour des Chinois et la date n’a pas été choisie au hasard”, précise Aline Baldassari-Bernard, présidente de laTahitian Pearl Association of French Polynesia (TPAFP). “Un voyage de ce type avec été organisé par l’ancienne Maison de la perle il y a trois ans environ, mais avec des Japonais. Nous avons fait exprès d’organiser ce “study tour” durant la vente aux enchères afin que ces professionnels de la perle – mais blanche – aient un panel de perles le plus large possible”, confie-t-elle en marge de la vente aux enchères, silencieuse et studieuse.
    Le groupe est composé principalement de professionnels de la perle, bijoutiers et détaillants, mais essentiellement de la perle blanche. “Ils connaissent la perle de Tahiti, mais l’acheter, l’aimer, la connaître vraiment, c’est un autre problème”, déclare la professionnelle du secteur.
    Pour Aline Baldassari-Bernard, la formation à la perle de Tahiti est indispensable. “Dès qu’on explique aux gens comment est créée la perle de Tahiti, ils achètent. Si on ne dit rien, ils passent devant et n’achètent pas”, poursuit-elle, elle qui connaît si bien les marchés et autres salons de la bijouterie. “Nous sommes la seule perle au monde à ne pas être traitée”, précise la présidente de l’association.
    Expliquer cela aux potentiels acheteurs est un plus indéniable.

    “Les pousser à acheter”

    “Jusqu’à maintenant, on a privilégié les grossistes qui les achètent en grosse quantité”, regrette presque l’également conseillère au CESC.
    “Mais la perle, à quoi est-elle destinée ? Pas à rester dans un coffre-fort mais bel et bien à être montée en bijou. L’idée est de faire remonter l’envie et ce sont les créateurs, les bijoutiers qu’on a envie de séduire en les faisant venir ici, pour qu’ils puissent ensuite acheter aux grossistes, habitués aux ventes aux enchères polynésiennes. Donner envie au grand public, vu le nombre d’habitants en Chine, cela nous coûterait une fortune.”
    “Il faut les pousser à acheter”, confie Aline Baldassari-Bernard. “C’est à nous de développer notre marché chinois”, est-elle convaincue.
    Organisé par le TPHK – le pendant asiatique, basé à Hong Kong, de la TPAFP –, ce “study tour” se veut à la fois touristique, mais aussi économique.
    “C’est une population aisée qui va visiter différentes îles comme Bora Bora et Rangiroa, où ils vont notamment visiter le  centre des métiers de la nacre et la perliculture (CMNP) et une ferme perlière avant de repartir en début de semaine”.
    L’intérêt est donc double, avec en ligne de mire, le tourisme et la perle. Une partie de leur voyage est également payée par leurs propres frais. Avec un espoir secret, qu’ils repartent séduits, des perles plein les valises afin d’être montées puis portées par les classes aisées de la République populaire de Chine, toute prochaine première économie mondiale. K

    Christophe Cozette

        Edition abonnés
        Le vote

        Allez-vous voir Vaiana ?

        Loading ... Loading ...
        www.my-meteo.fr
        Météo Tahiti Papeete